10 tendances des technologies de transport qui ont façonné 2018 ! [GreenBiz]

Le 16 janvier 2019

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Quand nous parlons transport, nous parlons ni plus ni moins de la vie. Nous parlons de comment les personnes vont à l’école, au travail, vont faire leurs courses ou se rendent à leurs rendez-vous médicaux. Et la technologie - informatique, réseaux sans fil, intelligence artificielle et batteries à faible coût - modifie fondamentalement ces transports, conduisant à de nouvelles méthodes de déplacement.

Mais à mesure que la technologie commence à transformer le mode de fonctionnement des transports, elle suscite des réactions passionnées : des réunions collectives sur les trottinettes électriques qui attirent des centaines de participants passionnés; des fans de Tesla qui campent toute la nuit pour obtenir une réservation pour le modèle 3; ou encore la peur omniprésente de circuler dans une voiture autonome.

Cette année, nous avons découvert des moments d’émotion vraiment très intéressants, le passage de certains caps et des tendances au ralentissement du développement des infrastructures et évoluer vers des systèmes électriques, autonomes, partagés et connectés.

Voici 10 avancées marquantes en 2018 :

1024px-Electric Bus

1.Les bus électriques accélèrent

Pour les transports en commun et scolaires, 2018 est l’année du basculement vers l’électrique dans de nombreuses villes du monde. Bien que la plupart des bus électriques soient toujours plus chers que leurs équivalents diesel, le coût des batteries continue lui de baisser. Dans le même temps, certaines villes et Etats mettent en places des législations et des incitations pour adoucir le surcoût des véhicules.

Par exemple, la Californie a passé en fin d’année un arrêté historique stipulant qu’après 2029 les organismes de transport en commun de l’Etat ne pourront plus acheter de bus fonctionnant avec un carburant fossile.

Les bus électriques ne sont pas seulement un levier important pour lutter contre les changements climatiques. Ils impactent aussi les problèmes de pollution de l’air et permettent d’avoir une meilleur qualité de l’air pour les passagers comme pour les conducteurs. Finalement, quand le coût des batteries aura encore baissé et que les grands constructeurs augmenteront la production de véhicules électriques, les transports en commun et scolaires seront probablement majoritairement électriques - Bloomberg New Energy Finance prévoit qu’en 2040 80% des bus seront électriques dans le monde.

 

lime scooter

2. Les micro-mobilités se sont enflammées (voire embrasées)

2018 a été l’année des trottinettes électriques. En un an, une grande diversité de start-up sont (apparemment) sorties de nulle part, soutenues par des fonds de capital-risque, et ont grandi à des rythmes stupéfiants. Des entreprises de VTC, des constructeurs automobiles et d’autres entreprises ont décidé de s’y lancer.

Des études démontre que l’usage de trottinettes réduit l’autosolisme en ville. C’est le cas à Portland, plus particulièrement pour les touristes. Les trottinettes sont également un bon moyen de transport alternatif dans les zones urbaines délaissées par les transports en commun.

Alors, bien sûr, la frénésie autour des trottinettes et les évaluations de marché délirantes ont très vite amené à des “ajustements” inévitables.

L’utilisation des trottinettes a naturellement baissé avec l’hiver. Les gestionnaires de trottinettes se sont également confrontés à la réalité de la gestion d’un réseau de véhicules en libre service : le vandalisme et le vol pesant sur leurs structures de coûts.

 

1024px-Borne electrique de recharge rapide de Morbihan Energies au Faouet (Morbihan)

3. Le développement de grandes infrastructures de recharges électriques commence

Des investissements importants affluent pour étendre le réseau d’infrastructures de recharge qui sera nécessaire pour les véhicules particuliers et ceux de flottes. Les études de l’”Edison Electric Institute” et de l'”Institute for Electric Innovation” publiées en 2017 prévoient que, pour soutenir les prévisions de croissance des véhicules électriques au cours des sept prochaines années aux États-Unis, il faudra installer entre 4,5 et 5,5 millions de chargeurs d'ici 2025.

Les conséquences ? Des entreprises comme ChargePoint ont levé 240 millions de dollars (leur 8ème levée de fond !) de groupes comme Daimler Truck&Buses, Chevron Technology Venture, BMW i Ventures, American Electric Power et Siemens, pour étendre rapidement leurs infrastructures.

Les compagnies pétrolières se lancent aussi cette année sur le développement d’infrastructures de recharge. BP a ainsi acquis Chargemaster à l’été 2018 pour 170 millions de dollars.

Les start-up aussi sont sur le créneau pour penser une nouvelle expérience client entre les consommateurs et les fournisseurs d’énergies.

Mais le gros des investissements, aux USA cette année, est venu des services publics et de la filiale de Volkswagen : Electrify America. L'été dernier, les régulateurs de l'énergie de l’Etat de Californie ont approuvé (PDF) un portefeuille de projets de recharge de véhicules électriques d'une valeur de 738 millions de dollars pour les services publics californiens détenus par des investisseurs, Pacific Gas & Electric (PG & E), San Diego Gas & Electric (SDG & E) et Southern California Edison (SCE). . Electrify America, créée dans le cadre d'un accord après que VW ait été surpris en train de tricher sur ses tests d'émissions de véhicules diesel, a l'intention de dépenser 2 milliards de dollars sur 10 ans pour promouvoir l'adoption des véhicules électriques aux États-Unis.

 

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4. Les navettes autonomes font leur apparition

Tandis que des voitures autonomes parcourent déjà les rues dans de villes telles que San Francisco, Pittsburgh et Phoenix, votre première expérience avec un véhicule piloté par un ordinateur pourrait bien être une lente navette électrique. C'est vrai : dans quelques villes du monde, des sociétés telles que May Mobility , EasyMile et Local Motors déploient des moyens de déplacement de personnes qui parcourent 24 km / heure dans une zone dédiée telle qu'un campus universitaire.

Ceci est un petit pas pour les véhicules autonomes. Une étude a récemment révélé que la plupart des Américains disent aujourd'hui qu'ils sont trop nerveux pour se déplacer dans une voiture autonome. Ces navettes sont ainsi une première rencontre plus sûre et moins risquée.

Ces constructeurs de navette ont encore un important travail à faire pour que l'expérience soit parfaite pour les passagers et les piétons. Les entreprises qui utilisent ces navettes aujourd'hui affirment que la conception de l'interaction entre l'homme et la machine pourrait finalement être la clé pour obtenir une large acceptation des véhicules autonomes.

 

1024px-Geely assembly line in Beilun, Ningbo

5. L’industrie automobile se prépare à se transformer

Avec autant de transformations technologiques, les constructeurs historiques ont beaucoup à perdre (et à gagner!) dans cette transition. Malgré la multiplication des aides en matière d'électrification, de nouvelles mobilités et de réduction de consommation de carburant, de nombreux constructeurs ont des difficultés.

En novembre dernier, General Motors a annoncé la fermeture de sept usines, dont celle qui fabrique la Volt hybride à autonomie prolongée, et le licenciement de 14 000 employés. De même, Ford prévoit de réduire ses effectifs. Un analyste pense qu'une restructuration de Ford de 11 milliards de dollars et de 25 000 employés pourrait être envisagée.

Dans le même temps, les petits constructeurs tentent des chemins alternatifs intéressants. L'année dernière, le constructeur automobile suédois Volvo (qui appartient maintenant au constructeur chinois Geely) a lancé un service d'abonnement (“Care by Volvo”) - assez similaire à un abonnement téléphonique avec téléphone inclus -  pour offrir aux clients un accès facilité à la propriété : le succès a été au rendez-vous !

 

Uber autonomous vehicle prototype testing in San Francisco

6. Les villes prennent conscience des problèmes de mobilité

Alors que les constructeurs automobiles sont obligés de s'adapter aux nouvelles technologies, les villes du monde entier se retrouvent face à des entreprises utilisant la technologie pour disrupter la façon dont les gens se déplacent.  Dans des villes comme San Francisco ou New York, il existe maintenant un large éventail de solutions pour se déplacer : VTC, covoiturage, vélo, trottinette libre-service.

Ces services ont des impacts importants sur la structure des villes. Et certains ne vont pas dans le bon sens. Par exemple, Uber et Lyft causent, dans certaines régions, de sérieux bouchons. Dans d’autres aires urbaines, les habitants s’inquiètent des impacts des trottinettes électriques qui bloquent les trottoirs et des utilisateurs qui blessent les piétons.

Pourtant, les villes ont tiré les leçons des offensives d’Uber et d’Airbnb. Certaines, comme San Francisco, ont même été critiquées pour être trop restrictives vis-à-vis des nouveaux acteurs comme les startups proposant des trottinettes électriques en libre service.

Les villes ayant adoptées le plus tôt de nouvelles mobilités ont développé des outils de gouvernance et des réglementations pour gérer les nouveaux acteurs. Oakland, en Californie, envisage ces nouveaux services comme une nouvelle opportunité de fournir une nouvelle option de transport sans infrastructure. D'autres villes, comme Austin au Texas et Santa Monica en Californie, explorent la possibilité d’en faire une nouvelle forme de recettes municipales.

 

1024px-Waymo Chrysler Pacifica in Los Altos, 2017

7. Les services commerciaux de véhicules autonomes sont lancés

Ils sont parmi nous ! En décembre, Waymo (filiale d’Alphabet, maison mère de Google) a lancé son service de robots-taxis ouvert au public à Phoenix. La société, largement considérée comme le leader de la technologie de véhicules autonomes, teste ses voitures depuis des années et a récemment franchi le cap des 16 millions de kilomètres d’essais sur routes ouvertes.

Les robots-taxis de Phoenix sont des mini-vans autonomes. Ils ont transportés, tout d’abord, quelques centaines de volontaires locaux. Des chauffeurs de sécurité sont à bord, prêts à prendre le volant à tout moment. Waymo passe toutefois le premier ce cap, car GM et Ford ont des projets similaires dans les tuyaux.

 

1024px-Tesla Model 3 Genf 2018

8. Une voiture électrique bat des records

Cette liste de tendances ne serait pas complète si nous ne parlions pas de Tesla et de son leader intrépide, Elon Musk. Depuis 15 ans, Tesla s’est positionné comme leader technologique à chaque sortie de ses véhicules. Mais cette année a été marquée par la volonté de sortir un véhicule de grande série à prix raisonné.

Cela s’est traduit par un début d’année 2018 assez chaotique, loin de l’objectif audacieux de 5 000 voitures produites par semaine. Toutefois, Tesla a réussi prendre un tournant en construisant une ligne de production assez bizarroïde sous une tente à l’extérieur de son usine californienne. Désormais, Tesla est sur le point de livrer les 150 000 Model 3 pré-commandées - devenant ainsi, de loin, le véhicule électrique le plus vendu aux USA.

 

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9. Les émissions liées aux transports continuent d’augmenter

Dans de nombreux endroits, le réseau électrique inclus, doucement mais sûrement, de plus en plus d’énergie solaire et éolienne. Des territoires comme la Californie ou Hawaï se sont engagés à atteindre 100% d’énergies propres dans les années à venir. Mais le chemin à suivre pour éliminer toutes les émissions de carbone dû au transport n’est pas toujours très clair.

Les transports sont la principale source d’émissions de carbone dans beaucoup de territoire, mais tous les territoires n’ont pas de politiques aussi volontaristes que la Californie pour les éliminer.

Les lois peuvent imposer l’électrification des flottes d’entreprises ou des véhicules de transports collectifs. Il est déjà plus difficile d’interdire la vente de véhicules utilisant des énergies fossiles - même en Californie …

Le choix du moyen de transports reste aussi encore un choix personnel. Les moyens pour encourager les bons comportements ou décourager les mauvais n’ont pas encore été vraiment trouvés. Les villes n’auront sûrement pas d’autres choix que d’imposer des règles pour éliminer l’usage de l’autosolisme comme la réduction des stationnements, les péages urbains ou encore les interdictions de certains carburants ...

 

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10. Les véhicules électriques sont dominés par la Chine

Il est clair que les ventes de véhicules électriques commencent à décoller. Mais un pays tire son épingle du jeu pour accélérer sur ce marché : la Chine. Quand la Californie convertit 14 000 bus à l’électrique, la ville chinoise de Shenzen en compte déjà à elle seule 16 000.

Le gouvernement chinois régule fortement le marché mais il offre également des incitations intéressantes à la construction d’usines pour les constructeurs locaux de batteries et de véhicules électriques. Cette combinaison couplée à la forte population chinoise, fait de la Chine le plus gros producteur de véhicules électriques au monde. Le marché chinois représente aussi la moitié des ventes de véhicules électriques annuelles. Sur les 10 véhicules les plus vendus en Chine, 9 proviennent de constructeurs chinois.

 

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