Tendances culinaires : le #Madeinviande peut revendiquer son caractère "SAUVAGE"... !

Le 23 juillet 2018

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A chaque tendance sa contre tendance! Pendant que la bataille de la cause animale déchaine les médias sociaux, que l’ANSES définit les règles du bien-être animal, que végétariens et omnivores débattent sur le régime alimentaire originel de l’homme au grés de théories évolutionnistes et anatomiques...la tendance culinaire "SAUVAGE(s)" s'exprime! [...]

 

Chaque tendance entraîne tôt ou tard une contre-tendance !


A chaque mutation sociétale, on constate que chaque tendance entraîne tôt ou tard une contre-tendance. 


"L’individu hypermoderne mange […] différemment selon les circonstances, ne se comporte pas toujours de la même manière, a des références culinaires hétéroclites. Il n’est plus classable dans un seul modèle alimentaire ; ses repas changent de contenus, de logiques et de sens selon les heures, les lieux, les convives, les contextes, les sentiments…"(François Ascher, le Mangeur Hypermoderne, 2005)
 

Un retour à la vie "SAUVAGE" : une cuisine de pirates, corsaires et braconniers d’un jour !


 
CaptureAlors que les débats sur les produits VEGANS et le bien être animal déchaînent littéralement toutes les passions, assumerons-nous demain avec fierté notre caractère "Sauvage" originel, celui de l’australopithèque qui se nourrissait de végétaux (graines, tubercules, racines, etc.) à hauteur de 80 %, alors que le reste (20 %) était comblé par des insectes et des animaux issus de sa chasse ?


Une consommation 100% en communion avec la nature, aux grés des saisons, des évènements climatiques, des migrations et des aléas quotidiens… ?
 
Cette grande tendance culinaire émergente, repérée par Virginie De Saint Quentin (Histoires De Goût ) chez certains grands chefs comme Alain Passard, Romain Méder et Massimo Botura qui valorisent les poissons, fleurs et herbes sauvages, les saveurs fumées, boisées, grillées voir brulées et le fumage au foin dépasse les modes éphémères.

La cuisine revient à ses 1ers fondements et exprime le rêve (voir le fantasme ?) d’un retour aux sources (Chasseur, pêcheur, cueilleur), d’une simplicité retrouvée, d’éléments bruts tels qu’un feu de bois dans le désert, une pêche miraculeuse dans les fjords, une noix de coco fraîche sous les tropiques ou tout simplement la cueillette de quelques fleurs, champignons et plantes sauvages lors d’une promenade en sous-bois.
 

 chasseur cueilleur

 
C’est toute une cuisine "primitive" décomplexée et une virilité assumée… qui s’exprime dans les assiettes ! 

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#Madeinviande et le principe d’incorporation

 
La sélection de ce qui est de l’ordre du "mangeable" est du registre de l’émotionnel. " […] s’articule sur des représentations symboliques et participe à la différenciation culturelle des groupes sociaux vivant parfois dans le même biotope" (Jean-Pierre Poulain, 2013)
 
"L’individu cherche à maîtriser ce qu’il mange sous peine de perdre le contrôle de ce qu’il est et/ou de ce qu’il veut être" (Claude Fischler, 1996).

A ce titre, alors que l'individu hyper-urbanisé cherche à retrouver la maitrise de l’origine des matières premières qu'il ingère, à retrouver un rapport charnel avec la terre (exemple : essor des fermes urbaines et montée en puissance des cueillettes en zones péri-urbaines…), il modifie dans le même temps son rapport  à l’animal. Jusqu’alors, on ne mangeait plus l’animal, mais plutôt sa chair… Cette tendance "SAUVAGE(s)" annoncerait-elle un retour assumé à notre état zoophage originel ( "On était zoophage,on est devenu sarcophage" ! ; Noélie Vialles, 1999), assumant pleinement de (re)manger l'animal ?

 

sauvages

 
Quand on perçoit un signal faible dans les restaurants gastronomiques, il est encore trop tôt pour le mettre en marché dans les grandes surfaces... mais sans doûte pas pour commencer à y penser !...

 

Pas n'importe quel steak !

Pour redonner du sens à notre consommation de viande et de poisson, irons-nous jusqu’à "adopter un steak", complimenter ou accorder ses dernières volontés à l’animal pré-destiné à remplir notre assiette (option de foin Premium, massages des cervicales, concert privé,...) pour satisfaire nos envies de "barbac" sans nous sentir coupable ? https://vimeo.com/270031815 (cf KarmaFood à 1"17 - Vidéo réalisée par Danone portant un regard sur la sucession des "tendances" alimentaires) ?

Attention, on en mangera plus n'importe quel steak ! On vous racontera l'histoire d'Arlette la vache limousine, la ferme dans laquelle elle a été élevée, quel concerto elle préférait et quel massage lui faisait le plus d'effet. On ne l'aura abbatue qu'avec les précautions d'usage au terme d'une longue et belle vie, la plus libre possible...


A manger demain : un "steak de salers bercée au concerto n°3 de Chopin", un étonnant Kig ha farz "copain comme cochon"... ?

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