A quel bio se fier ?... Vers un nouveau label bio plus crédible prenant en considération la segmentation du marché ?

Le 20 novembre 2017

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En 2016, le marché du bio a bondi de 20%, atteignant 7 milliards d’euros, témoin d’une véritable confiance des Français envers l'AB... Néanmoins, les labels actuels ignorent la segmentation amorcée du niveau d’exigence des consommateurs et d’engagement des différents acteurs. Quel nouveau visage peut-il revêtir pour répondre à ces évolutions? [...]

L’homogénéisation des labels bios pèse-t-elle comme une épée de Damoclès sur la filière ? 

 


  • L’usage de Labels Bios uniformisés nivelle t'elle l’image du bio vers le bas ?

Le logo Bio interdit l'usage des produits phytosanitaires mais ni le label européen, ni le tricolore AB, le plus connu en France (qui répondent l’un comme l’autre aux mêmes normes du règlement de l’Union Européenne harmonisées depuis 2009) n'empêchent la certification de tomates sous-serre vendues à l'autre bout de la terre ou cultivées par des travailleurs sous-payés… Voilà qui fait débat  !

 

 

ddCes disparités entre les pratiques sous un même label sont de plus en plus controversées… Certes, un cahier des charges « allégé » représente une vraie réponse au changement d’échelle et à l’acculturation des grandes masses à l’agriculture biologique mais apporte une réponse dégradée et peu transparente à une cible grandissante de consommateurs « bio-fondamentaux », pour qui le bio représente un nouveau modèle, une nouvelle vision du monde, induisant une nouvelle responsabilité sociétale des entreprises, en réponse aux 3 piliers du Développement Durable : environnemental, social et économique.

 

2 mouvements …2 visions

 

logosLe développement rapide et la pérennisation du mouvement « bio » agite l’ensemble de ses acteurs. Sous l’influence du changement d’échelle, se développent et s’affrontent aujourd’hui deux régimes d’action reposant chacun sur deux visions bien différentes des usages acceptables du label AB… et qui ne semblent pas prêtes de fusionner.

Les uns défendent une réglementation socle bio "homogène", permettant de démocratiser et rendre accessible le bio au plus grand nombre, potentiellement en mesure de nourrir la planète à horizon 2050 ! Les seconds défendent « La bio » plus responsable et durable et redoutent une certaine « dérive », une baisse du niveau d’exigence des labels pouvant induire une baisse de la qualité. Ils souhaitent plutôt durcir les conditions de production et de contrôle, renforcer la crédibilité d'un label 100% bio pour en assurer sa pérennité.

 

Une  confiance montante des consos envers les produits biologique … à pérenniser !

 

Les Français démontrent une réelle confiance envers l’alimentation biologique... Depuis les dix dernières années, le marché biologique dans l’UE a quadruplé.

Dans ce contexte de croissance rapide, la confiance acquise reste néanmoins fragile. Les représentations et imaginaires des consommateurs à l’égard du bio pourraient rapidement se trouver brouillés face à la grande disparité des pratiques sous un logo commun.

La question centrale revient donc à s’interroger si les labels bios actuels répondent vraiment aux exigences des consommateurs ?

Leurs connaissances à l’égard de la réglementation est à ce stade encore limitée…Peu d’entre eux savent notamment que le logo AB et le logo européen sont en fait similaires et répondent au cahier des charges du règlement européen… mais le consommateur bio et son besoin de « maitrise » évolue sans cesse, à la vitesse du monde qui l'entoure. Il n'est donc pas le même qu'hier et encore moins celui de demain... 

  • Pour en savoir plus :

http://www.themavision.fr/jcms/rw_488317/en-quoi-le-consommateur-bio-differe-du-consommateur-de-produits-conventionnels-etude-bionutrinet?portal=c_224282

 

La filière BIO en pleine forme au sein d’un secteur en crise pourrait bien connaître un ralentissement relatif à l’absence de prise en compte de l’évolution des attentes du consommateur, de plus en plus exigeant … L’idée d’une réforme et d’un renforcement des règles ne fait bien sûr pas consensus… On ne peut néanmoins pas ignorer que le consommateur plus fidèle et averti risquerait progressivement de se détourner du label actuel en raison de son manque d’exigence ou de transparence…

 

  • La présence de pesticides dans les produits bios : un autre sujet qui pourrait plus rapidement entacher la réputation de la bio !

 

imagesUne récente enquête menée par France 3 en octobre 2017 révèle que les carottes analysées d’une enseigne spécialisée bio contiendraient plus de pesticides que certaines autres carottes non bios… Des évènements médias isolés qui pourraient néanmoins venir ternir l’image et l’investissement des producteurs et fabricants …

 

 

 

  • Pour en savoir plus :

http://www.francetvinfo.fr/economie/emploi/metiers/agriculture/enquete-france-3-quand-les-carottes-d-une-enseigne-bio-contiennent-plus-de-pesticides-que-des-legumes-non-labellises_2416437.html

Le dernier rapport de l’EFSA (European Food Safety Authority) note lui aussi des résidus de fongicide, herbicide ou insecticide dans 15% des 5 000 aliments bio analysés… Certes, un taux plus bas que dans le conventionnel, où le pourcentage avoisine les 97 %, mais qui peut heurter des consommateurs prioritairement à la recherche de produits « Sans ».

 

L'essor grandissant et l'évolution rapide du marché bio, objet récent de toutes les convoitises et de toutes les attentions… oblige à anticiper les potentielles évolutions et dérives faisant potentiellement prendre des risques à l’ensemble de la filière…

ob 62698a codes-sur-les-oeufs-sur-blog-rene-dumAu-delà d’un renforcement strict et généralisé, que penser d’un logo gradué, codifié et évolutif en fonction des pratiques des différents acteurs (à l’image du code affiché sur les œufs 0 = œufs de poule élevées en plein air et nourries avec une alimentation biologique à 3 = œufs de poules élevées en batterie), renvoyant les entreprises à leurs propres responsabilités mais apportant de la connaissance et de la réassurance aux consommateurs ? En complément du cahier des charges européen obligatoire, de nombreuses règles pourraient notamment faire l’objet d’une labelisation « bio » dont les conditions d’accès renforcées seraient optionnelles et graduelles : production agricole pleine terre, refus catégorique des OGM (alors que les labels européen et AB tolèrent jusqu'à 0,9% d'OGM par ingrédient), 100% d'ingrédients bio dans les produits transformés (contre 95% pour les labels bio européen et AB), etc…

Le deuxième chantier des États généraux de l'alimentation dédié à une alimentaire saine, durable et accessible pourrait ouvrir le débat sur le sujet…

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