La course aux produits végétariens et végétaliens "nutritionnellement irréprochables" a-t-elle un sens ?

Le 25 octobre 2017

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Un chemin tout tracé porte le consommateur à associer le tout végétal au "super sain" et mène à des incohérences entre un positionnement "Healthy" et des formulations qui ne le sont pas vraiment. On assiste plus récemment à une posture en faveur d’un produit "nutritionnellement irréprochable" pour se rapprocher au plus près du produit "rêvé"... [...]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un halot magique "santé" autour du végétal 


Les messages du PNNS autour du "5 fruits et légumes par jour" ont fait bon chemin. Le consommateur associe désormais spontanément un produit 100% végétal à un produit "santé". L’opportunité trop facile est de compter sur ces représentations et de formuler des produits alternatifs 100% végétaux utilisant des additifs, du gras ou parfois même du sucre pour texturer ou exhausser le goût… 


303075-mc-donalds-france-lance-enfin-son-burger-vegetarien-le-grand-veggie-4C’est notamment le cas du très attendu "Grand Veggie" chez McDonald's qui fait déjà beaucoup parler de lui. Avec 763 calories, il est pourtant l’un des burgers les plus caloriques de McDonald’s France. Par comparaison, l’incontournable Big Mac, composé de deux steaks hachés, atteint les 503 calories.

D’après l’équipe FoodInnov, qui l’a passé au crible avec son logiciel mulsii PLM, le Nutriscore estimé du Grand Veggie est classé en catégorie C même s’il apporte plus de fibres (11g) qu'un Big Mac (3.1g). Néanmoins, il reste vraiment très salé et très calorique. Il couvre à lui seul 47% des Apports Journalier de Référence en matière grasse, 46% en protéines, 18% en sucres et 72% en sel.

 

Ces "bombes nutritionnelles", en désaccord avec l’attribut santé pénalisent avant tout le consommateur qui cherche à "bien faire"…
 


 

 

Une étude Nutrinet-Santé caractérise les besoins nutritionnels des végétariens et végétaliens
 


nutrinetLes questionnements autour de la couverture des besoins nutritionnels des végétariens et végétaliens sont tels qu’ils font l’objet d’une étude de grand ampleur permettent de caractériser les végétariens et végétaliens français sur les aspects sociodémographiques et nutritionnels.

C’est donc par le biais de la cohorte Nutrinet-Santé (près de 94 000 sujets) que les scientifiques font plus amples connaissance avec les pratiquants de ces régimes non-omnivores.

Principaux résultats :

  • Comparés aux sujets omnivores, les végétariens étaient plus souvent des femmes, des individus plus jeunes, avaient un IMC plus faible, étaient travailleurs indépendants et chefs d’entreprise, avaient des revenus faibles à modérés et avaient des niveaux d’études élevés. Les végétariens présentaient les plus fortes prévalences d’inadéquation en vitamines B1, B3, B6 et zinc seulement chez les hommes.
  • De façon plus surprenante, les végétaliens étaient plus souvent des hommes et habitaient en région parisienne. Les végétaliens présentaient les plus fortes prévalences d’inadéquation en vitamines A et B2, B5 et B12 (particulièrement chez les femmes), calcium et zinc seulement chez les femmes.
  • Le fait de vivre seul était plus souvent associé au végétarisme et au végétalisme... 
  • Les omnivores présentent quant à eux les plus fortes prévalences d’inadéquation en vitamines C et E, B9 seulement pour les femmes et en magnésium.

 
Pour aller plus loin :
http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0985056217301528?dgcid=raven_sd_via_email
 

Quels enjeux nutritionnels pour les industriels de l’agroalimentaire ?


Forts de ce constat ou pour ne pas risquer un potentiel bad buzz nutritionnel, les récents développements de produits de substitution végétaux se positionnent sur une promesse davantage axée "santé", en quête de tableaux nutritionnels "parfaits" selon le règlement Inco ou par anticipation du Nutriscore


17b2c6c2f8c7a22de12810ed4e4cfb94Est-ce pour autant la bonne réponse ? Cette logique de mesure  "mathématique" répond t-elle vraiment pleinement à une attente latente des consommateurs à l’égard des produits végétaux ? Sont-ils, plus qu’avec les produits d’origine animale, en mesure de formuler des attentes chiffrées à l’égard de leur produit "rêvé" ou "idéalisé" ? 

Ce schéma pousse par ailleurs les acteurs de la chaîne alimentaire à entrer dans une démarche Clean-nutritionnel « on shot » plutôt qu’une responsabilisation et un service d’accompagnement nutritionnel de long court. Il les contraint par ailleurs à privilégier un taux de nutriments avant le sacro saint plaisir et la culinarité… 

Les connaissances nutritionnelles des consommateurs à l’égard des produits alimentaires sont pourtant plus limitées. Leurs attentes s’expriment davantage en faveur du respect de règles de nutrition plus holistiques, davantage drivées par la simplicité et la qualité des matières premières, plus proches du naturel… leur permettant une  meilleure accessibilité à la liste des ingrédients.
 
Le sujet fait couler de l’encre et grincer des dents. Quel est le meilleur angle d’attaque pour résoudre l’équation d’acculturer les grandes masses à l’univers végétal… avant qu’un prochain mouvement de revendication des nutritionnistes n’éclate sur les réseaux sociaux
 
Ces sujets seront largement abordés lors d’un prochain atelier  "Végétalisation de l’alimentation et impacts nutritionnels : leviers de croissance et de communication !" qui se tiendra le 6 février 2018 au sein de la CCI Ille-et-Vilaine. 

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