Memphis Meats parie sur les boulettes de volailles en laboratoire

Le 25 octobre 2017

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Alors que le monde fait face à des défis sociétaux, énergétiques et environnementaux, la start-up Memphis meats mise sur une viande fabriquée en laboratoire à partir de cellules souches comme alternative à l'élevage animal… C’est techniquement possible, économiquement perfectible mais est-ce nutritionnellement et émotionnellement acceptable ? [...]

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Memphis meat développe des boulettes de volaille "in vitro"

 

33Fondée en 2015 à San Francisco, la Start-up Memphis Meats a récemment levé 3 millions de dollars. Ses fondateurs Uma Valeti et Nicholas Genovese, tous deux docteurs en sciences produisent du poulet ou du canard de laboratoire en cultivant du tissu musculaire animal à partir de cellules souches dans un environnement stérile. 

Certains laboratoires avaient déjà réussi à créer de la viande "de bœuf", en février, c’est la première fois que des scientifiques ont réussi à créer de la viande de volaille.

 

 

 

 

 

Des solutions qui répondent  aux enjeux sociétaux


Cette viande produite de façon "astronomique" revendique des attributs positifs pour l’impact environnemental, la santé publique et les animaux. En faisant pousser de la viande en labo, on pourrait créer une filière à la fois durable et vertueuse comportant des avantages énergétiques et écologiques
Nous sommes de plus en plus nombreux et l’élevage est accusé de consommer de plus en plus de ressources. Memphis Meat prétend que sa biotechnologie économise 90% des gaz supposément à effet de serre par rapport à l’élevage, 82% de l’eau utilisée dans les exploitations, consomme moins de nutriments et évite l’usage d’antibiotiques… 

 

Coûts de production et opportunités industrielles ?

 

3Le succès de cette expérience enivre mais les coûts prohibitifs de production atteignant aujourd’hui environ 8.000€ les 500 grammes représentent un des premiers obstacles à sa diffusion. L’équipe espère les réduire au cours des prochaines années avec pour objectif une mise sur le marché à prix abordable dès 2021. A condition d’industrialiser sa production, les économies d’eau et d’énergie pourraient à priori permettre à ce même steak de ne coûter plus que 10€. Certes, c'est ultra valorisé pour un steak mais il pourrait bien faire son apparition dans nos rayons de supermarché pour les personnes désireuses de manger un steak eco-friendly et cruelty-free n’ayant impliqué ni l'abattage d'une bête, ni la pollution et le gaspillage énergétique qu'elle engendre.

 

 

 

Des freins émotionnels majeurs à lever


clonageEn supposant que cette viande de synthèse soit bel et bien proposée dans les grandes surfaces à un prix abordable, en mangerait-on pour autant ? Nous laisserions nous tenter par cette alimentation d'un nouveau genre ?

N’induirait-elle pas un phénomène de rejet qui s’expliquerait par une science dont les progrès sont réalisés à une vitesse qui dépasse celle de notre capacité d'adaptation ? Cette production de viande in vitro renvoie en effet à différentes pratiques scientifiques sujettes à débats dans les milieux les plus conservateurs : le clonage et les expériences in vitro telles que l'insémination artificielle, des domaines où la science est capable de remplacer l'humain. Et c'est cette "dénaturalisation", cet effet d’ "alimentation synthétique" qui pourrait bien faire peur.


Soutenir que les végétariens pourraient consommer ces "protéines musculaires", c’est oublier une large part de leurs motivations émotionnelles qui ne se limitent pas à refuser l’abattage des animaux… 


Acteurs idéalistes ou prometteurs de la nourriture de demain ? 


Les qualités gustatives, les qualités nutritives et les effets sur la santé à long terme de ce type de nourriture ont bien sûr de quoi questionner… La qualité de vie d’un animal bien élevé en plein air n’aurait-elle pas des conséquences vertueuses sur la qualité nutritionnelle de sa viande ?, etc…


En revanche, bien au-delà des courants de communication abolitionnistes "anti-viande", ces initiatives nouvelles parfois jugées "radicales" représentent néanmoins un nouveau signe qu’un mouvement sociétal de fond s’installe durablement autour des produit "animaux", très largement relayé à grands coups de communication agri et agro. On ne peut plus ignorer que l’impact est certain dans les sociétés occidentales qui accordaient historiquement une place prioritaire à la viande, symbole de force et de richesse...
 

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