Les transports à la demande : la mobilité qui sauvera les villes ?

Le 15 septembre 2017

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Afficher en taille réelle Crédits UITP

A l’occasion de la sortie du rapport de POLIS “Mobility as a service : implications for urban and regional transport”, nous avions envie de revenir sur les transports à la demande et leurs enjeux dans le tissu urbain.

Les transports à la demande, ou “Mobility as a Service”, apparaissent de plus en plus comme les nouvelles mobilités qui vont transformer le modèle actuel des transports urbains.

Ils ont, pour le moment, été surtout développés par le secteur privé : historiquement avec les taxis et plus nouvellement, avec l’avancée du numérique et des transports intelligents facilitant le covoiturage, l’autopartage, les véhicules avec chauffeurs et leurs multimodalités.

Les collectivités locales ou régionales sont-elles vraiment engagées dans le développement de ces services ? Elles ont pourtant des rôles multiples dans la gestion des transports sur leur territoire : politique transport, régulation, gestion du trafic, services de transports … Mais sont-elles toujours maîtresses de tout cela  ?

Mariage forcé des transports à la demande et des acteurs privés ?

Les usagers des infrastructures et des transports gérés par ces collectivités ont des attentes et des comportements qui ont évolué.

D’après l’Observatoire Européen des Mobilités (Ipsos / BCG), les européens attendent des innovations dans le domaine de la mobilité leur facilitant la vie. Les deux innovations qui ressortent sont une application et des titres de transport multimodaux et des infrastructures intelligentes pour faciliter la circulation.

Des acteurs privés sont venus naturellement y répondre.

Tous ces exemples montrent que le transport à la demande s’intègre de plus en plus à la ville. Mais qui fait la régulation de tout cela ? Pour tous ces acteurs privés, ce sont des algorithmes propriétaires qui décident du meilleur trajet suivant des données offertes par les collectivités en Opendata et des données offertes par la masse d’utilisateurs pendant leurs déplacements.

Les collectivités ont plus d’obligations que les offreurs privés.

La question pour les collectivités n’est pas de savoir comment les transports à la demande s’inscrivent dans une politique locale de transports, mais comment les collectivités peuvent arriver à inscrire les acteurs des transports à la demande dans la politique locale de transports ?

Pour Marc Charlet, directeur général de Mov’eo (Pôle de compétitivité R&D automobile et mobilité), l’objectif de la mobilité du futur est de “proposer aux citadins des solutions de mobilité, même lorsqu’ils ne possèdent pas de véhicule, dans le cadre d’une ville qui devient de plus en plus intelligente.”(propos recueilli par Philippe Passebon pour Industrie & Technologies n°1001). La question de l’intelligence et la régulation se pose bien, en effet, au niveau de l’aire urbaine, et non mobilité par mobilité.

La priorité pour les politiques publiques est de réduire l’impact environnemental des transports, d’augmenter la sécurité pour des usagers se déplaçant tout en maîtrisant le budget. Les transports à la demande semblent être une opportunité pour aller vers des déplacements plus responsables et plus efficients.

Mais que fait (la) POLIS ?

Les collectivités membres de POLIS proposent de s’inspirer des approches personnalisées des transports à la demande déjà développés pour faciliter l’accès aux transports de tous les citoyens et particulièrement des populations vulnérables, comme les personnes âgées et les personnes en situation de handicap, à des coûts plus abordables pour les collectivités.

Polis est un réseau de villes et régions européennes qui oeuvrent ensemble au déploiement de technologies et de politiques innovantes dans le domaine du transport local. Depuis 1989, des autorités locales et régionales européennes coopèrent au sein de Polis pour mettre en oeuvre des politiques en matière de mobilité durable en développant des solutions innovantes pour le transport.

Le réseau POLIS propose aussi de développer l’intégration des informations de trafic de tous les moyens de transports et l’interopérabilité des moyens de paiements de tous ces moyens de transports. Certaines villes ont déjà bien avancées sur ce sujet et, même si un modèle global et réplicable est difficilement envisageable, le développement des ces points améliorerait l’usage de tous les types de transports pour les citoyens. Ce serait aussi l’occasion d’améliorer les relations avec les acteurs privés du transport à la demande et de commencer à nouer de réels partenariat collaboratifs s’inscrivant dans une politique global de transports.

Ceci permettrait de définir un deal gagnant-gagnant où le citoyen qui veut se déplacer aurait un choix objectif et où les objectifs d’accessibilité du réseau de transport, de son coût et de son impact environnemental pourraient être maîtrisés.

Beaucoup de questions sans réponse mais une prise de conscience !

Les collectivités membres de POLIS se posent encore la question du rôle des collectivités et des autorités de transports. Doivent-elles être à la tête de la gestion de tous les transports, se positionner en facilitateurs ou laisser le marché des transports à la demande se développer et s’auto-réguler ? Elles s’interrogent aussi quant à la réalité d’un marché solvable des transports à la demande pour les acteurs privés, surtout pour les zones moins denses.

L’étude de 2016 de la DGE sur le positionnement des acteurs face aux "Usages Novateurs de Mobilité" décrivait déjà ces scénarios et privilégiait le scénario le moins coûteux pour les collectivités, où elles sont facilitatrices en imposant l’interopérabilité des données et où ce sont les acteurs historiques de l’automobile qui deviennent maîtres des nouvelles mobilités, grâce à leurs capacités d'investissements.

Les collectivités sont donc de plus en plus conscientes que les nouvelles formes de mobilité sont une opportunité et doivent être intégrées aux autres moyens de transports. Toutefois, la question du transport à la demande intégré à la ville reste entière.

A ce propos, l’UITP (Union Internationale des Transports Publics) organise pendant la semaine de la mobilité à Paris des ateliers pour voir comment intégrer les transports à la demande : “Mobility as a Service: How to make an integrated mobility solution successful


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