Bio méthane carburant : Avenir de la méthanisation ?

Le 06 janvier 2017

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Les épisodes récents de pollution urbaine et de restriction de la circulation nous rappellent à quel point la question de la transition écologique du transport est une question d’anticipation du dérèglement climatique (lié au CO2) mais aussi de santé publique (liée aux autres polluants de la combustion des hydrocarbures).

L’enjeu de santé publique accélérateur de la transition du transport

Si les émissions de CO2 en appellent à une responsabilité mondiale et aux enjeux de la COP 21 et des suivantes, la question des émissions de polluants est bien plus à la main du local et des collectivités. Les effets de cette pollution sont en effet locaux et directement ressentis par les électeurs ; les effets en terme de pathologies ne sont par ailleurs plus à démontrer. La prise de conscience de cette pollution et la demande par les citoyens de sa prise en compte par leurs représentants est croissante. En outre, les collectivités locales, en particulier les métropoles, ont par la loi des obligations contraignantes vis-à-vis de la qualité de l’air et de mise en place d'actions contribuant à son amélioration.

C’est ainsi probablement par cet objectif de l’amélioration de la qualité de l’air en milieu urbain que la transition écologique du transport va s’accélérer. La RATP a annoncé la mutation rapide d’ici le début des années 2020 de la totalité de sa flotte vers des véhicules électriques et GNV. La perspective de l’interdiction de livraisons à Paris par les véhicules diesel est un formidable accélérateur du développement du GNV pour le transport lourd. Aujourd’hui, tous les appels d’offre de transport pour la grande distribution imposent une alternative plus écologique aux solutions diesel. Tous les acteurs de la grande distribution ont intégré le GNV dans leur politique de transport. A titre d'exemple, Casino indique un objectif de 200 camions GNV en 2017 et 400 en 2020.

 

Le GNV solution d’avenir pour le transport lourd

Si l’électrique est en capacité de répondre à cet enjeu d’émission de polluants pour le transport léger, dès qu’il s’agit de transport lourd de marchandises, l’équation technique devient impossible à résoudre avec l’électrique. De fait, la seule alternative crédible à moyen terme pour le transport lourd est le GNV. La technologie est mâture et permet une réduction de 96% des émissions de particules fines par rapport à un diesel Euro6. A côté de la livraison en véhicules légers électriques, le GNV apparaît ainsi comme la solution privilégiée pour la distribution en centre-ville à moyen terme.

En quelques mois, la dynamique en France pour le GVN s’est accélérée autour de la création d’infrastructures de recharge et l’intégration de camions dans les flottes. La France est devenue le 1er marché de camion GNV en Europe et les délais d’attente de camions dépassent les 8 mois.

Paris fait à nouveau figure de précurseur dans ce domaine avec la création par le Syndicat d’énergie d’Ille de France (le SIGEIF) de SIGEIF Mobilité en lien avec la Caisse des dépôts, GRTGaz et 3 agences de traitement de déchets. L’objet est le développement de la mobilité GNV et bioGNV en Ille de France visant la baisse des émissions de polluants en centres villes et la construction d’un réseau de 10 stations d’avitaillement d'ici 3 à 5 ans.

 

Le bioGNV, avenir du biogaz ?

Cerise sur le gâteau, lorsqu’il est issu d’un processus de méthanisation le bioGNV peut proposer un bilan réduisant jusque 85% les émissions de CO2. Il permet ainsi de cumuler des réductions très fortes d’émissions de polluants et de CO2, en privilégiant un carburant renouvelable produit localement dans le principe de boucles locales.

De l'avis de plusieurs experts de la filière, la méthanisation passe d’une phase de décollage à une phase d’accélération. La production s’est accrue de +50 % de 2012 à 2015 et devrait poursuivre sa progression. L’objectif national est d’atteindre 10% de bio-méthane dans le réseau gaz en 2030. Les modèles économiques sont encore fragiles et liés à des subventions. La filière française a amorcée sa structuration sur toute la chaîne de valeur (bureaux d’études, exploitants, financement, groupements) et dispose d'un certain nombre de leviers pour viabiliser cette filière.

La diversification des débouchés du bio-méthane notamment en gaz carburant est considérée par les acteurs comme un levier majeur de viabilisation du marché du biogaz. Le modèle économique de la méthanisation est ainsi en train d’évoluer vers l’injection du biogaz dans le réseau plutôt que la cogénération nécessitant la possibilité d’exploiter la chaleur produite. Le développement d’infrastructures GNV sur le réseau gaz et la consommation de GNV par le transport lourd apporteront aux projets de méthanisation des débouchés intéressants et stables du biogaz.

Du coté des transporteurs et des chargeurs, notamment de la grande distribution, la demande est croissante de pouvoir accéder à du bio gaz. Les certificats d’origine garantie permettent aux transporteurs d’afficher le recours à un carburant renouvelable. C’est pour la profession du transport, souffrant d’une image de pollueur, une manière de retourner cette image. L’AFGNV (l’Association Française du GNV) témoigne du fait que ces adhérents transporteurs expriment une forte attente de BioGNV lorsqu’ils se sont convertis au GNV

Mobilité-gaz et méthanisation semblent ainsi désormais déjà liées pour leurs développements respectifs.

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