SCOOP@F : Vitrine de l'écosystème de la mobilité connectée française ?

Le 11 juillet 2016

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Le véhicule de demain sera connecté et autonome

L’enjeu de sécurité routière suffit à lui seul à motiver le développement de la délégation de conduite. La sécurité est un objectif du législateur qui, depuis longtemps, fait évoluer la réglementation afin d’améliorer la sécurité routière. Les systèmes de sécurité passifs et actifs dans l’automobile se sont développés par ce biais. Les constructeurs automobiles développent aussi maintenant cet argument de sécurité ; Volvo a indiqué fin 2014 son objectif de zéro mort sur la route impliquant ses véhicules à partir de 2020.

Le développement de la délégation de conduite permettra d’atteindre de nouveaux seuils de sécurité sans attendre la conduite sans chauffeur. Les systèmes d’évitement de collision, rendus possibles par des moyens de détection du véhicule et des algorithmes de conduite, permettront de réagir plus rapidement et mieux que le conducteur. Par exemple pour effectuer un freinage d’urgence automatique ou une déviation de trajectoire. Ces technologies sont déjà en test chez les constructeurs.

 

Les systèmes de détection propres du véhicule ne seront pas suffisants - vers la collaboration entre véhicules

Les systèmes de détection ultra-son, puis par caméra et Lidar couplés à des données de cartographie ne seront pas suffisants pour garantir ces objectifs de sécurité par la conduite autonome. Le champ de vision obtenu avec ces capteurs reste limité à l’environnement proche de la voiture. L’enjeu est d’augmenter cette zone de vision par des informations provenant de l’extérieur : entre le véhicule et une infrastructure (V2I) ou entre le véhicule et d'autres véhicules (V2V). Dans un premier temps l’information provenant des autres véhicules permettra de compléter l’information interne du véhicule pour prendre les bonnes décisions d’aide à la conduite.

Dans un deuxième temps il s’agira de faire prendre des décisions collectives à plusieurs véhicules partageant les mêmes informations afin d’augmenter la sécurité de la conduite. Il s’agit alors de conduite collaborative. Les infrastructures seront elles alimentées par des informations en provenance des véhicules eux-mêmes mais aussi en provenance d’autres sources (info travaux, trafic, météo, autres modes de transport pour l’intermodalité, parking…).

Quelles seront ces infrastructures et qui seront les gestionnaires de ce flux d’informations interconnectés et coopératif ?

 

Le projet SCOOP@F, démonstrateur et préfiguration d’un système de mobilité automobile connecté

carte Scoop@FSCOOP@F fait suite à plusieurs projets collaboratifs européens mais marque une évolution majeure avec un objectif de déployer physiquement des infrastructures de bord de route et des véhicules connectés. Il s’agit de 2000 km de routes équipés en infrastructures et 3000 véhicules en circulation en France pour un budget global de 20 M€. Le projet vise à déployer un réseau d’UBR (Unités de Bord de Route) chargés d’échanger les données avec les véhicules, dans un premier temps en Wifi G5 puis aussi en cellulaire 5G dans un second temps après 2020. Les échanges de données utilisent des fréquences dédiées, une anonymisation des données ainsi que des couches de cryptographie. Il met également en œuvre une infrastructure de gestion de donnée centralisée (Centre de Gestion du trafic).

Plusieurs zones sont prévues en France, les 2 plus importantes sont autour de Paris et en Bretagne. Deux entreprises bretonnes Yogoko (véhicule) et Neavia (bord de route) sont embarquées dans ce projet pour leurs solutions de communication.

 

L’expérimentation vise d’abord à tester des fonctionnalités techniSchéma SCOOP@Fques permises par cette connexion, essentiellement de sécurité : collectes de données, information trafic, alerte chantier, alertes danger, signalisation embarquée. Ces données, en particulier de localisation GPS, vitesse, direction, sont échangés en temps réel. L'idée est l'émission automatiques de données datées, géolocalisées, certifiées en quelques sorte, avec une fiabilité plus forte que les informations provenant de systèmes embarqués type Waze. Mais ce projet financé par l’UE s’inscrit dans une perspective européenne de future feuille de route de déploiement des systèmes de transport coopératifs à l’échelle européenne. Il préfigure un modèle économique à trouver ; le projet met en collaboration des acteurs ayant peu collaborés jusqu’à présent : gestionnaires du réseau routier, collectivités locales et constructeurs automobiles.

 

Il s’agit pour les constructeurs de penser et de tester les modèles de revenus pour financer l’équipement des voitures connectés. Pour les collectivités locales et les gestionnaires routiers qui investissent et exploitent les infrastructures routières, il s’agit d’évaluer les conditions de déploiement de ces nouveaux équipements et leur utilisation pour la route de demain.


Déploiement pour après 2020

Pour cette opération, PSA et Renault, partenaires du projet, mettent sur le marché des véhicules capables d’échanger des données avec l’infrastructure SCOOP@F. L’enjeu pour 2020 est encore de finaliser un standard d’échange, de finaliser le futur échange de données cellulaire 5G, pour l’Europe de définir une feuille de route de déploiement et pour les constructeurs de développer des fonctions et des services y compris de délégation de conduite utilisant ces échanges de données.

Il s’agirait alors à partir de 2020 de déployer un réseau de partage ouvert d’informations de transport interconnecté, coopératif et temps réel géré par un gestionnaire routier public, jouant le rôle de tiers confiance. C’est potentiellement une alternative aux services de type Waze, mais aussi et surtout un environnement de données permettant la délégation de conduite, grâce à la mise à disposition d’un ensemble de données « garanties par un tiers » augmentant la vision de l’automobile. Une alternative européenne à l’approche américaine Google de la mobilité.

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