L'Ademe met en lumière les leviers pour réduire le gaspillage alimentaire.

Le 30 juin 2016

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La récente étude publiée par l’Ademe dresse un bilan du gaspillage alimentaire en France. Le rapport révèle que 10 millions de tonnes de produits pour l’alimentation humaine sont perdus et gaspillés par an, soit une valeur commerciale estimée à 16 milliards d’euros et 15,3 millions de tonnes de CO2 (3 % des émissions de GES de l'Hexagone).

 

 

 

L’étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) a mesuré le total des pertes et gaspillages générés sur 26 filières alimentaires représentant plus de 80% des produits consommés en France.

 

 

 

 

Selon l'Ademe, il ne s’agit pas de stigmatiser le rôle de tel ou tel acteur, mais de mieux comprendre la situation pour apporter des éléments de compréhension afin que chacun, individuellement et collectivement, réfléchisse aux leviers pour réduire son impact. Les objectifs de l’étude étaient donc de :

  • Qualifier et quantifier les pertes et gaspillages alimentaires dans les principales filières de l’alimentation et sur l’ensemble des étapes, de la production à la consommation.
  • Identifier les initiatives et des pistes de réduction des pertes et gaspillages alimentaires.
  • Améliorer la connaissance et la compréhension des mécanismes qui génèrent le gâchis.

A chaque étape de la chaîne alimentaire, l'étude calcule en outre l’impact carbone et propose enfin des pistes de progrès.

 

Des chiffres inquiétants...

ademeAu total, chaque année, 29 kg de nourriture par habitant sont jetés dans les foyers et 155 kg par personne sur l’ensemble de la chaîne alimentaire. Et, malgré les idées reçues, le gaspillage et les pertes ne sont pas concentrées sur l'étape de consommation :

  • 7,3% du total des pertes et gaspillages sont recensés au moment de la consommation (au foyer et hors foyer, sachant que l'on gaspille 4 fois plus en restauration collective et commerciale qu'au foyer), ce qui représente 33% des 16 milliards d'euros gaspillés.
  • 4% des pertes sont dûes à la production, soit 32% de la valeur théorique commerciale ;
  • 4,5% au moment de la transformation, soit 21% de la valeur théorique commerciale ;
  • et 3,3% lors de la distribution, soit 14% de la valeur théorique commerciale.

 

Selon les produits, les pertes et gaspillages ne sont pas les mêmes et ont lieu à des étapes différentes.

Certains produits sont davantage perdus et gaspillés au moment de la consommation tandis que d'autres le seront au niveau de la production. De plus, ces pertes n’ont pas la même valeur à toutes les étapes de la chaîne alimentaire. Si 40 % de la valeur théorique des pertes et gaspillages correspondent à l’étape de la consommation, ce fait vient de l’augmentation de la valeur du produit au fil de la chaîne.

 ademe pertes par filière

Quelles pistes pour réduire ces pertes et gaspillages ?

Si la réduction à la source est une priorité, l’augmentation des dons et l’amélioration de la gestion des pertes et gaspillages sont également des axes de progrès. Les initiatives se multiplient.

  • Ainsi l’Ademe et le Ministère de l’Environnement de l’Énergie et de la Mer ont lancé une campagne de communication nationale (TV, presse et web) intitulée "ça suffit le gâchis !". Cette campagne est destinée à tous les acteurs de la chaîne alimentaire (consommateurs, entreprises, collectivités…) et a pour vocation d'inciter chacun à son niveau à lutter contre le gaspillage.
    Les publicités de cette campagne mettent en scène des situations de la vie courante et personnifie les aliments en leur donnant la parole pour suggérer les gestes simples et les habitudes à changer afin d’éviter le gaspillage alimentaire.

Ademe campagne

 

  • La Loi n° 2016-138 établit un cadre et définit un panel de mesures pour réduire le gaspillage, en particulier au stade de la distribution.

 

Ademe gueules cassées

 

  • Le collectif des Gueules Cassées étend son champ d'action à d'autres produits que les fruits et légumes.

 

 

  • Certaines enseignes recyclent les fruits et légumes moches ou invendus en soupes, smoothies ou confitures.

 

  • Certaines initiatives de distributeurs sont à saluer et peut-être à adapter en France : l'exemple d'un supermarché danois, Wefood, qui ne vend que de la nourriture périmée ou dont les emballages sont défectueux, à des prix de 30% à 50% inférieurs à ceux pratiqués dans un supermarché normal.

 

  • Enfin, le compostage ou la méthanisation méritent d'être étendus en France puisque seulement 37% des biodéchets sont valorisés tandis que ce taux est de plus de 70% en Suède ou en Allemagne.

 

Autant de pistes de progrès pour la France qui a adopté un Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire avec l'objectif de réduire de moitié le gaspillage alimentaire à l’horizon 2025…

 

Dossier complet : à télécharger ici

Résumé :à télécharger ici

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