Une supérette 2.0 imaginée par le suédois Robert Ilijason

Le 23 mai 2016

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Ville de 4200 habitants dans le sud-ouest de la Suède, Viken a accueilli une supérette d'un nouveau genre. Faire ses courses à n'importe quel moment de la journée ou de la nuit est possible. La seule condition est de détenir un smartphone.

Supérette sans personnel : ni caissier, ni chef de rayon, ni vigile !

 

Cette toute nouvelle supérette est née d'une mésaventure personnelle de cet entrepreneur, Robert Ilijason. En pleine nuit, ce jeune papa s'est aperçu qu'il n'avait plus de petits pots pour son bébé. Il a du parcourir de nombreux kilomètres pour arriver à la seule station-service du coin. De cet incident a germé l'idée de créer cette supérette, ouverte 7 jours sur 7 et 24 heures sur 24.

 

 

Une seule obligation pour les habitants de Viken : avoir en leur possession un smartphone. Le fonctionnement est ensuite très simple. Il faut s'enregistrer au préalable sur un site internet et télécharger une application qui permet d'ouvrir les portes du magasin grâce à un simple mouvement de doigt sur son mobile. Le client doit ensuite scanner l'ensemble des codes-barres de tous les produits choisis à l'aide de son smartphone. Une facture lui est ensuite envoyée tous les mois. Via l'application, le client peut aussi déposer des suggestions de référencements de produits.

D'une superficie de 45m², ce supermarché de proximité suédois référence des produits de base. Pour des raisons de sécurité et de risque élevé de vol, alcool, cigarettes et médicaments ne sont pas proposés à la vente. Le magasin est doté de six caméras de surveillance et le patron reçoit une alerte sur son mobile si la porte d'entrée du magasin reste plus de 8 secondes ouverte ou si quelqu'un tente de la forcer. Pas d’employé à l’horizon : ni caissier, ni personne de sécurité, ni même un vendeur. Seul le patron réceptionne la marchandise pour la mise en rayon.

Robert Ilijason souhaite étendre son concept à d’autres villes suédoises, notamment aux villages isolés. La Suède est effectivement un pays très vaste avec une population concentrée dans le sud. Beaucoup de petites villes sont esseulées. Ce concept a donc vocation à se déployer dans ce pays. D’autant plus que les Suédois sont très adeptes du paiement mobile. 46% des acheteurs en ligne suédois ont effectué au moins un achat sur mobile en 2015. En moyenne, ils dépensent 397€ sur leurs mobiles avec un panier moyen de 61.44€, plaçant la Suède en pole position.

 

Un tel concept transférable en France ?

Ce concept est basé sur l'honnêté et la confiance. Si de telles qualités sont souvent reconnues aux pays nordiques, quid d'un tel concept dans des pays plus "latins" ?

De même, pour pouvoir se développer en France, il faudrait que la part des achats sur mobile progresse dans l'hexagone. En effet, même si les achats réalisés via un smartphone ont augmenté de +24,2% en un an, seulement 44% des Français qui achètent des produits en ligne le font via leur smartphone, contre 54% pour la moyenne mondiale (source : étude Pwc).

Enfin le développement des petites surfaces de proximité en France repose aussi sur un besoin de lien souvent réaffirmé dans de nombreuses études. Une surface de vente en totale autonomie sans aucune relation humaine semble à l'opposé de cette tendance.

A suivre l'éventuelle arrivée de ce concept suédois dans nos pays frontaliers. La praticité du service "à tout moment et en tout lieu" l'emportera-t-il sur des attentes plus sociales ?

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