Logos nutritionnels : 4 systèmes d’étiquetage testés dès septembre.

Le 12 mai 2016

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La mise en place des logos nutritionnels fait débat depuis quelques années. La ministre de la Santé Marisol Touraine vient d'annoncer que des tests grandeur nature allaient être menés en septembre prochain, dans une cinquantaine de grandes surfaces, en vue de faire un choix entre de signalétique pour un déploiement en 2017.

 

 

Alors qu'un tiers des Français est en surpoids et que les maladies métaboliques progressent, une décision vient d'être prise concernant les logos nutritionnels, un des volets de la Loi Santé de janvier 2016 sur la lutte contre l’obésité.

Après des mois de réflexion et d'échanges entre industriels, distributeurs et scientifiques, les tests en France vont débuter en septembre prochain, afin que "chacun puisse, d’un simple coup d’œil, évaluer ce qu’il achète", selon le souhait de Marisol Touraine.

 

 

Actuellement les logos nutritionnels sont multiples en Europe. Certains sont d'ordre descriptif, qualifiant les teneurs en sel, en gras ou en sucre, d'autres sont coloriels.

Alors afin choisir la solution la plus efficace en vue d’une application en 2017, la ministre prévoit la réalisation de 1 500 études qualitatives auprès des consommateurs pour tester leurs réactions face à quatre logos relatifs au score nutritionnel des aliments. En parallèle, à compter de septembre et pendant trois mois, ces logos seront testés dans 50 grandes surfaces françaises tirées au sort.

  • Parmi les quatre logos testés, deux sont basés sur des codes couleurs.
    • L'un utilise le vert pour désigner les aliments les plus équilibrés et le rouge pour les aliments les plus gras, sucrés ou salés, sur le modèle du Nutri-Score, inspiré des travaux du professeur Serge Hercberg,
    • Le second indique la fréquence souhaitable de consommation, à l’aide de quatre couleurs, sur le modèle SENS (Système d'étiquetage nutritionnel simplifié) proposé par le distributeur Carrefour.
  • Les deux autres permettent de visualiser, en pourcentage et en valeur, la contribution de l’aliment par rapport aux besoins en énergie, en matières grasses et en sel.

 

expérimentation scores nutritionnels

 

A l'issue de l'expérimentation, le meilleur des quatre logos sera retenu pour étiqueter les produits vendus dans l'Hexagone dès 2017

 

Des avis partagés…Si l'UFC-Que choisir se réjouit, d'autres détectent les failles.

Pour l'UFC-Que choisir, il y avait urgence qu'une telle démarche soit entreprise, estimant que l'étiquetage actuel chargé d'évaluer la qualité nutritionnelle est incompréhensible. L'association de consommateurs exprime sa préférence pour le Nutri-Score du professeur Serge Hercberg, et le SENS proposé par la FCD.

Mais l'enthousiasme n'est pas partagé par tous… En conseillant certains aliments au détriment des autres, ces logos pourraint induire les consommateurs en erreur.

  • Le docteur Laurence Plumey, nutritionniste et diététicienne, auteur du "Grand Livre de l'alimentation" estime que les problèmes d'obésité ne relèvent pas tant de la malbouffe que de l'absence d'activité physique. Selon elle, "condamner et stigmatiser les aliments ne réglera pas les problèmes de santé"… Mieux vaudrait investir dans l'accès aux activités sportives et faire de la pédagogie dès le plus jeune âge.
  • Avis partagé par Béatrice de Reynal, qui, elle aussi mise davantage sur la pédagogie qui donnerait des clés aux parents et aux enseignants. Selon l'experte en nutrition, "ce n’est pas parce qu’un produit est désigné par la couleur verte qu’il peut être consommé à volonté. Cet étiquetage ne tient pas compte de la quantité ou encore de l’âge du consommateur".
  • Laurent Chevallier, médecin nutritionniste et auteur du "Guide anti-toxique de la grossesse" voit également un intérêt limité à cette expérimentation. En effet ces indications seront disposées sur les produits alimentaires sur la base du volontariat, tous les aliments n’en seront donc pas dotés. Ce dernier déplore en outre l'absence d'indication relative à la présence de substances chimiques (pesticides ou perturbateurs endocriniens) dans les aliments.

 

Si cette expérimentation ne fait pas l'unanimité, elle a au moins le mérite de mettre en avant l'alimentation et d'en faire "une véritable préoccupation". Rendez-vous en décembre pour un premier bilan...

 

Des réponses simples et complètes aux questions que peuvent se poser les consommateurs sur l’expérimentation en conditions réelles d’achat, de systèmes graphiques d’information nutritionnelle, qui débutera à la demande des pouvoirs publics, dès la rentrée 2016 : à télécharger en cliquant ici.

 

Pour en savoir plus sur la nutrition santé : Portail Nutrition-Santé "Invest In Bretagne".

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