3 questions à... Jérôme BLANCHARD, plateforme MobBI

Le 11 avril 2016

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Jérôme BLANCHARD, expert Systèmes Embarqués pour la Mobilité - plateforme MobBI
L'OBD est au cœur de l'actualité et du développement de nouveaux services pour les propriétaires de véhicules, sortant l'OBD des cercles des professionnels de la réparation automobile et des geeks.
Pour MobBI, Jérôme BLANCHARD accompagne les PME développant de nouvelles solutions dans le domaine des Systèmes Embarqués pour la Mobilité.

L'OBD c'est quoi ? Ça sert à quoi / à qui ?

L’OBD, un système de diagnostic embarqué pour le contrôle des émissions polluantes, capable de déceler l’origine probable d’un dysfonctionnement au moyen de codes défauts enregistrés dans la mémoire d’un calculateur.

L'OBD (On Board Diagnostic), c'est une norme qui a été instaurée par la CARB (Californian Air Resources Board) dans les années 1985-90 pour pouvoir, grâce à l'augmentation de l'électronique dans les véhicules sur cette même période (gestion moteur notamment), chiffrer les émissions polluantes des véhicules afin de se conformer aux normes en vigueur. La seconde norme, OBD2, standardise une interface de connexion au système de diagnostic embarqué dans le véhicule afin qu'elle soit identique pour tous les véhicules (voir souvent en bas à gauche sous le volant ou alors sous un cache au centre du tableau de bord). Cette norme spécifie aussi des protocoles de communication communs et a été adoptée en 1996 aux Etats-Unis pour tous les véhicules neufs.

En Europe, il s'agit de l'EOBD, qui a été instauré en même temps que la norme EURO3 sur les rejets polluants des véhicules. De fait, l'EURO3 implique l'arrivée d'un nouveau voyant sur le tableau de bord des véhicules, le voyant MIL (Malfunction Indicator Lamp, pictogramme représentant un bloc moteur de couleur orange/jaune). Il signale au conducteur un problème sur le système de dépollution du véhicule. Ce standard de diagnostic a été rendu obligatoire pour tous les véhicules essence depuis janvier 2002, pour tous les véhicules diesel depuis janvier 2004 et pour les véhicules utilitaires/GPL à partir de janvier 2007.

L'OBD2 définit 10 modes de diagnostic (consultables sur internet[en]), chacun de ces modes n'est pas forcément supporté par le véhicule. En général, plus le véhicule est récent et plus le nombre de modes supportés est important. Le mode 3, par exemple, retourne les codes défauts enregistrés correspondants aux défaillances détectées pendant l’utilisation du véhicule (stockés dans un ”journal des défauts”). Ces codes ont été standardisés par les normes SAE J2012 et ISO 15031-6 qui contiennent environ 4000 définitions…

L’interface OBD2 permet donc la lecture des DTC (Diagnostic Trouble Codes) standardisés ; grâce au premier chiffre du code, il est possible de déterminer s’il s’agit d’un défaut normalisé ou d’un défaut propre au constructeur. La norme OBD2 impose aux constructeurs une liste de défauts génériques précis, sans être restrictive et un constructeur est autorisé à ajouter des codes supplémentaires afin de faciliter la recherche de panne.

Peuvent donc avoir besoin de se connecter sur cette prise : les centres de contrôle technique, les réparateurs et bien évidemment le constructeur lors de la programmation complète des calculateurs et lors du télécodage  des options du véhicule en fin de chaîne de montage (configuration des paramètres d'un calculateur). Il est important de préciser que seul le constructeur peut avoir un accès TOTAL aux fonctionnalités de cette prise de diagnostic. Ainsi, même les garages de la marque n’ont pas forcément l’ensemble des droits d’accès aux calculateurs du véhicule (limité au diagnostic et au télécodage). Les garages hors réseau constructeur disposent souvent de valises “multimarques” ne remontant que les codes défaut (diagnostic).

Quelles évolutions peut-on attendre quant à l'exploitation de la prise OBD ?

Il y a quelques années, cet accès à des données du véhicule était encore inconnu du grand public. Mais depuis l'arrivée sur le marché d'interfaces de connexions USB, Bluetooth, Wifi à très bas prix et d'applications sur Android/iOS permettant de visualiser sur smartphone des données récupérées de son véhicule, les services autour de l’OBD se sont multipliés...

Aujourd’hui, par exemple, cette connectivité est exploitée par des fabricants tiers qui proposent des boîtiers de télématique permettant à l’automobiliste de consulter sa consommation de carburant, de connaître la puissance moteur, le couple, l’accélération, etc… ou encore de lire et d’effacer certains codes d'erreurs émis par les ECU (Electronic Control Unit). Les paramètres accessibles dépendent des modes de diagnostic autorisés.

Pour clarifier un peu, effacer un code défaut peut sembler une opération risquée, mais cela ne sert à rien si le défaut n’a pas été corrigé car le code réapparaîtra au prochain cycle de roulage du véhicule...

Des acteurs comme les compagnies d'assurances notamment, se mettent aujourd'hui à proposer des contrats avec connexion d’un boîtier sur cette prise. Il est en effet possible via les informations remontées, de constituer un profil de conduite (calme, nerveux, économique) et donc d’après les assurances d'adapter les primes en fonction du type de conduite. L’initiative est louable mais, il y a encore deux-trois ans, voir un boîtier connecté sur la prise OBD d’un véhicule sinistré (ou non d’ailleurs) les faisait bondir ! Un revirement de situation assez soudain.

De part cette offre de service soudaine liée principalement à l’émergence de l’écomobilité, on trouve sur le marché des interfaces de connexion de différentes qualités... Récemment, il a été démontré que certains boîtiers ne sont pas assez sécurisés. Il est possible sur certains véhicules de déclencher des actions à distance via des failles aussi bien du côté du boîtier OBD branché sur le véhicule que du côté du véhicule lui-même. Il faut cependant avoir des connaissances assez poussées dans l'électronique embarquée pour y parvenir et les failles de sécurité sont en général vite corrigées. Mais soyons clair, la plupart des interfaces ne font que remonter des données du véhicule vers l'utilisateur, sans aucun risque pour le véhicule et son conducteur.

C'est un sujet très intéressant, très cadré, d'actualité, souvent méconnu du grand public et même actuellement dans le collimateur du FBI (aspect sensibilisation des risques) ! Quant à la question de son évolution, surfant sur la vague du véhicule connecté, l’exploitation de l’OBD ne va cesser de prendre de l'ampleur, aussi bien pour des applications ludiques que pour des applications liés à la maintenance, à l'éco-conduite, à la gestion de flottes de véhicules, ou encore pour des applications d'alertes automatiques en cas d'accidents.

Et MobBI dans tout ça ? Comment MobBI peut accompagner des entreprises dans le cadre de projets innovants ?

MobBI est une plateforme technologique financée par la région Bretagne, Rennes Métropole et l'état (CPER Innovation 2015-2020). Elle est hébergée à l'Université de Rennes 1 et dispose de moyens matériels et humains au service des entreprises (principalement les PME) pour favoriser et accompagner leurs projets en matière de R&D et d'innovation, et ainsi permettre leur développement économique. Cette structure d'appui peut aussi bien intervenir dans le cadre de projets "individuels" que "collaboratifs" sur deux domaines, mobilité & transports et bâtiments intelligents.

Du conseil, de la veille technologique, de la réalisation d’états de l’art, de la mise au point de démonstrateurs, des projets étudiants, des prestations d’études, l’intégration dans le consortium d’un projet collaboratif, etc… : L’accompagnement des entreprises par la plateforme technologique peut donc prendre plusieurs formes. 

Sur ce sujet de l'OBD, la plateforme peut aussi bien sensibiliser les industriels à la bonne approche de cette "prise magique" que proposer une prestation de contrôles et d'essais sur véhicule Lambda du dongle OBD, s’assurant ainsi que le boîtier ne puisse pas perturber l'électronique embarquée du véhicule. Par contre, la question des failles de sécurité au niveau de l'accès à distance au dongle (services Web, GSM)  découle d'autres domaines non traités par MobBI.

Au-delà des prestations pour les entreprises, la plateforme permet également de tisser des liens entre les instituts de formation et le monde industriel. Cela peut aller de la simple mise en relation des entreprises avec des étudiants pour d'éventuels stages ou contrats de professionnalisation, jusqu'à la participation des étudiants à certains projets d'études proposés par les entreprises. S’ajoute à cela le rôle de formation par l'apprentissage de l'utilisation des équipements et technologies auprès des étudiants (niveaux infra BAC jusqu'à BAC+5).

Vous souhaitez échanger ou solliciter la plateforme MobBI pour un projet ?
Contact :
Jérôme  BLANCHARD jerome.blanchard at univ-rennes1.fr 
www.mobbi.univ-rennes1.fr

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