Produits transformés : des attentes de garanties d'origine et de traçabilité largement exprimées par les consommateurs.

Le 07 mars 2016

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

 

 

Depuis 2002, l’indication du pays d’origine est obligatoire pour la viande bovine crue fraîche (mention du/des pays où les animaux sont nés/élevés/abattus). Pour les autres viandes crues (porc, mouton, volailles…), l’étiquetage mentionnant le pays d’élevage et d’abattage est obligatoire depuis avril 2015.

Concernant l'étiquetage de l'indication de l'origine des viandes dans les produits transformés, les informations sont données, à ce jour, à titre volontaire par les fabricants.

 

 

 

Une étude de l'association de défense des consommateurs révèle que l'origine des produits est encore peu indiquée.

origine viande.pngL'UFC-Que choisir a analysé les étiquetages de 245 aliments de consommation courante à base de viande de bœuf, de porc et de poulet pour 13 grandes marques nationales et sept enseignes de la grande distribution. Publiée le 8 février, cette enquête révèle que l'origine des viandes n'est pas indiquée pour plus d'un produit sur deux (54%) :

  • Dans 74%  des cas pour les produits à base de poulet. Exemple : 62% des nuggets de poulet et 87% des charcuteries de volaille ne portent aucune indication de l'origine.
  • Dans 57% des cas pour les produits à base de porc. Exemple : 92% des sandwiches au jambon et 75% des saucisses de Strasbourg ne portent aucune indication de l'origine.
  • Dans 30% des cas pour les produits à base de bœuf. Exemple : 50% des sauces bolognaises ne portent aucune indication de l'origine (un produit pourtant épinglé pendant le scandale du Horse Gate)


Des marques engagées

Si l'origine de la viande n'est pas une obligation, elle peut être une stratégie marketing : sur les 111 produits qui mentionnent le pays d'origine, 93% des viandes sont d'origine française.

Certaines grandes marques comme Findus, Le Gaulois, Charal, Marie ou Zappeti misent ainsi sur transparence avec 100% de leurs produits à base de viande mentionnant l'origine sur l'étiquette.

Chez Fleury-Michon, 33% des étiquettes seulement précisent l'origine de la viande. Mais le directeur général, Régis Lebrun, a annoncé que la marque allait désormais afficher l'origine de la viande sur tous ses produits.

Du côté des marques de distributeurs, Intermarché a pris les devants avec 84% de ses produits étiquetés. D'autres enseignes comme Carrefour et Système U suivent, mais pour l'instant seulement sur la viande de bœuf.

 

Des tendances fortes : l'origine et la traçabilité font partie des attentes clairement exprimées par les consommateurs.

Une récente étude menée par l'association de consommateurs Familles rurales, auprès de 700 familles, a montré 41% des consommateurs ne se sentent toujours pas mieux informés sur l'origine de la viande qu'ils consomment.

Cette même étude révèle que l’origine a pourtant un impact significatif dans le choix des consommateurs. Ces derniers ont été invités à indiquer quelle importance ils accordaient à plusieurs critères dans leur choix, successivement pour les viandes et les plats préparés.

origine viande

Une étude du Beuc (organisation de consommateurs à l'échelle européenne) - réalisée en 2013 sur plus de 4.000 personnes en France, Autriche, Pologne et Suède – corrobore ces résultats puisqu'elle montrait que 70% des personnes interrogées souhaitaient connaître l'origine des ingrédients contenus dans les produits à base de viande achetés.

origine viande.png

 

En ce début 2016, ce sont trois campagnes distinctes qui demandent plus d’informations sur la viande. Parmi ces campagnes, la FNSEA, UFC Que Choisir, Jeunes Agriculteurs et COOP de France ont lancé une pétition demandant l’adoption d’une réglementation pour rendre obligatoire l’étiquetage de l’origine de la viande pour l’ensemble des viandes fraîches, du lait et des produits transformés. En quelques jours, cette pétition a atteint près de 23 000 signatures en ligne.

 

 

Un meilleur étiquetage permettrait au consommateur de choisir en conscience sa viande. 

Si le risque d'une épidémie de vache folle est aujourd'hui très réduit, d'autres risques sont envisagés, comme celui de développer des formes d'antibiorésistance suite à la consommation de viandes issues d'animaux ayant reçu des antibiotiques (comme dans les élevages en feed lots en Amérique par exemple).

Le Parlement européen doit voter dans les semaines à venir une nouvelle résolution demandant à la Commission d'imposer l'étiquetage...

En attendant, prendre les devants semble être une bonne stratégie si l'on se réfère aux ventes de jambons sans antibiotiques (Brocéliande ou Fleury Michon) ou aux résultats de Findus sur les produits offrant plus de garanties en matière de traçabilité

A lire également

Free-from : ces marques alimentaires qui prônent le "non".

Le 21/02/2017

Portés par les attentes de santé et de naturalité, les produits "sans" continuent de remporter les faveurs des consommateurs. Et les marques se positionnent de manière de plus en plus affirmée sur le segment, revendiquant un "Non" assumé. Illustration par deux exemples : les biscuits apéritifs "Say Yes to No" et les eaux aromatisées "No&More".

Mac Donald en passe de mettre un pied en GMS ?

Le 06/02/2017

Produit phare de la restauration rapide, le burger suscite de plus en plus d’initiatives… Si McDonald’s est longtemps resté leader sur le segment, la concurrence explose, forçant la chaîne de fast food à se réinventer. Place à une belle opération de communication puisque la chaîne annonce la commercialisation de la célèbre sauce du Big Mac.

Désaisonnaliser et rajeunir l'image du gibier.

Le 19/01/2017

Au Québec, Canabec réenchante l'image du gibier… L'entreprise mise d'une part sur l'information en apposant des logos permettant facilement d'identifier l'intensité de goût. D'autre part, le fabricant joue la carte de l'usage avec le développement de gammes dédiées à des plats en vogue.