Visite de l’usine Hénaff : le pâté bien ordonnancé !

Le 13 novembre 2015

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Douze adhérents finistériens de BSC ont eu la chance de visiter l’usine de Pouldreuzic le 24 septembre et de constater que la géographie et les problématiques logistiques ont contribué à écrire l’histoire de cette entreprise emblématique de l’industrie agro-alimentaire bretonne.

C’est en effet pour résoudre des problèmes logistiques que Jean Hénaff a créé la conserverie de légumes de Pouldreuzic en 1907 : il s’agissait d’éviter aux agriculteurs de livrer leurs fruits et légumes à Pont l’Abbé !

Aujourd’hui, l’usine ne produit plus des conserves de légumes, mais des produits appertisés (pâtés en boîte ou en bocal, plats cuisinés), des saucissons et des saucisses fraîches. 227 salariés travaillent pour cette entreprise dirigée par Loïc Hénaff (4è génération).

L’activité de l’entreprise est à 96% tournée vers la France (principalement la GMS, mais aussi la restauration hors domicile, quelques marques de distributeur et la vente directe). Elle est également présente dans 50 pays, et même dans l’espace grâce à la station spatiale internationale !

La stratégie et le développement de l’entreprise sont fondés sur quatre piliers sociétaux forts :

  • la personnalité (être maître de son destin),
  • la haute qualité des produits,
  • la responsabilité environnementale,
  • l’attachement profond au territoire.

 

 

La Supply Chain chez Hénaff : la maîtrise des contraintes

Au cours de la visite, nous avons pu constater que, malgré des bâtiments datant de 1900 (pas simple de faire du FIFO dans ce contexte !), Hénaff se joue des contraintes pour maîtriser ses flux, et garantir des conditions d’hygiène, de traçabilité et de qualité optimales.

Tout cela se fait notamment grâce au travail  en amont de l’équipe de prévisionnistes / ordonnanceurs. Ce sont eux qui proposent et ordonnancent les plans de production, selon quatre horizons : annuel (PIC), mensuel (PDP), hebdomadaire et quotidien et ce, en constante relation avec les ventes et la production.

Les contraintes à combiner pour proposer un programme de fabrication optimal sont multiples :

  • la variété des combinaisons de produits et des emballages aboutit à 300 références de produits finis,
  • les échelles de temps : durée de vie des produits variée, de l’ultra frais à la DLUO longue ; process de fabrication avec un temps de séchage de plus d’un mois externalisé (saucissons) ou un temps de maturation de six semaines (pâté  Hénaff),
  • la diversité des circuits de distribution et des exigences clients : par exemple la production pour les USA exige un délai de prévenance afin que les services vétérinaires puissent être sur le site tout le long du processus,
  • les exigences commerciales : gestion des contrats dates, offres promotionnelles, production pour l’export avec des étiquetages et des exigences produits spécifiques,
  • le process de fabrication : gestion des goulets d’étranglement (doseuses multi lignes), gestion des allergènes,...
  • les exigences économiques : faire bien du premier coup, éviter les ruptures et le sur-stockage, respecter les séries économiques,…
  • le processus lié à la conformité des matières et produits : libération des matières premières par la qualité, gestion de quarantaines,…
  • l’organisation et la gestion des stocks : mixte de stocks déportés et de stocks internes, multitude de références avec des rotations de stock différentes, mélange de stockage de masse et de petite série,…

Une fois le programme de fabrication défini, l’équipe Ordonnancement transmet ses informations à la production. L'Administrateur des ventes et le Service Transport prennent ensuite en charge les commandes et organisent les expéditions. Le transport est également un élément stratégique pour l’entreprise finistérienne, la quasi-totalité des produits étant livrée en FRANCO.

Et là encore, il s’agit de trouver une solution optimale en combinant des contraintes variées :

  • les demandes des clients (commandes fractionnées, réduction des délais, allotis, …),
  • les contraintes liées aux types de produits qui correspondent à 3 rayons différents de la GMS (frais, sec et épicerie),
  • l’augmentation des supports intermédiaires,
  • le surcoût de transport lié à l’éloignement géographique de Pouldreuzic,…

et cela afin de respecter l’engagement de taux de service fixé dans les conditions générales de vente.

Une des réponses à ce « casse-tête » passe par le GIE Chargeurs Pointe de Bretagne créé en 2010 à l’initiative de Jean-Jacques Hénaff. Aujourd’hui 11 entreprises bretonnes mutualisent leurs flux en sec pour livrer ensemble 3 enseignes de la GMS. Une nouvelle étape a été franchie en octobre 2015, avec le développement d'un partenariat avec l'enseigne Carrefour qui livrera la production de 24 industriels bretons vers 32 entrepôts grâce au GIE. 
Et dès 2016, les industriels du GIE devraient commencer à mutualiser des flux en frais.

Cette initiative témoigne bien de l’esprit d’innovation et d’excellence que nous avons pu constater lors de notre visite à Pouldreuzic !

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