VizEat, la "food" touchée par la sharing economy

Le 13 novembre 2015

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Le transport avec Blablacar, l'hébergement avec Airbnb : la consommation collaborative progresse. Le secteur "food" tente de rattraper son retard notamment avec le site internet VizEat, site de partage de repas chez l'habitant. Zoom sur le Airbnb du repas !

La consommation collaborative dans l'alimentaire

Lors de la conférence "Food & Digital" du 14 octobre organisée par CCM Benchmark, les nouvelles pratiques d'économie collaborative développées par le secteur agroalimentaire ont été exposées. Après les témoignages de l'entreprise Au bout du Champ, distributeur de fruits et légumes frais produits et récoltés localement, surfant sur les tendances de locavorisme et de circuit court et de La Belle Assiette, site de réservation en ligne d'un chef à domicile, Jean-Michel PETIT, co-fondateur avec Camille Rumani de la start-up parisienne Vizeat, nous a expliqué son nouveau concept créé en juillet 2014 basé sur la proposition de repas chez l'habitant.

En amont du lancement du projet, les fondateurs ont souhaité conforter leur idée en réalisant une étude de marché sur la food collaborative. Celle-ci a révélé que sept Français sur dix se disent intéressés par un  dîner chez l'habitant et, un Français sur deux se montre même prêt à recevoir. Suite à ces résultats et après des expériences de repas chez l'habitant, les créateurs ont franchi le pas et se sont lancés dans cette nouvelle aventure.

Le site VizEat est une plateforme de repas entre particuliers dont l'objectif premier est de mettre en relation des voyageurs curieux avec des habitants du coin. Aujourd'hui leader européen, ce site compte plus de 6000 hôtes dans 60 pays différents. Il constitue un véritable moyen de partager une expérience autour de la table avec des locaux et de s'immerger dans le pays d'accueil.

Comment ça fonctionne ?

L'habitant, souhaitant devenir hôte, réalise son menu selon ses envies. Celui-ci peut-être thématisé ou non. Il fixe également le prix de sa prestation qui sera soumis à contrôle par la plateforme. Il détermine également la date, l'heure, la durée du repas et le nombre de convives qu'il désire accueillir. Son propre descriptif lui est demandé avec ses motivations et les attentes recherchées dans cette expérience afin de favoriser la proximité. De Paris à Hong Kong en passant par Milan, Rome ou Boston, le voyageur en quête d'un couvert chez l'habitant se rend sur le site, choisit son pays de destination, indique ses différents critères de sélection et réserve en ligne avec paiement sécurisé. Quinze pourcent du montant payé est reversé à l'entreprise Vizeat. Le jour J, l'hôte a pour seule obligation d'être à table avec ses invités afin de partager un bon moment avec des gens du monde entier.

Pour se différencier de la concurrence, VizEat mise sur des partenaires tels que l'Office de tourisme de Paris et l'organisme de promotion de la France à l'étranger, Atout France. Elle parie aussi sur un marché qui "dans cinq ans, sera aussi large que celui actuel de partage de logements et laissera la place à plusieurs acteurs", selon Jean-Michel Petit. L'entreprise s'est également associée avec Airbnb, le 12 novembre dernier pour le Airbnb Open où des milliers de membres d'Airbnb ont été invités à dîner chez les hôtes parisiens de VizEat. 

 

 

Le Airbnb de la fourchette, une forme de concurrence vis à vis de la restauration traditionnelle ?

La société n'interdit pas les professionnels de proposer des repas sur le site mais le fait que les hôtes soient censés être présents autour de la table exclut "toute forme d'industrialisation" selon les fondateurs. Ils soulignent également que l'expérience offerte par Vizeat est complémentaire à celle des restaurants classiques et que ces propositions de food collaborative ne seront pratiquées qu'occasionnellement. Les fondateurs restent persuadés que l'activité ne deviendra pas professionnelle et que, par conséquent, la marge de manoeuvre du législateur sera restreinte.

Pour l'instant, il n'existe pas de cadre juridique spécifique à cette nouvelle activité. Tout est basé sur la confiance. Les hôtes ne sont donc soumis à aucune fiscalité ni aucun contrôle d'hygiène et aucun recours n'est possible pour les convives en cas d'insatisfaction.

L'émergence de ce nouveau modèle économique collaboratif inquiète toutefois la restauration traditionnelle qui voit en ces pratiques une concurrence frontale avec des traitements juridiques et fiscaux discriminants. En attendant une clarification juridique, ces deux modèles économiques devront apprendre à cohabiter dans une économie collaborative en croissance.

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