Les signaux du salon de Francfort 2015

Le 15 octobre 2015

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L’électrique : le tout électrique banalisé sur les stands et la généralisation de l’offre hybride Plug In

Le véhicule tout électrique n’est plus réellement une nouveauté comme aux précédents salons mais se trouve entièrement intégré dans les gammes présentées par les constructeurs. Nissan et BMW ressortent néanmoins avec une mise en scène de la gamme plus marquée du tout électrique, dont le stand e-drive de BMW présentant BMW i3 et la nouvelle i8. Il faut également signaler la deuxième génération de Zoé présentée au salon par Renault avec une nouvelle architecture moteur et une autonomie allongée, annoncée à 240 km.

L’hybride Plug In apparait généralisé à cette édition, notamment chez les spécialistes  allemands. Il ne s’agit plus de prototypes mais d’une vraie offre hybride Plug In, déclinaison de gammes thermiques affichant un avantage net en termes d’émissions. BMW présente pas moins de 5 modèles Hybride Plug In, y compris sur les plus petits modèles avec la série 2, la 225xe. Doté d’une batterie d’une capacité permettant des autonomies annoncées de  40 à 50 km, ces véhicules affichent des émissions parfois inférieures à 50 g, et des consommations en cycle normalisé qui approche les 2 litres : 2,1 l pour BMW 225xe. Les véhicules sont affichés A+ et permettent les meilleurs bonus. Ces véhicules à faible consommation vont permettre aux constructeurs de répondre aux normes contraignantes de réduction des émissions de CO2 des parcs vendus, et notamment du seuil 2020 de 90 grammes.

Il faut enfin noter que malgré la faiblesse du marché actuel, le gouvernement allemand conserve un objectif d’un million de véhicules électrique en 2020, toujours sans incitation directe à l’achat mais avec une nouvelle loi donnant des avantages fiscaux et techniques aux véhicules électriques (possibilité donnée aux collectivités de décider la gratuité des parkings et d’autoriser les couloirs de bus). Le déploiement de bornes en cours et l’offre aujourd’hui large de VE permet de penser que ces objectifs pourraient être atteints.

 

Un stand dédié au GNV

C’est une nouveauté du salon à remarquer et à rapprocher des premiers stands dédiés au véhicule électrique il y quelques années. Le GNV n’est pas une technologie nouvelle, mais le salon révèle un accroissement de l’offre, notamment des constructeurs allemands et une mise en scène de cette technologie sur un espace dédié. L’angle d’attaque est économique avec des couts affichés de 3-4 € les 100 km ainsi que les avantages environnementaux de la technologie et le couplage avec la méthanisation. Il faut aussi remarquer que plusieurs Landers allemands intègrent dans leur programme mobilité le déploiement d’infrastructures de recharge GNV.

 

Des solutions « plug & play » des équipementiers en démonstration sur des véhicules roulants

On connait depuis plusieurs années la conception de modules fonctionnels des équipementiers. On remarque néanmoins une évolution avec des équipementiers comme ZF ou Siemens montrant leur savoir-faire et leurs offres sur des véhicules roulants de leur conception. Ces véhicules sont électriques, roulent, n’ont pas vocation à être commercialisés mais démontrent la facilité d’intégration des modules et la plus grande accessibilité modulaire des architectures tout électriques.

 

Les nouveaux capteurs embarqués : anticiper et non plus s’auto-adapter

Les capteurs embarqués vont permettre d’anticiper la route notamment en matière de sécurité et de confort. ZF montre ainsi à l’occasion du salon plusieurs applications de leurs travaux dans ce domaine : les futurs airbags se déclencheront avant le choc, lorsque le traitement des signaux des capteurs du véhicule indiquera l’imminence d’un choc. ZF travaille ainsi sur un airbag latéral se déployant à l’extérieur du véhicule et protégeant des chocs latéraux. Celui-ci se déclenchera donc avant le choc sur la carrosserie du véhicule. Les pretensionneurs de ceintures auront aussi comme future mission de recentrer le conducteur ou le passager sur leur siège afin d’augmenter l’efficacité des airbags au moment du choc.

Dans le domaine du confort, les capteurs permettront de collecter des données sur la route et de faire évoluer les lois de comportement des amortisseurs qui ne seront donc plus auto-adaptatifs mais anticipatifs.

 

Le véhicule connecté

En marge du salon, sur circuit privé, le salon de Francfort a été l’occasion pour les constructeurs de communiquer sur leur savoir-faire du véhicule autonome en faisant rouler des véhicules sans chauffeur.

Du coté interfaces utilisateurs, les écrans tactiles bien souvent compatibles Apple Car Play et Android Auto se généralisent pour la connexion avec le smart phone, et permettent de personnaliser les véhicules en tenant compte des préférences des conducteurs. Ces écrans augmentent de taille, de qualité et de vitesse d’exécution. R Link 2 de Renault saute ainsi un gap en termes de prestations par rapport à R Link 1.

Mais l’écran tactile n’est pas le seul domaine d’innovation des interfaces avec le conducteur. BMW a montré à l’occasion du salon sa clé intelligente permettant notamment de gérer à distance le parking de son véhicule mais également une interface voix/main/doigts permettant de réaliser des commandes sans contact (sélectionner une radio, augmenter le volume, modifier la climatisation…).

 

Pour la première fois, de l’automobile à la mobilité dans le nouveau hall « New World Mobility »

C’est une nouveauté du salon, sinon la nouveauté 2016 du salon. Le hall « New World Mobility » ne présente aucun véhicule mais est un espace ou se côtoient gros acteurs du numérique et du transport mais aussi start up. On peut citer la présence de la Deutsche Bahn, pas vraiment un acteur automobile mais montrant son positionnement multimodal. Siemens, IBM ou Deutsche Telekom présent lui pour la première fois au salon, présentent leurs outils big data d’agrégation et d’exploitation de données mobilité. 

Coté start up, des solutions numériques de mobilité d’autopartage, de covoiturage, de parking, de géolocalisation, de guidage... mais aussi des acteurs du vélo électrique. Une nouveauté très significative d’une évolution de la valeur, vers non plus l’objet automobile mais l’usage et la mobilité dans les approches multimodales mais surtout la question des données de mobilité et toute l’intelligence que le numérique va leur apporter.

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