L'étiquetage nutritionnel simplifié : quelle approche pour quelle perception de la part des consommateurs ?

Le 17 août 2015

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Selon la loi de Santé Publique en cours d’adoption en France, les produits alimentaires pourront porter un logo en fonction de leur qualité nutritionnelle. Mais la méthode pour définir et qualifier cette qualité nutritionnelle fait actuellement débat...

Le règlement INCO n° 1169/2011 relatif à l’information des consommateurs sur les denrées alimentaires a introduit de nouvelles obligations en matière d’étiquetage. Entré en vigueur le 13 décembre 2011 avec une période transitoire de trois ans, ses dispositions relatives à l’étiquetage des denrées alimentaires préemballées ou non sont donc pleinement obligatoires depuis le 13 décembre 2014, dans tous les États Membres. À compter du 13 décembre 2016, celles ayant trait à la déclaration nutritionnelle seront également obligatoires.

 

Les dispositifs graphiques d’information nutritionnelle.

Le 19 juin 2014, Marisol TOURAINE, Ministre de la santé, s'est montrée favorable à un logo permettant de rendre compréhensible une information sur la qualité nutritionnelle des produits alimentaires, jugée jusqu'ici trop complexe. Cette position a été transcrite dans un article du projet de loi de santé présenté en Conseil des Ministres le 15 octobre 2014 : "Afin de faciliter l’information du consommateur et pour l’aider à choisir en toute connaissance de cause, …, la déclaration nutritionnelle peut être accompagnée d’une présentation ou d’une expression au moyen de graphiques ou symboles au sens de l’article 35 du même règlement."

Un dispositif louable puisqu'il vise à lutter contre l’obésité et les maladies associées à de mauvaises habitudes alimentaires au travers d’une signalétique simplifiée, standardisée et apposée sur l’ensemble des emballages

L’étiquetage nutritionnel simplifié : comment tester son impact sur les achats ?

etiquetage nutri FFASDans ce cadre, le fonds français pour l’alimentation et la santé a décidé de dresser un état des lieux, portant son analyse en priorité sur les représentations graphiques des informations nutritionnelles disponibles. Ceci afin de fournir un éclairage aux décideurs publics, notamment au moment de l’examen du projet de loi de santé.

Le Fonds a :

  • dressé un inventaire des principaux systèmes existants de représentation graphique d’informations nutritionnelles ;
  • analysé chacun des systèmes afin d’en déduire sa portée, autrement dit la nature des informations qu’il fournit au consommateur et celles qu’il ne fournit pas ;
  • tenté de mettre en évidence l’intérêt et les limites des différents systèmes ;
  • porté une appréciation quant à la compatibilité de chacun des systèmes avec les dispositions de l’article 35 du règlement (UE) n°1169/2011 (INCO) du Parlement européen et du Conseil ;
  • formulé des recommandations et souligné certains points méritant une attention particulière lors de l’examen des dispositions figurant dans le projet de loi de santé.

 

Les fruits de ces travaux étaient présentés le 17 juin dernier à l'occasion d'une conférence intitulée "L’étiquetage nutritionnel simplifié : comment tester son impact sur les achats ?"

Programme de la conférence :

  • Les principaux dispositifs graphiques d’information nutritionnelle. Principes, exemples et éléments d’analyse par Véronique Braesco de VAB Nutrition.
    • GDA, ou Guideline Daily Amounts
    • Indications de consommation (exemple des biscuits et gâteaux)
    • Fréquence de consommation (exemple Aquellefréquence de Carrefour)
    • Vinjke / My choice
    • Keyhole
    • Echelle nutritionnelle (Rapport du Professeur Serge Hercberg)
    • Feux tricolores
    • Echelle étoilée (HSR)
    • SAIN et LIM
  • Tests en laboratoires des changements de comportements des acheteurs induits par différents formats d’étiquetage nutritionnel simplifié par Laurent Müller (Inra) et Bernard Ruffieux (ENSGI)
  • Tests en conditions réelles (présentation des projets Vita + et Opticourses).

A télécharger  : la conférence dans son intégralité.

 

Mais le choix de l’étiquetage comme solution pour régler les problèmes de santé publique ne fait pas l'unanimité. Certains plaident pour une approche digitale et numérique.

Pour Antoine Durieux, Président et co-fondateur d’Alkemics, société spécialisée dans le Big Data pour le secteur de la grande consommation, ces dispositions risquent de nuire à la qualité de l’information et à l’orientation du consommateur, constituant une source d’ "embouteillage informationnel". Selon lui, le packaging digital est l’avenir de l’information clients, permettant d'offrir des informations véritablement personnalisées selon les besoins de chaque consommateur. Ce que ne peut offrir un emballage classique.

Mais pour que cette ambition aboutisse, encore faut-il que marques et distributeurs apprennent à collaborer pour homogénéiser une information produits souvent parcellaire et disparate...

 

Pour en savoir plus sur la nutrition santé : Portail Nutrition-Santé "Invest In Bretagne". 

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