Emballages alimentaires connectés au smartphone, une alternative aux DLC ?

Le 19 mai 2015

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Aux Etats-Unis, les chercheurs du MIT (Massachusetts Institute of Technology) ont mis au point un capteur qui peut détecter les gaz émis au cours de la décomposition de la viande. Un moyen plus efficace que la DLC pour savoir si la viande est toujours consommable ou non. A un faible coût, donc peut-être favorable au déploiement du dispositif...

 

 

 

L’industrie est toujours en quête de nouveaux emballages capables d’agir activement sur l’air enveloppant les aliments, de ralentir le processus de dégradation voire, plus récemment, de détecter si l'aliment est consommable ou non.

 

 

L’utilisation du "Smart Packaging" connaît aujourd'hui une croissance continue, contribuant à éviter que des aliments ne partent à la poubelle suivant le seul principe de précaution. Et ceci, alors même que le sujet du gaspillage alimentaire s'invite dans la loi sur la transition énergétique, qui pourrait aboutir sur l'adoption d'une série d'amendements découlant du rapport remis par l'ancien ministre de l'Agroalimentaire, Guillaume Garot, sur le gaspillage alimentaire


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Indicateurs temps-température permettant de détecter si la chaîne du froid a bien été respectée, systèmes de détection de la maturité ou de la fraîcheur du produit emballé, basés sur des encres qui interagissent avec des molécules chimiques de l’aliment (arômes, éthylène ou oxygène...), les initiatives se multiplient… A un coût qui tend à se réduire, rendant les dispositifs plus à même d'être standardisés.

 

Parmi les derniers en date, des capteurs spécifiques pour surveiller la fraîcheur de la viande.

capteurs anti gaspi2Intégré dans les emballages, le capteur développé par les chercheurs du MIT permettrait de savoir si le produit est consommable ou non, grâce au gaz émis par la viande avariée. En effet, une viande en décomposition libère des composés aminiques type putrescine ou cadavérine, détectées par des nanotubes de carbone qui composent les capteurs.

Lorsque ces capteurs détectent les composés liés à la putréfaction, la résistance électrique du dispositif diminue. Les données sont directement envoyées sur le smartphone du consommateur qui pourra ainsi déterminer s’il peut manger son produit.

Les chercheurs ont testé les capteurs sur différents types de viande : porc, poulet, morue, saumon. Leur petite taille leur permet d’être intégrés dans de nombreux emballages alimentaires, à un faible coût de fabrication comparé aux détecteurs actuels, affirme Timothy Swager, professeur de chimie au MIT. De plus, ils nécessiteraient peu d’énergie pour fonctionner et leurs données sont accessibles à tous puisque lues à l’aide d’un simple smartphone.

C'est ce même laboratoire qui a développé au cours des dernières années une série de dispositifs, y compris celui qui détecte la maturité des fruits. Tous fonctionnent sur le même principe : les nanotubes de carbone peuvent être modifiés chimiquement afin de détecter un gaz particulier (amines biogènes pour les viandes, éthylène pour les fruits…), signe d’un aliment avarié.

 

L’emballage intelligent, une révolution contre le gaspillage alimentaire.

capteurs anti gaspi1Lié en partie au manque d’informations, le gaspillage alimentaire est un véritable problème de société. Selon le gouvernement, la France gaspille chaque année plus de 10 millions de tonnes de déchets alimentaires dont une partie encore emballés.

Les nouveaux emballages intelligents pourraient contribuer à améliorer les choses en fournissant des informations de sécurité beaucoup plus précises que les dates d’expiration actuelles. Ces dernières se basent sur le produit mais, étant établies en amont, ne prennent pas en compte les conditions de conservation.

 

Ce nouveau dispositif pourrait-il remplacer les dates de péremption ?

Simples d'utilisation, de petite taille avec une contrainte énergétique très limitée et un faible coût de fabrication, ces capteurs seraient-il en voie de standardisation ?

Peut-être si les entreprises veulent jouer sur leur image de marque…

Peut-être si les consommateurs sont prêts à payer un surplus lié à la garantie de qualité et d'innocuité…

Peut-être si les réglementations viennent soutenir ces technologies et favoriser leur déploiement…

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