Les clés de la réussite de la ville intelligente : 3 questions à Emmanuel FRANCOIS de SBA

Le 04 mai 2015

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Emmanuel François - Smart Building Alliance
La smart city sera ce que le smart building lui permettra de devenir. Certains prérequis sont incontournables pour que la ville intelligente existe à l'horizon 2020. Emmanuel FRANCOIS, président de l'association Smart Building Alliance répond à nos questions sur l'avènement de cet objectif "smart city et bâtiment ready to services".

La SBA, Smart Building Alliance for smart cities est une association loi 1901, qui a vu le jour en 2012. Cette association est constituée par le regroupement d'acteurs industriels, opérateurs, agrégateurs ensembliers du bâtiment, acteurs des TIC, des énergies et des services. Elle a pour but d'organiser les conditions de développement d'une filière industrielle et économique transversale du smart building.

Quelles sont les conditions requises pour parvenir à développer la smart city et l'immeuble "ready to services" ?

"Le constat est clair, et il existe une évidence ! Pour réussir à atteindre l'avènement de la ville intelligente, le bâtiment comporte aujourd'hui un quatrième fluide en plus de l'électricité, l'eau et le gaz, c'est l'internet.

Premier postulat : le bâtiment doit être connecté, c'est-à-dire raccordé à internet de façon obligatoire.

Il est nécessaire que l'immeuble soit structurellement connecté, et de cette façon il peut être piloté, il peut s'effacer pour sa consommation, être suivi à distance ; et les données peuvent aller et venir de l'immeuble.

Les sociétés d'utilities aujourd'hui conçoivent des services pour véhiculer leurs données et restent propriétaires de leurs réseaux d'informations. Elles dépensent des sommes importantes pour raccorder uniquement leurs compteurs.

Si les immeubles sont équipés de façon obligatoire avec des systèmes ouverts et interopérables, la question ne se pose plus et les verrous sautent.

Il faut que les données soient partagées et si l'internet ne suffit pas, ou s'il n'est pas disponible, on peut aussi développer la solution GPRS.

On doit définir les bases pour disposer d'un socle solide qui permette une couverture nationale.

Deuxième postulat : la donnée doit être accessible à l'usager. Il doit pouvoir la prendre chez lui, sans qu'elle soit commercialisée. l'usager est au centre de la réussite de ce projet, il doit être libre d'agir et en capacité de le faire. Ce principe de départ impose que nous sortions de systèmes qui pour le moment fonctionnent en silo.

Tout occupant doit pouvoir disposer de ses compteurs, eau, gaz, électricité, et d'une box qui lui donnent la possibilité de récupérer en temps réel ses données, et de manière individualisée. Il ne doit pas attendre un mois pour constater une fuite ou influer sur sa consommation électrique.

Il doit pouvoir connaître et agir en temps réel, pour cela il faut qu'il dispose d'outils interactifs, ouverts, et conçus pour une utilisation intuitive."

Pourquoi les acteurs doivent-ils penser de façon collaborative et ne pas avoir peur de partager leurs produits ?

"Il ne faut pas craindre de partager la donnée, car elle peut être sécurisée et "anonymée". Ensuite elles peuvent être compilées sans distorsion de l'anonymat". C'est aussi à cela que sert la conception et l'utilisation d'un big data sécurisé.

Troisième postulat : les capteurs interopérables sont aussi un élément clé de ce bâtiment intelligent et jouent un rôle nouveau dans la mesure. Ils peuvent fournir une information autre que les simples niveaux de consommation. Ils peuvent détecter la présence des individus dans un logement, le degré d'humidité d'une pièce...

Par exemple, on peut constater qu'une porte ne s'est pas ouverte depuis une durée qui dépasse un délai acceptable, installer des alarmes, et prévenir des services de santé, dans le cas de personnes âgées ou dépendantes. L'information envoyée n'a rien à voir avec la mesure de la consommation d'énergie, mais elle est capitale pour des services humanisés d'aide à la personne et d'hospitalisation à domicile.

On peut également constater le degré d'humidité dans un logement et en déduire que les personnes ne se chauffent pas, ou pas assez.

Le smart building peut offrir de multiples applications et actions.

Quels sont les acteurs qui peuvent impulser cette dynamique ?

Le travail collaboratif de l'ensemble des acteurs évoqués un plus tôt, permet de développer des services plus que des produits et l'interopérabilité des systèmes.

Le secteur du bâtiment et du monde informatique doivent s'emparer de ce sujet et appuyer des projets de loi sur la connectivité et l'interopérabilité des systèmes.

Si les immeubles sont équipés de façon obligatoire de systèmes ouverts et interopérables, cette conception peut induire la création d'une multitude de services et générer des initiatives de services.

Le concept du "building as a service" est très vaste et peut être un moteur de création de richesses économiques considérable.

Les collectivités peuvent avoir un important rôle de moteur dans cette smart city en tant que partenaire de cette demande de smart building et de smart city pour son territoire.

En générant cette dynamique, on peut favoriser l'émergence de services et d'innovations qui vont servir l'ensemble des usagers.

Etre pionnier dans cette réalisation du "Ready To Service" est une opportunité économique offerte par la transition numérique."

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