Baisse du coût du pétrole : l'accalmie avant la tempête

Le 01 avril 2015

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La baisse du coût du pétrole n’est qu’une méprise sur une réalité : la fin du modèle économique « tout pétrole ». Les entreprises ont tout intérêt à profiter de cette accalmie pour anticiper ce changement de modèle.

La chute du prix de l’or noir ne peut être contestée, elle est bien réelle, mais pour autant elle ne peut faire croire à une embellie économique. Il est préférable de profiter de cette parenthèse pour confirmer le changement de modèle économique.

Pourquoi le cours et le coût du pétrole baissent-ils ? Et pourquoi vont-ils remonter ?

Cette baisse du prix du pétrole trouve son explication dans plusieurs explications :

  • L’exploitation du pétrole issu du gaz de schiste et
  • La concurrence exacerbée que se livre les producteurs et les industriels de la filière.

En tête des pays producteurs de pétrole brut se trouvent la Russie et l’Arabie Saoudite, puis l’Irak, l’Afrique de l’Ouest, le Brésil, le Canada et les États-Unis.

Cette chute des cours pourrait encore tenir deux années environ,  notamment parce que l’Arabie saoudite dispose de réserves suffisantes pour ne pas diminuer son offre et n’envisage pas de le faire, de peur de céder la place aux autres pays concurrents.

Les prévisions à court terme se profilent entre 50 à 90 $

Le coût de l’extraction du pétrole entre en ligne de compte dans cette guerre économique également. Il est faible en Arabie Saoudite pour l’extraction d’un pétrole conventionnel, tandis qu'il augmente pour le pétrole non conventionnel.

On constate récemment que l’industrie pétrolière que l’on croyait hors d’atteinte, peine à trouver des sources de financements pour ses investissements et, entre la chute des cours en bourse pour les entreprises de ce secteur, et la hausse des intérêts des prêts à risques, c’est toute la filière qui va mal.

En parallèle, les études montrent que la demande en pétrole n’est pas plus forte et le pic pétrolier ne fait que reculer de quelques mois.

Même si le pétrole reste la principale composante de la consommation finale  mondiale d’énergie avec 41% en 2012 (CGDD chiffres clés de l’énergie édition 2014). Ce chiffre est néanmoins en recul de près de sept points depuis 1972.  En quarante ans le charbon recule aussi de 14% à 10%. Tandis que l’électricité progresse fortement  et le gaz également mais dans une moindre mesure.

Cette visualisation de la crise de la filière pétrolière  permet d’étayer  l’idée que cette phase de baisse n’est que l’accalmie avant la tempête.

L’urgence de se passer du pétrole est bien réelle  et l’exemple du pétrole met en exergue la difficulté de continuer sur ce modèle économique.

La consommation de pétrole et des autres énergies fossiles a engendré les conséquences que nous connaissons sur l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre, l’appauvrissement des richesses naturelles, la disparition de certaines d'entre elles, l'amplification des problèmes liés au réchauffement climatique et l'accroissement des problèmes sanitaires.

Envisager l’avenir : se préparer à la hausse et adopter les ruptures de modèles

L’état des lieux semble incontestable et à présent plusieurs scénarii sont proposés pour trouver des remèdes à tous ces maux, mais peu  ou prou, les solutions passent par  le développement de nouveaux marchés. Les "pures-players" des éco-activités y voient des opportunités de marchés à développer. Quant aux utilisateurs, entreprises ou consommateurs, ils sont en quête de sobriété, d'efficacité et de solutions innovantes pour remplacer les modèles existants.

L’adoption de la « doctrine » de sobriété énergétique.


La sobriété est le maître mot de la transition énergétique, elle devient la préoccupation de tous les acteurs économiques  avec  cependant de nombreuses réflexions et questions se posent sur les limites à cette recherche de sobriété.

Une première étape de la sobriété économique nous permet cependant d’envisager des utilisations les plus sobres en énergie, sans entrer dans le débat de la limitation de la consommation d’énergie.

Il s’agit d’adopter des actions de sobriété dans nos usages pour limiter la consommation d’énergie et éviter les gaspillages.

L’adoption d’actions d’efficacité et de stockage, le développement des réseaux intelligents.


L’efficacité énergétique passe par l’optimisation,  la réutilisation et le stockage. On peut illustrer ces axes au travers des progrès qui sont réalisés sur les véhicules, dans l’habitat, dans les process industriels et technologiques,  sur les territoires avec l’intelligence des smarts-cities , et dans toutes les innovations de stockage qui se déploient actuellement.

Augmenter de la part de l'énergie décarbonnée


L’Union Européenne s’est fixé l’objectif de 20% de sa consommation d’énergie par les énergies renouvelables à l’horizon 2020. La France a décidé d’atteindre les 23% et sa production nationale d’énergie primaire s’est redressée et elle a même dépassé le record de 2011 sous l’effet des énergies renouvelables.

L’électricité devrait en 2020 être produite par l’éolien et le solaire photovoltaïque pour 40% selon le Plan National d’Action.

Adopter les changements de modèles économiques et financiers :


Nous avons évoqué les surcoûts de ces innovations technologiques pour produire notre énergie différemment, et les difficultés à mobiliser du financement à haut risques pour les entreprises. Des modèles financiers émergent pour éviter ces chausse-trappes.

De nouveaux modèles financiers voient le jour tels que :  le crowfunding, les certificats d'économies d'énergie, le compte-épargne Co², les montages financiers de type tiers-financement et tiers-investissement, le développement des subventions aux innovations.

La solution des nouveaux modèles économiques : économie circulaire, économie de fonctionnalité, économie collaborative.

La transition énergétique  trouvera ses réponses en s’appuyant sur tous ces leviers à la fois avec toutes les incertitudes qui existent dans les grandes ruptures économiques.


Crédits

#76582989 - Businessman Preparing to Catch a Boomerang © corbis_micro

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