Uber : la course au déploiement

Le 25 février 2015

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La société californienne de Véhicules de Tourisme avec Chauffeurs poursuit son expansion. Uber porte une nouvelle levée de fonds de 2.8 milliards de dollars, soit un milliard de plus que le montant prévu initialement. Depuis sa création, l’entreprise a déjà collecté près de 5 milliards de dollars d’investissements, des investissements qui confirment ses ambitions mondiales. Présent à travers 54 pays, Uber déploie ses services et continue de tester de nouveaux modèles. La dernière levée de fonds de la société affiche des objectifs d’expansion internationale et de renforcement d’UberPOOL, son service de partage de trajets entre particuliers. 

 

La bataille du taxi collectif

Le service UberPOOL permet aux usagers de partager un trajet afin d’en diviser le prix. Les particuliers désirant se rendre à un lieu précis peuvent par ce biais intégrer un équipage déjà en route vers une destination proche. Le service s’adosse à UberPop, reposant sur des conducteurs particuliers. Lyft, concurrent historique d’Uber sur le territoire américain, a enclenché une guerre des prix avec son service analogue, Lyft Line. Pour un montant de 2.25 dollars (équivalent au prix d’un ticket de transport en commun de la ville), les habitants de San Francisco peuvent désormais utiliser le service Lyft Line. L’annonce de cette baisse de prix pour un montant symbolique a été réalisée par Lyft au lendemain de l’annonce d’Uber de fixer un tarif unique à 5 dollars avec UberPOOL. Afin de conserver sa base forte de conducteurs, chacune des sociétés participe à cette baisse des tarifs sans rogner pour autant sur les commissions versées aux conducteurs. L’issue du combat en cours entre Lyft et Uber devrait reposer sur leurs capacités respectives à absorber les pertes. Les gigantesques levées de fonds d’Uber pourraient ainsi jouer en sa faveur.

 

Le service UberPop interdit par le gouvernement français

Depuis le début d’année, l’utilisation par un automobiliste de l’application UberPop est considérée comme verbalisable. Ce service permet la mise en relation de passagers potentiels et d’automobilistes particuliers. De cette manière, ces chauffeurs non professionnels peuvent réaliser des trajets facturés aux passagers sur le modèle d’une course de taxi. Sous la pression des taxis, le gouvernement français a décidé d’interdire UberPop à partir du 1er janvier 2015.
Depuis cette date, plus d’une centaine d’automobilistes ont été verbalisés à Paris. De nombreuses opérations de contrôle ont eu lieu afin de faire respecter la loi sur les taxis et les VTC promulguée le 2 octobre 2014. L’entreprise américaine se défend depuis cette date et a depuis déposé deux plaintes contre la loi française auprès de la Commission Européenne à Bruxelles.

 

Expérimenter pour avancer

Les services lancés par Uber sont toujours plus nombreux. À la fois aux Etats-Unis et à l’étranger, les expérimentations de la marque touchent à tous les secteurs à partir de la réflexion de son fondateur Travis Kalamick, « Quand vous pouvez livrer une voiture en cinq minutes, il y a beaucoup de choses que vous pouvez livrer en cinq minutes ». Ainsi, UberEATS a été inauguré à Barcelone. Lancé quelques jours avant le Mobile World Congress, ce service de livraison de repas de restaurants partenaires en moins de 10 minutes pourra satisfaire certains habitants de la ville et quelques visiteurs influents.
À New York, UberRush propose un service de coursier, à Los Angeles, UberFresh livre des repas ou encore à Washington où le service UberESSENTIALS promet la livraison de produits d’épicerie qui peuvent être utiles dans les 10 minutes qui suivent la commande… Au-delà de ces tests grandeur nature, Uber poursuit l’évolution de son offre en intégrant désormais la possibilité aux entreprises de payer les déplacements professionnels de leurs employés. Des expérimentations qui soutiennent la puissance de la société et son ambition de se positionner sur un grand nombre de marchés à fort potentiel.

 

Un futur sans chauffeur ?

Toujours selon Travis Kalamick, l’objectif de la société est de pouvoir rivaliser avec le coût de posséder une voiture. Le service Uber repose sur le nombre et la fiabilité de ses conducteurs. Une des pistes avancées par le fondateur est l’évolution vers la voiture autonome. Admettant un prix du service dépendant de la présence d’une autre personne dans la voiture, M. Kalanick laissait entendre que si cela n’était plus le cas, Uber deviendrait moins cher que de posséder un véhicule. Cet enjeu est intégré par la société qui a récemment officialisé un partenariat avec un laboratoire de recherche spécialisé en robotique et technologies autonomes. Les axes de recherches définis sont la cartographie, la sécurité et les technologies autonomes. L’entreprise poursuit son évolution avec cette volonté de révolutionner la mobilité urbaine.

 

Entre méthodes douteuses et gigantesques levées de fonds, Uber fait beaucoup parler. Certains pays comme la France, l’Allemagne ou les Pays-Bas ont interdit le service UberPop, certains même, comme en Inde ont totalement interdit Uber à New Delhi suite à un viol commis par un chauffeur. La société est confrontée à de nombreuses réticences et continue à susciter la polémique. Suite aux récentes levées de fonds, l’expansion internationale d’Uber se poursuit avec pour cible principale l’Asie avec la Chine et l’Inde. Avec sa puissance grandissante, Uber semble difficile à stopper dans son ambition d’imposer son modèle et ses prix à travers le monde.

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