Les QR-Codes ont le pouvoir de faire parler les emballages. Mais ont-ils le pouvoir de séduire les consommateurs ?

Le 31 janvier 2015

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Déferlante des smartphones et quantité croissante d’informations sur les étiquettes constituent une double opportunité pour les QR-Codes. Pourtant ils ne semblent pas remporter le succès escompté. Comment rendre au QR-Code son utilité ? Et s'il devenait invisible ?

 

 

Le 20 novembre dernier le Fond Français pour l’Alimentation et la Santé organisait un colloque autour de la dématérialisation de l’information, une tendance qui va en s’accentuant.  

 

 

 

Sur des marchés alimentaires saturés, les industriels doivent sans cesse mettre en avant de nouveaux avantages pour séduire des consommateurs très exigeants en matière d’information et de protection. D’où une quantité croissante de données à afficher, s’ajoutant aux mentions obligatoires, face à des consommateurs qui ne comprennent pas forcément les informations transmises, sur des étiquettes dont la taille ne peut pas augmenter.

La dématérialisation de l’information, permise par l’explosion d’internet et des smartphones, apparaîtrait comme une bonne alternative…

 

Des QR-Code comme solution ?

QR code2Les QR-Codes (pour « quick response ») offrent une passerelle entre le monde physique et le numérique. Ces codes qui, une fois scannés, renvoient à une page Web ou à des données, ont envahi notre environnement.

Leur potentiel marchand est important, puisqu’ils renversent la réception passive des informations commerciales en vigueur depuis plus d’un siècle en lui substituant un modèle actif, où c’est le consommateur lui-même qui se trouve invité à aller à la rencontre de ces informations.

Les shoppers en quête de transparence sont dès lors capables, grâce à un simple scan, d'obtenir plus d'informations sur les produits : d'où viennent-ils, que contiennent-ils, comment s'en sert-on ?

Cependant ces codes ne bénéficient pas (pas encore ?) du succès escompté auprès des consommateurs

 

Les consommateurs prêts à flasher ?

Scanner un QR-Code est-il devenu un réflexe pour les Français? Tout dépend de l'enquête considérée...

  • Fin 2011, 89 % des personnes sondées par TNS Sofres déclaraient avoir déjà vu un flashcode. 42 % des répondants disaient en avoir déjà utilisé. 72 % les jugeaient utiles pour obtenir des informations sur les produits (origine, recettes, promotions).
  • Selon une autre enquête, publiée par KPMG en mars 2012, seuls 15 % des Français ont déjà scanné un QR-Code en magasin...

 

Oui aux QR-Codes, si les annonceurs les utilisent correctement.

Pour que le système fonctionne, encore faut-il que le consommateur ait un intérêt à flasher les codes sur les emballages. En s’engouffrant trop rapidement dans la tendance du QR-Code, les entreprises en ont oublié de s’interroger sur ses réelles capacités et son intégration dans une stratégie de communication. Et aujourd’hui peu d’annonceurs l’utilisent correctement :

  • liens se contentant seulement de renvoyer l’utilisateur vers la page d’accueil d’un site internet.
  • liens devenus obsolètes,
  • liens menant à des publicités du produit,
  • lien renvoyant à un site internet absolument pas prévu pour la navigation sur smartphone.

L’outil, supposé relier astucieusement la réalité au monde digital, se transforme alors en gadget inutile.

 

Communication à destination des consommateurs : les perspectives ouvertes par la réalité augmentée et l’impression filigranée selon Wipak.

QR code1

A l’occasion d’Interpack, Wipak, fabricant finlandais de films souples, a présenté sa barquette Scan Me qui intègre un QR-Code invisible, dans l’idée de limiter la pollution visuelle des emballages. Associé à une application pour smartphones et tablettes, l’outil transforme un graphisme en création en trois dimensions. Il intègre des codes sous forme de points invisibles et infalsifiables dans l’image, offrant aux industriels « une totale liberté dans le graphisme, ce que les codes à barres ou 2D ne permettent pas », affirme Bernard Petit, responsable Pack Design de Wipak pour l’Europe du Sud.

 

L’application fournit diverses informations techniques (nutritionnelles, origine, DLC restante, …) ou commerciales (promotions, jeux…) au travers de vidéos, de modélisations 3D, de messages audio, d’images ou de textes. Le procédé représente une façon de communiquer à la fois plus esthétique, plus ludique et interactive qui pourrait tout autant « faire sortir un petit bonhomme en réalité augmentée pour venir parler au consommateur », explique-t-on chez Wipak. Un beau challenge, face à des consommateurs qui n’ont pas encore pris le pli de flasher les codes visibles.

 

Pour réussir avec succès la dématérialisation de l’information, pour bien utiliser le QR-Code dans ses campagnes marketing, il est donc essentiel de s'intéresser aux attentes des consommateurs lorsqu'ils le flashent. Aux marques et aux enseignes de proposer une véritable expérience engageante à leurs clients, sans se précipiter cette fois, pour qu’en plus d’apporter une touche de modernité à la stratégie marketing, les QR-Codes apportent une réelle valeur ajoutée à la marque. Et peut être qu’alors, même invisibles, ils remporteront tous les suffrages !

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