Filière viande : décembre 2014, le mois du changement.

Le 27 janvier 2015

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
La fin d'année 2014 a été marquée par l'entrée en vigueur du nouveau système d’étiquetage dans l’Union européenne. En prime pour la filière viande, de nouvelles dénominations et une généralisation de l’étiquetage de l’origine prévue au printemps. Pas simple au regard du constat de la DGCCRF concernant l'application actuelle sur la viande de bœuf.

Le règlement sur l’information des consommateurs n°1169/2011 est entré en application le 13 décembre.

Le règlement INCO exige une mise en conformité des emballages, mais aussi des sites de vente à distance (drive, e-commerce) :

  • Les modifications de ce règlement ont contraint les professionnels à la refonte de l’ensemble des packagings destinés au marché européen.
  • Sur les réseaux de vente à distance, en pleine expansion, toutes les informations obligatoires doivent dorénavant figurer sur l’emballage en ligne (à l’exception du numéro de lot et de la DLC/DLUO).

 

Règlement INCO, tour d’horizon de ce qui a changé pour les produits alimentaires en général :

  • Les informations obligatoires sont plus lisibles puisque la taille de police minimale est désormais un peu plus grande.
  • Les substances provoquant des allergies ou des intolérances sont désormais mis en évidence grâce à la taille de caractères, au style ou à la couleur de fond dans la liste des ingrédients des denrées alimentaires préemballées.
  • Les allergènes contenus dans les aliments non préemballés, y compris dans les boulangeries, traiteurs, restaurants et cafés, doivent être communiqués au consommateur.
  • Les exigences en matière d'étiquetage et d’informations à fournir au consommateur sont maintenant identiques quelque soit le mode de vente (en ligne, à distance ou en magasin).
  • Les ingrédients présents sous forme de nano-particules sont désormais accompagnés de la mention « nano » placée entre crochets ([nano]).
  • L’origine végétale (olive, palme, tournesol, colza...) des huiles et graisses raffinées est communiquée.
  • Les règles visant à empêcher les pratiques trompeuses sont renforcées. Par exemple, l’utilisation d’ingrédients de substitution pour les succédanés alimentaires comme les « faux fromages »... doit être clairement signalée.
  • Un étiquetage plus complet des produits de la pêche et de l’aquaculture est prévu dans le cadre de la nouvelle Politique commune de pêche.
  • Concernant l’étiquetage nutritionnel, il ne sera obligatoire qu’en décembre 2016.

 

La refonte des dénominations des viandes concomitante avec l’entrée en vigueur d’INCO.

Depuis le 13 décembre, les dénominations de vente des morceaux de viande bovine ont été modifiées pour privilégier l’information pratique.

Ce nouvel étiquetage se base sur trois mentions : le nom du morceau, le potentiel de qualité et le mode de cuisson.

  • Les morceaux les moins connus (tendes de tranche, la semelle, le rond de gîte ou poire) sont rassemblés sous des termes plus génériques tels :
    • steak,
    • rôti,
    • bourguignon ou pot-au-feu,
    • escalope,
    • tranche ou pavé.
    • Les morceaux bien identifiés comme le filet, le faux-filet, le rumsteck, l’entrecôte, la côte ou le gigot, continuent eux d’apparaître sous leur nom usuel.
  • Les étiquettes indiquent désormais s’il s’agit de viande à rôtir, à bouillir ou à griller.
  • Un système d’étoiles indique la tendreté des morceaux à griller ou rôtir et le moelleux des morceaux à mijoter.

reglem dec2014bis

Ces nouvelles dénominations ne concernent que le rayon libre-service, qui représente environ 70 % des ventes de viande d’un hyper et 50 % des ventes d’un supermarché.

 

Quid de l’origine des viandes ? Il faudra attendre le printemps pour connaître, comme c'est déjà le cas pour le bœuf, l’origine des viandes de porc, mouton, chèvre et volaille vendues fraiches ou congelées.

Fruit d’un compromis difficile entre les états membres et compliqué à mettre en œuvre pour les industriels, le règlement UE 1337-2013 va prendre effet au 1er avril 2015 : les professionnels européens devront étiqueter leurs barquettes de viande des « pays d’élevage » et « d’abattage » des porcs, ovins, caprins et de la volaille. Actuellement, il n’y a d’obligation que sur la viande de bœuf.

Quand les viandes proviendront d’animaux nés, élevés et abattus dans le même pays, la mention « origine » associée au nom du pays pourra être étiquetée.

Par contre, les logos « viande porcine française » et « viande ovine française » ne pourront se substituer aux mentions obligatoires. Elles devront être apposées en complément sur les étiquettes.

La plus grande difficulté à laquelle sont confrontés les professionnels est celle de la détermination du pays d’élevage, lorsque la viande n’est pas issue d’un animal né et élevé dans le même pays. Pour les porcs, par exemple, les règles applicables à l’établissement du pays d’élevage sont différentes selon que le porc est âgé de plus de 6 mois ou moins de 6 mois. De plus, lorsque le porc est âgé de moins de 6 mois, les règles diffèrent également selon que le poids vif du cochon (supérieur ou inférieur à 80 kg).

(Source : L'Actu n°44 - SNIV SNCP) 

En attendant la généralisation de l’étiquetage des viandes, est-ce correctement appliqué pour les viandes bovines en restauration et distribution ?

A la veille de la généralisation aux viandes porcines, caprines, ovines et de volaille, la DGCCRF a mené une enquête portant sur 5461 contrôles concernant la viande de boeuf :

  • Un tiers des contrôles portait sur des restaurants. La règlementation française, par décret du 17 décembre 2002, oblige les restaurateurs à informer le consommateur de l’origine des viandes bovines qu’ils utilisent. En restauration, la DGCCRF a noté un « scepticisme des restaurateurs sur l’intérêt des clients pour l’origine du bœuf » qui s’est traduit par un avertissement dans un tiers des contrôles et un procès-verbal dans 2,8 % des cas, soit 25 % des avertissements distribués.
  • reglem dec2014terLes autres contrôles portaient sur des GMS, des ventes directes, des ateliers de découpe ou des grossistes. La DGCCRF a pu relever « une réticence en distribution et en boucherie à afficher l’origine étrangère des viandes ainsi qu’une formation insuffisante aux logiciels de traçabilité ». Ainsi, sur les viandes non préemballées, 27 % des bouchers et 12,6 % des GMS contrôlées n’affichaient pas l’origine. Ils notent également que l’indication de l’âge du veau -autre mention obligatoire- est rarement indiquée. Enfin, concernant la dénomination des morceaux, la DGCCRF note que « les muscles comme la tranche, les abats de veau et le remplacement de dénominations par la destination culinaire (osso bucco, bourguignon…) appelle une vigilance particulière. »

 

L’application du règlement est donc aujourd’hui belle et bien lancée. Alertée par les différentes organisations professionnelles sur les difficultés rencontrées, la DGCCRF a indiqué qu’elle envisageait un accompagnement pédagogique pour la mise en œuvre de ce règlement et évitera un contrôle répressif sur les premiers mois de 2015...

A lire également

L'identité bretonne : entre le bio, le mélange des genres, le fun et décalé…

Le 06/12/2016

La Bretagne est particulièrement dynamique en matière d'innovation agroalimentaire et demeure une véritable vitrine internationale. En misant sur la naturalité, le terroir, les entreprises "made in Bretagne" répondent aux attentes évolutives et montrent le dynamisme du secteur en matière d’innovation et d’adaptation.

Tendances alimentaires émergentes à l’horizon 2030

Le 30/11/2016

Publiée par AlimAvenir avec Futuribles, l’étude Vigie Alimentation 2016-2017 vient de paraître. Elle analyse 10 principales tendances alimentaires et les projette à horizon 2030. Auront-elles modifié la chaîne alimentaire ? Cette étude est le fruit d’un croisement de données et de visions d’experts. Retour sur ces dernières…

Les tendances Food & Drink 2017 selon la société d'études de marché Mintel.

Le 29/11/2016

Mintel, société d'études de marché et gestionnaire de GNPD, base de données mondiale de l'innovation, dévoile ses prédictions pour 2017 en matière de tendances alimentaires. Jenny Zegler, Global Food & Drink Analyst, propose une vision à l'échelle mondiale qui repose sur des attentes fortes en matière de santé, de praticité et de confiance.