Management du Risque : la rupture de la chaîne logistique toujours en tête des préoccupations des entreprises

Le 27 janvier 2015

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L’assureur allemand Allianz vient de publier son baromètre des risques 2015, résultat d’une enquête menée dans 47 pays auprès de gestionnaires du risque et d’experts en assurance. Pour la troisième année consécutive, la perte d’exploitation et l’interruption de la chaîne logistique constituent le risque principal du baromètre pour près de la moitié des réponses (46%), un chiffre qui a augmenté de 3% par rapport à l’année 2014.

Les flux de l’entreprise sont de plus en plus externalisés et mondialisés ; c'est le parcours du combattant pour maîtriser sa supply chain tant les maillons se multiplient et s'allongent !

Un maillon défaillant provoque inexorablement un effet immédiat sur les autres maillons de la chaîne logistique et impacte directement l’entreprise jusqu’à un potentiel risque d’interruption de son activité.

Un risque de catastrophe naturelle, comme le séisme au Japon en 2011, a paralysé le pays et provoqué un arrêt en chaîne des sites de production des secteurs automobile, électronique et chimique dans le monde entier suite à des ruptures d’approvisionnement en produits japonais. Il en est de même pour PSA qui a été contraint de fermer ses usines une semaine suite une rupture de visserie sur sa ligne de production, liée à une défaillance informatique de son fournisseur italien combinée à une restructuration interne. Une rupture d’approvisionnement qui coûte cher…

Côté client, l’embargo russe bloque les exportations de nos produits agricoles et agroalimentaires et provoque une rupture de notre chaîne de distribution qui peut être fatale comme la faillite de l’abattoir AIM.

Ces exemples illustrent comment un événement prévu ou imprévu chez vous, chez vos fournisseurs, chez vos clients sont autant de risques potentiels de défaillance de votre chaîne logistique.

Et chaque rupture vous coûte directement sans compter les conséquences parfois indirectes auprès de vos propres fournisseurs (perte de chiffre d'affaire, défaillance financière) et de vos clients (image de marque, réputation).

 

Et en 2015, quels risques majeurs ?

  

Une instabilité géopolitique

 

Nous allons continuer à subir des tensions liées à l'instabilité politique et économique de certains pays (Ukraine, Russie, Venezuela, Nigéria, Moyen Orient, Chine) qui risquent de provoquer un déséquilibre mondial sur les relations commerciales.

Par exemple, les campagnes anti-corruption en Chine ou en Afrique ainsi que les luttes anti-terroristes conduisent inéluctablement à des tensions politiques qui impactent directement vos relations commerciales clients/fournisseurs.

Mais comment faire face quand nous sommes dépendants de certains pays du fait de la concentration de certaines matières et produits (90% du marché des terres rares en Chine, 90% des résines BT pour les cartes électroniques produites au Japon) et du protectionnisme environnant (taxes antidumping, embargo) ?

  

La poursuite de la transition numérique

 

Vous utilisez de plus en plus les outils numériques et objets connectés qui vous facilitent votre quotidien et vous aident à mieux communiquer, recevoir instantanément les informations, assurer la traçabilité et l'accélération de vos flux. Mais, maitrisez-vous toujours ces nouveaux usages tant sur la fiabilité, la sécurité que la confidentialité des données ?

Il en résulte un potentiel de failles dans le système qui vous rend vulnérable et peut perturber le bon fonctionnement de votre chaîne logistique (panne informatique, piratage, virus).

Le risque zéro n’existe pas ; l’appréhender, c’est agir et sortir rapidement de l’impasse. La supply chain se doit d’anticiper et de gérer ces risques : elle doit être agile, flexible et réactive !

 

Comment faire face ?

L’interdépendance de l’entreprise avec un grand nombre d’acteurs dans un espace mondialisé et interconnecté rend difficile la maîtrise de la supply chain. Les aléas et les éléments perturbateurs sont difficilement mesurables.

La complexité et la fragilité croissantes de la supply chain avec ses flux qui se multiplient (multicanal) et s’allongent (faible visibilité sur leur supply chain au-delà des fournisseurs de Rang 1).

Cependant, quelques grands principes fondateurs peuvent être mis en place :

  • Intégrer la gestion des risques dans le management de votre supply chain
  • Identifier les maillons faibles de la chaîne logistique en établissant une carte logistique des produits, acteurs et pays sensibles, évaluer leur criticité et mesurer l’impact sur votre activité
  • Construire les scénarii, les solutions de repli, les actions préventives et correctives nécessaires et réactualiser au fil de l’eau
  • Sécuriser au maximum en amont (contrat, assurance, substitution)
  • Construire une politique de veille, capter les signaux faibles, les partager
  • Piloter et animer la gestion des risques

Derniers conseils pour un meilleur pilotage des risques, il ne faut pas oublier de :

  • vous appuyer sur les ressources internes de votre entreprise pour mener à bien cette gestion des risques (les acheteurs pour la mesure des risques fournisseurs, la DSI pour la sécurité électronique) mais aussi sur les ressources externes (les assureurs et courtiers, l'ANSSI pour le risque informatique)
  • encourager la collaboration transversale et utiliser des outils partagés
  • se souvenir que le principal risque est celui qu’on ne voit pas venir…alors maîtrisez votre écosystème et soyez attentif à votre environnement !
Crédits

© frank peters - Fotolia.com

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