Chiffres et transformations du marché automobile européen et français

Le 20 janvier 2015

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Un marché européen qui reste bas

Malgré une progression en 2014, le marché européen reste à un niveau bas : 12,5 millions de véhicules vendus en 2014, soit 3 millions de moins que son niveau d'avant crise, l'équivalent des volumes atteints en 1996. Le cabinet PWC prévoit que l’Europe retrouve son niveau d’avant crise en 2020, avec une croissance annuelle de l’ordre de 5%. Mais le CECRA (Organisation européenne des concessionnaires automobile) ne prévoit pour l’Europe en 2015 qu’une croissance de l'ordre de 1%. Les incertitudes sur la capacité du marché européen à retrouver son niveau d'avant crise sont donc encore très fortes.

Il faut noter qu'au-delà de l’Europe, les Etats-Unis ont retrouvé en 2015 leur volume de marché d’avant la crise avec 16,5 millions de véhicules vendus. Le premier marché reste le marché chinois avec 19,7 millions de ventes; celui-ci connait néanmoins une croissance moins forte en 2014 (10% contre 16% en 2013).

 

Toujours une tendance à la descente en gamme

En termes de segmentation, les petits véhicules poursuivent leur croissance dans le mix de produits vendus par les constructeurs. Cela inclut les petits SUV (type Peugeot 2008, Renault Captur) en forte croissance. Le segment des petits véhicules représente plus de 40 % des ventes. Dacia, la marque low cost de Renault continue également de prendre des parts de marché en Europe avec une progression de l’ordre de 27 % de ses ventes en 2014.  Au global le marché incluant les petits véhicules et les berlines de gammes basses (incluant notamment Dacia) représenterait en France 84 %, contre 70 % en 2007.


Une nette baisse des motorisations diesel

En France, le diesel ne devrait représenter plus que 64 % des ventes contre 73 % un an plus tôt, soit une baisse de 9 points. La baisse est significative sur les plus petits modèles, comme la Citroën C3 qui se vend désormais plus en version essence qu'en version diesel. Les menaces pesant sur la fiscalité, les intentions d’interdiction dans les centres-villes comme à Paris y sont pour quelque chose. Aussi, la baisse des kilomètres parcourus par les consommateurs et la recherche d’économies lors de l’acquisition doivent peser sur les décisions d'achat.


Plus de ventes aux loueurs, moins aux particuliers

En 2014, les ventes aux particuliers ont chuté en France. À l'inverse, les ventes réalisées auprès des loueurs courtes et longues durée ont augmenté. Les chiffres nationaux traduisent ces fluctuations. Ainsi, les ventes en France en 2014 se maintiennent grâce à ces achats de véhicules neufs pour les parcs de location. La tendance se confirme : les ventes aux particuliers représentaient 63,5 % en 2010, 53,6 % en 2013 et encore moins en 2014. Sur le marché français, les ventes aux professionnels seront bientôt plus importantes que les ventes aux particuliers.

 

Toujours plus de transaction en VO

Si le marché des véhicules neufs aux particuliers a baissé en France, les chiffres montrent que cette baisse est compensée en volume par une croissance des ventes de véhicules d'occasion (VO). Du coup, la hausse des ventes de VO (5,4 millions de véhicules) comparée à la baisse des ventes aux particuliers amènent le ratio à presque 1 véhicule neuf vendu pour 6 VO. Les analyses de Bernard JULLIEN du GERPISA se confirment ainsi avec un divorce croissant entre la baisse du consentement des particuliers à payer et l’offre des constructeurs qui adresse une portion toujours plus étroite du marché. Il faut ainsi remarquer que ce sont les véhicules de plus de 5 ans qui ont progressé le plus dans les ventes de VO, et que ces ventes se font beaucoup entre particuliers, sans l'intermédiaire d'un professionnel.


Percée des nouvelles motorisations

Le marché du véhicule électrique atteint en France plus de 15 000 unités, en progression de 8 %, résultat d’une hausse des ventes de véhicules aux particuliers de 20% et une baisse des véhicules utilitaires. Le marché est marqué par un fort ralentissement en début d’année et une accélération en fin d’année. La progression la plus remarquable sera sans doute celle des véhicules hybrides. Toyota enregistre sur la fin d’année 2015 quasiment 50 % de ses commandes pour les versions hybrides de ses modèles.

 

En d’autres termes, le parc automobile Français a vieilli en 2015 du fait d’une stagnation des ventes. Le renouvellement se fait avec des véhicules plus bas de gamme, avec moins de diesel, achetés plus souvent par des loueurs. Les particuliers s’orientent plus vers des véhicules d’occasion afin de contenir leurs dépenses, et plutôt pour des véhicules de plus de 5 ans.

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