Véhicules autonomes : l'avenir des véhicules se fera-t-il sans pilote ?

Le 06 novembre 2014

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La voiture autonome figure parmi la liste des 34 programmes de la nouvelle France industrielle présentée par le gouvernement. La France souhaite se placer en pays pionnier du développement de ce type de véhicules intégrant voitures, camions ou bus.

Industriels, fournisseurs de technologie et acteurs publics, dès son lancement le plan filière "Véhicule à pilotage automatique" a intégré l’ensemble des acteurs de la filière. Les actions du groupe de travail piloté par Carlos Ghosn reposent sur les piliers suivants :

  • Coordonner les initiatives sur le véhicule autonome
  • Démontrer les bénéfices socio-économiques, sécuritaires et son acceptabilité
  • Investir dans les domaines technologiques clés
  • Démontrer l’amélioration de la sécurité dans les cas d’usage ciblés
  • Faire évoluer le cadre réglementaire et normatif en vue de l’expérimentation puis de la mise sur le marché

Véhicule autonome et véhicule connecté

La connectivité d’une voiture repose sur sa faculté à communiquer avec l’extérieur afin d’agréger des informations utiles à la conduite. Dans le but d’émettre et recevoir des données provenant de l’environnement extérieur, les véhicules se dotent d’une carte SIM embarquée, se synchronisent avec le smartphone du conducteur, ou analysent l’environnement extérieur de la voiture. La route vers le déploiement des véhicules autonomes sera progressive et passera par la diversification des outils connectés dans les nouveaux modèles commercialisés. Les véhicules connectés intégrant des systèmes d’aide à la conduite, de maintenance prédictive ou de confort d'utilisation poursuivront donc leur développement dans les années à venir.

Divers modèles offrent la possibilité au conducteur de ne plus à avoir à se soucier ni du volant ni des pédales lors des embouteillages, ou encore de se garer de manière automatique. Ces copilotes électroniques vont continuer à progresser et à simplifier les déplacements des automobilistes. D’ici 2018, les véhicules connectés devraient intégrer le changement de file et mieux appréhender l’environnement extérieur. À l’horizon 2020, les véhicules de ce type auront la faculté d’analyser les croisements et de gérer les intersections.

Les exemples de services proposés par les constructeurs dans leurs nouveaux modèles sont nombreux. Jaguar et son concept de Self Learning Car permet l’anticipation des envies du conducteur en fonction de l’heure, du lieu ou de ses habitudes. L’habitacle est également réglé selon l’utilisateur reconnu grâce à son smartphone (rétroviseurs, siège…). Les objectifs de ces nouveaux outils sont d’optimiser la concentration du conducteur et de mobiliser toute son attention sur le pilotage.

General motors prévoit pour 2016 la mise sur le marché d’un modèle pouvant communiquer avec les autres véhicules afin de fluidifier le trafic et d’éviter les accidents. La marque lancera également son système Super Cruise permettant une conduite sans les mains en ville et sur les voies rapides.
Dans les années à venir, les nouveaux véhicules intègreront une autonomie progressive de la conduite. Une étude de Navigant Research prévoit que 40 % des véhicules en 2030 intègreront une forme de capacité de conduite autonome. Pour 2035, l’étude porte le chiffre à 75 %, représentant plus de 94 millions de véhicules autonomes vendus par an dans le monde.


L’avènement du véhicule autonome

Le véhicule autonome permettra de nouveaux comportements lors des trajets. Le conducteur, n'ayant plus à garder l'oeil sur la route, pourra alors utiliser son temps de manière efficace. Aussi, les modes de vie et d'habitation des populations pourront être bouleversés par ces temps de trajets mis à profit. La baisse des contraintes d'attention et d'éveil liées à la mobilité pourront faire évoluer progressivement les distances réalisées de manière quotidienne ou multiplier le nombre de déplacements des individus. Les usages liés aux véhicules autonomes révolutionneront la façon d’appréhender la mobilité. Au-delà du nouveau type de véhicule, les services de mobilité évolueront de façon étroitement liée et mèneront à une nouvelle façon de percevoir l’automobile. De plus, les véhicules autonomes permettront de profiter de déplacements simplifiés. Les personnes en situation de handicap ou les personnes âgées auront la possibilité de bénéficier d’une liberté de déplacement grâce à un véhicule personnel.

 

La promesse d'une voiture plus sûre

On estime à 90 % le pourcentage d’accidents engendrés par des erreurs humaines. Le déploiement de technologies permettant l’aide à la conduite et l’automatisation laisse donc entrevoir de larges perspectives dans l’amélioration de la sécurité routière.

La fluidification du trafic est également un point important dans le développement de la voiture connectée. Le CEBR (Centre for Economics and Business Research) estime à 20 % la réduction possible des embouteillages en Allemagne grâce à la connectivité des voitures.

 

Des freins au développement

Les principaux freins perçus pour le développement des véhicules autonomes sont la fiabilité, la réglementation et la législation. En effet, l’aspect législatif représente un des principaux obstacles actuels du développement de ces véhicules. Les voitures doivent, selon les règles internationales, être commandées par un conducteur humain. Des expérimentations locales peuvent être menées, permettant ainsi les tests effectifs.

Le Nevada a été le pionnier dans l’autorisation de circulation des véhicules autonomes sur la voie publique. Depuis 2012, ces voitures peuvent circuler sous condition de porter au moins une personne à leur bord afin de reprendre la main en cas de défaillance. En Europe, le Royaume-Uni va permettre la circulation de véhicules autonomes pour l’année 2015. En France, le projet de loi de transition énergétique prévoit un aménagement offrant la possibilité d’expérimenter des innovations de ce type de véhicule. La mise en circulation de véhicules tests pourrait être effective dans l’hexagone à l’horizon 2016.

Avec une mise en circulation sur les routes dès 2018 dans certains pays pionniers tels que les Etats-Unis, le Japon et la France, Carlos Ghosn, le PDG de Renault Nissan prévoit une émergence de ces véhicules autonomes à l’horizon 2020. Il estime que la principale difficulté au bon développement de ces véhicules sera la résolution de problèmes législatifs plus que la faisabilité technique. Selon lui, la présence humaine et le contrôle du conducteur resteront essentiels et ne perdront leur aspect essentiel que plus tard. Les véhicules totalement autonomes ne seront généralisés que dans un horizon plus lointain estimé à 2030.

Une des questions majeures repose également sur la responsabilité en cas d’accident. Qui de la machine ou de l’homme endossera la responsabilité en cas de sinistre ? En cas de faute commise par le véhicule, le conducteur pourrait-il être inquiété pour les dommages causés ? La responsabilité sera-t-elle inhérente au constructeur ou au développeur du système mis en service ? De plus, la sécurité interne des systèmes intelligents embarqués représente un risque fondamental. Aussi, les protections contre le piratage informatique se devront d’être précisément définies pour un large déploiement.

 

Un marché en devenir

Au cours des 10 prochaines années, le marché des véhicules autonomes et connectés promet une forte perspective de croissance. Selon le cabinet MCKinsey, la valeur globale du marché des composants et services connectés dans l’automobile pourrait atteindre 170 milliards d’euros en 2020 contre 30 milliards actuellement. Les technologies informatiques embarquées permettent aux entreprises de l’écosystème du numérique de proposer des systèmes adaptés aux véhicules et de mettre au point des services innovants pour l’industrie automobile. Ces fournisseurs de services numériques capables de collecter et de valoriser de grandes quantités de données vont prendre une place dans la chaine de valeur de la mobilité. Certains d'entre eux, à l'exemple de Google, ont déjà déclaré leurs intentions de jouer dans ce nouveau marché. La décennie à venir annonce de nouveaux rapports de forces entre les acteurs historiques et les nouveaux entrants.

 

Crédits photos : © 06photo - Fotolia.com

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