Connaissez-vous le BIM ou maquette numérique, cet outil collaboratif qui révolutionne la construction ?

Le 27 novembre 2014

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Le BIM, ça "claque" et tout le monde en parle, mais que recouvre exactement cet acronyme ?
Le "Building Information Modeling" ou autrement dénommé "maquette numérique bâtiment" est un outil de représentation en 3D d'une construction, qui couvre le projet depuis la phase de conception jusqu'à la maintenance en passant par la réalisation.

Un projet de construction, ou de rénovation petit ou grand est toujours un projet unique, pour lequel on va faire intervenir de nombreux acteurs, dans une succession d'étapes qui induit une complexité dans le processus, source potentielle de dysfonctionnements de différentes natures (retards, erreurs, vices de construction, défauts, mauvaise adaptation à l'environnement ou à l'utilisation, problèmes financiers...).

La maquette numérique est un outil collaboratif qui met en place le partage des données dès la toute première esquisse du projet. Elle facilite le passage de relais de l'un à l'autre des acteurs en offrant une vision complète et détaillée de l'opération, de la conception jusqu'à la livraison, mais aussi au-delà en envisageant la phase exploitation du bâtiment.

Comment fonctionne la maquette numérique et avec qui ?

Il s’agit de la base de données du bâtiment qui organise et regroupe toutes les informations capitales de l’opération depuis l’intégration du projet dans l’espace en passant par la fonctionnalité et l’usage du bâtiment.

L’idée est de permettre l’interaction des acteurs : les maîtres d’ouvrage, les maîtres d’œuvre, les bureaux d’études, les entreprises et les usagers.

Le BIM permet d'optimiser le projet par l'intervention sur un même support des différents acteurs avant le démarrage des travaux. Le dimensionnement du gros oeuvre, les réseaux, les corps d’état secondaires, les aménagements intérieurs, les paramètres bioclimatiques. Dimensionnement, ajustement, sécurisation du chantier du projet et des travaux se font dans un processus continu.

Pour ce qui est de l'outil en lui-même, tous les éditeurs historiques de logiciels connus proposent des produits (AutoCad, Nemetschek...) et un équipement de base peut se composer d'un PC à 1500 euros, d'une licence logiciel et d'une ressource interne. En résumé on peut aborder la question avec un budget de 6000 euros, mais la réponse financière peut être un peu plus détaillée.

Productivité et qualité s’en trouvent améliorées

La solution de la maquette numérique offre plusieurs avantages qui n’existaient pas auparavant, à savoir : le stockage des données en un seul endroit et une accessibilité à tous acteurs, la possibilité de simulation et de visualisation des composantes physiques du bâtiment, mais aussi de son comportement environnemental.

L'élaboration de chaque phase de la conception et la validation des étapes par l'ensemble des acteurs génère un gain de temps et un gain économique.

La maîtrise de l’information permet de gagner en qualité sur les projets de construction, de prendre les meilleures décisions et de choisir les matériaux et les techniques les plus adaptées.

Qui est concerné par le BIM et à quelle échéance ?

Toutes les parties prenantes d’un projet de construction petit ou grand sont  déjà concernées, dès à présent :

  • Maîtres d’ouvrage (particuliers, collectivités, sociétés d’aménagement)
  • Maîtres d’œuvre, architectes et bureau d’études
  • Entreprises
  • Gestionnaires de parcs

Une grande partie des acteurs est convaincue par l’outil, toutefois il reste deux freins importants à lever, d’une part autour du financement de cet investissement car pour le moment les coûts peuvent être encore élevés et encore variables d’une offre à l’autre. D’autre part, la réussite de l’utilisation de la maquette numérique passe par la généralisation de l'outil et le partage de solutions interfaçables.

Échanges avec l'entreprise CARDINAL EDIFICE sur le BIM

Pour l'entreprise CARDINAL EDIFICE située à MERNEL (35), le point déclencheur a été la réponse à l'appel d'offres du chantier de la ligne B du métro rennais, qui imposait une réponse avec le BIM ou la maquette 3D, pour faciliter la mise au point des études de synthèse en phase travaux.

La solution immédiate a été d'externaliser la réponse, mais depuis l'entreprise a créé un groupe de travail, car passer la première étape, l'anticipation des nouvelles demandes de travail collaboratif via le BIM, s'est imposée.

Les bureaux d'études de l'entreprise Cardinal Edifice ont bien conscience que l'intérêt de la maquette est de mettre en place un outil d'aide à l'anticipation et à la précision, qui limite les mises au point en phase chantier, sources de frottements et de surcoûts potentiels.

Sachant que l'utilisation du BIM impacte les 4 pans d'une entreprise de bâtiment, que sont : le matériel, la logistique, le numérique et l'organisationnel. On peut imaginer qu'un nouveau métier va émerger, le "BIM Manager", la pierre angulaire du BIM. Un homme qui travaille aussi bien avec le département "études des prix", qu'avec les services "méthodes et structures" et les services de terrain. Un collaborateur qui a un profil d'ingénieur avec des compétences informatiques ; qui doit aussi disposer de bonnes bases de généraliste du bâtiment, et être force de proposition pour pouvoir instaurer le dialogue entre toutes les parties.

Pour le groupe CARDINAL EDIFICE, entrer dans cette démarche et cette réflexion numérique est impérative, car elle va devenir incontournable pour répondre à la complexité grandissante des projets, induite par de nouvelles réglementations telles que des exigences thermiques et sismiques.

"Le coup est parti" et il semble plus intéressant de considérer la maquette numérique comme un outil de compétitivité plus que comme une charge supplémentaire. 

Avec le BIM, le bâtiment entre de plain-pied dans le mode collaboratif.


Crédits

© cutimage - Fotolia.com

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