Allergie et intolérances : pouvons-nous traiter l’aliment plutôt que le patient ?

Le 03 octobre 2014

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
A l’heure où les problématiques de santé constituent un réservoir d’innovations, le plaisir ne doit pas être négligé. Or, la privation, conséquence des allergies alimentaires, peut engendrer des frustrations. Si les industriels redoublent d’efforts pour imaginer des substituts variés et gourmands, il semble aujourd'hui possible d’agir à la source.

A la veille de l’entrée en vigueur du règlement INCO, le thème des allergènes fait partie des préoccupations des industriels. En effet, pour les produits préemballés, l'étiquetage devra mentionner la présence de l'une des 14 substances provoquant des allergies ou intolérances. Pour les références non préemballées ou emballées en vue d'une consommation immédiate, cette information devra figurer à proximité du produit.

Aujourd’hui ce sont environ 4 % des adultes et 8 % des enfants qui souffrent d'allergie alimentaire. Le seul mode de prévention est-il toujours l’éviction stricte de l’aliment, privant les allergiques de certains plaisirs de la table ?

 

Et si, plutôt que d’évincer certains aliments, on faisait en sorte de neutraliser leur caractère allergène ?

A l’instar de Bleu-Blanc-Cœur (BBC), il s’agit améliorer la santé en passant par une sélection des produits de base. Bleu-Blanc-Cœur a en effet ouvert une nouvelle voie en matière d’alimentation santé. Plutôt que d’enrichir les produits finis en acides gras polyinsaturés pour obtenir un meilleur profil lipidique, l’idée de BBC est de faire faire le régime à l’animal plutôt qu’à l’homme. L’herbe, la graine de lin ou la luzerne, particulièrement riches en oméga 3, ont ainsi été réintroduits dans l’alimentation du bétail afin de fournir des produits de meilleure qualité nutritionnelle.


 

Cette approche par l’agriculture plutôt que par le médical peut-elle être dupliquée pour les productions végétales ?

Sur le terrain des allergies et intolérances certaines voies prometteuses ont été ouvertes.

allergènes2Une nouvelle étude américaine propose une stratégie visant à modifier l'aliment, pour en ôter son caractère allergène, plutôt que de s'en priver.

Lors de la 248ème réunion nationale de l'American Chemical Society en août dernier, des chercheurs de l'US Agricultural Department ont présenté leurs travaux sur la noix de cajou, visant à minimiser son caractère allergène. L'équipe du biologiste Chris Mattison a démontré qu’il était possible de modifier les protéines des noix de cajou responsables d’une réponse immunitaire chez les allergiques. Mattison explique qu'un changement dans la forme de la protéine complique l’action des anticorps impliqués dans la réaction allergique.

Jusqu'alors, de telles études avaient eu lieu avec des composés chimiques agressifs. Mais cette fois-ci, les chercheurs ont travaillé avec le sulfite de sodium, substance autorisée par la US Food and Drug Administration (FDA), et donc utilisable dans les aliments et les produits pharmaceutiques.

Les chercheurs vont tenter de généraliser ces méthodes à tous les types de noix et cacahuètes. Ils s'intéressent également aux enzymes, qui ont la capacité de couper les protéines et qui pourraient donner de bons résultats dans la lutte contre les allergènes.

 

L’allergie ouvre également une voie nouvelle vers des thérapies probiotiques.

Une récente étude réalisée par des chercheurs de l'Université de Chicago a montré que les bactéries clostridium, communes dans la flore intestinale, protégeraient contre l'allergie aux cacahuètes. Leur recherche explique que ces bactéries induisent une réponse immunitaire qui empêche les allergènes d'entrer dans le sang et rend l'organisme beaucoup moins sensible aux risques d'allergie.

 

Ces différents travaux de recherche offrent donc un nouveau terrain pour l’innovation santé : s’affranchir du caractère allergène de certains ingrédients, relancer l’intérêt pour les probiotiques avec de nouvelles fonctionnalités…

Mais avant de pouvoir trouver ces prouits en supermarché, il faudra attendre des tests à bien plus grande échelle…

A lire également

Les nouvelles recommandations Anses, des impacts en IAA ?

Le 27/04/2017

L'Anses a publié les nouvelles recommandations nutritionnelles en terme de santé publique. De nouvelles catégories d’aliments, des contaminants alimentaires repérés et des habitudes alimentaires observées déterminent des objectifs de fréquence et de portions de consommation. Ces nouveaux repères ne seront pas sans conséquence pour le foodservice.

L’innovation dope le marché de la 4ème gamme : vers de nouveaux territoires et de nouveaux usages.

Le 25/04/2017

L'été approche et, face à la concurrence des produits frais non emballés ou des barquettes en flow pack, les marques de la 4ème gamme déploient leurs innovations. Entre saveur, présentation ou usage, les promesses marketing se multiplient pour une offre en mode séduction. En smoothie ou sur les barbecues, le segment élargit le champ des possibles.

Eaux de bouleau, d'érable, de bambou... Les stars des eaux santé !

Le 20/04/2017

Après l'eau de coco, de nouvelles eaux surfent sur la vague naturelle voire élémentaire. Utilisées depuis des millénaires à des fins médicinales, les eaux de bouleau, d'érable et de bambou apparaissent en grande consommation. Sur quelles promesses marketing s'appuient les marques pour investir le secteur boisson ?