"Zéro déchets" : le vrac, une solution efficace.

Le 28 août 2014

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La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, vient de lancer un appel à projets baptisé "zéro gaspillage zéro déchet" à destination de 20 territoires. Prévention des gaspillages, valorisation des déchets... Et si l’on commençait par réduire les emballages alimentaires ?

Le "zéro déchet", un enjeu de taille - un défi relevé par San Francisco.

En 2002, San Francisco se fixait l'objectif de parvenir, d'ici à 2020, à zéro déchet non recyclé ou composté, évitant ainsi d'utiliser des décharges ou des incinérateurs, très polluants. Le "taux de récupération des déchets" atteint aujourd'hui 80 %.

Pour y parvenir la ville californienne fait preuve de volontarisme politique et multiplie les initiatives législatives. Après la suppression en 2007 des sacs plastiques des supermarchés, la dernière mesure en date est l'interdiction de la vente et de la distribution de petites bouteilles d'eau en plastique dans les espaces publics de la ville. L’objectif, à terme, est d’envisager une interdiction totale. A la place, seront installées de nombreuses fontaines d'eau et des gobelets compostables pourront être distribués.

Pour en savoir plus : Comment San Francisco s'approche du "zéro déchet"

 

Initiative à l’échelle d’un particulier : comment passer de 400 kg à moins de 1 kg de déchets non recyclables et non compostables par an ?

vrac zéro déchetLa Maison de la Consommation et de l’Environnement, l'association La bonne assiette et la Région Bretagne organisaient le 18 juin dernier à Rennes une rencontre avec Béa Johnson, une Française expatriée aux Etats-Unis et connue pour son expérience "zéro déchet".  Une expérience qu’elle partage dans son best-seller et sur les réseaux sociaux et qui démontre qu’il est possible, pour une famille ordinaire, de réduire sa quantité de déchets à moins d'un kilo, contre 374 kg par habitant en France, selon un chiffre de 2009 de l'ADEME. En plus de produire moins d'un kilo de déchets "non réutilisables, non recyclables ", Béa Johnson témoigne des bénéfices apportés : 40 % d'économies sur un an.

Parmi les 5 règles qu’elle suit, elle achète notamment sa nourriture en vrac et la conserve dans des bocaux en verre, les emballages devenant ainsi inutiles.

Elle souhaite contribuer à simplifier l'accès à ce changement et participe notamment au développement d'une application mobile "Vrac", conçue pour localiser les lieux de ventes de produits en vrac en France.

 

Zéro Déchets ? Et si l’on réduisait donc les quantités d’emballage ?

En France, plus de cinq millions de tonnes d’emballages ménagers sont vendus chaque année, selon le Cniid (Centre national d’information indépendante sur les déchets). Les conséquences sont certes environnementales mais également économiques puisque ces emballages représentent 15 % à 20 % des sommes versées par le consommateur à la caisse.

Seuls quelques produits sont aujourd’hui vendus "en vrac",  principalement des fruits et légumes ainsi que charcuterie, viande et fromage en rayon traditionnel ("à la coupe"). Pourtant le vrac pourrait être l’un des vecteurs nous permettant de tendre vers le zéro déchet…

 

N’acheter que ce dont on a besoin, réutiliser nos propres emballages et recycler ce qui peut l’être… le vrac comme solution.

Ce mouvement nous vient des Etats-Unis où des grandes surfaces de 2000 m2 ont depuis longtemps proposé l'achat au détail ou en vrac. A San Francisco, le supermarché Rainbow propose à la vente une majorité de produits en vrac ; la chaine d’hypermarchés Whole Foods Market, née dans le Texas au début des années 80, se révèle également être un modèle en la matière.

Et en Europe ?

Quelques expériences de magasins zéro emballages ont été lancées ces dernières années. vrac 2

  • Pionnier en Europe, le magasin Unpackaged a ouvert ses portes à Londres en 2007, mais a dû fermer en 2013, faute de rentabilité.
  • A Vienne, Luzners a ouvert au début de l'année ; en Allemagne le premier supermarché à proposer des produits non emballés a ouvert début mai sous l’enseigne Original Unverpackt.

 

En France les magasins Auchan ont été les précurseurs en intégrant depuis 2005 un espace vrac dans leur rayon "discount". Les enseignes Biocoop proposent de leur côté  un choix grandissant et de qualité mais le vrac ne représente encore que 8 % du chiffre d’affaires du magasin.

Les enseignes entièrement dédiées au vrac font leur apparition en France…

Vrac La RechargeDepuis début juillet, les Bordelais soucieux d'environnement et de réduction des déchets peuvent faire leurs courses à La Recharge, un magasin du centre-ville "zéro emballage". Le consommateur vient avec ses propres récipients. A défaut, le magasin lui propose sur place des contenants réutilisables, notamment pour les produits laitiers proposés dans des pots en verre consignés. Près de 350 références (fruits, légumes, mais aussi épicerie salée, boissons, laitages et yaourts, charcuterie, céréales, pâtes, produits d'entretien courants…)  sont proposées sur 80 m2 (150 à terme), permettant au client de prendre la quantité exacte dont il a besoin. L'épicerie mise également sur le commerce responsable et se fournit majoritairement chez les producteurs locaux. Pour se faire connaître, La Recharge mise sur la proximité, la presse locale, les réseaux sociaux et sur son engagement dans les associations actives dans la lutte contre le suremballage.

Deux éléments devraient jouer en faveur de ce projet :

  • la campagne de crowdfunding (financée par 109 internautes sur le site KissKiss BankBank) qui a permis sa réalisation et qui a mobilisé une communauté appelée à devenir cliente,
  • une opinion publique de plus en plus sensible aux produits locaux et à la cause environnementale.

 

"Zéro gaspillage zéro déchet"...

Les collectivités candidates à l'appel à projet lancé par Ségolène Royal devront s’engager à mettre en œuvre des solutions concrètes pour aider à faire évoluer les gestes et pratiques du quotidien. Peut être favoriseront-elles le déploiement d'enseignes dédiées au vrac ?

Mais la distribution d’articles sans emballage ne pourra s’imposer que si le consommateur coopère et change sa manière de penser la consommation...

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