Réduire votre facture énergétique

Le 28 août 2014

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Dans un contexte d'augmentation du coût des énergies, comment une entreprise aborde-t-elle la question de ses investissements pour réduire sa facture ?
Nous avons recueilli les approches de 3 dirigeants d'entreprises sur cette question.


  • M. Pierre Binder de FIZIANS environnement,
  • M. Gilles Simonessa de TEC Control,
  • M. Olivier Barrault de Barrault Recherche, Groupe Utilities Performance,

       nous ont livré leurs visions sur ce point.

         Synthèse de ces entretiens

 

 

 

 

 

Un constat inéluctable d'augmentation du coût des énergies

Le prix des énergies pour une "entreprise moyenne" (un groupe industriel de plus de 20 salariés) a augmenté de plus de 110% en France depuis 10 ans.

En France nous importons plus de 90% de notre énergie (en tenant compte de l’uranium pour l’électricité et les énergies fossiles pour les carburants). Pour l’électricité nucléaire, spécificité française, les contraintes grandissantes du nucléaire vont accroître la montée des prix pour une entreprise. Pour les énergies fossiles (gaz et fioul essentiellement) la demande grandissante mondiale et la fermeture de champs en Mer du Nord (40% du gaz français) font craindre un prix multiplié par 2 ou par 4 en 10 ans. Notre mix énergétique est encore peu composé avec des énergies renouvelables.

C'est un changement brutal par rapport à l'époque des 30 glorieuses. Il s'agit d'une révolution industrielle et intellectuelle qui va plus vite que les autres et qui oblige à changer complètement de paradigme.

Les perspectives d'évolution sont très différentes en fonction des énergies, mais la tendance est à la hausse et les offres se multiplient et se complexifient. Elles sont difficiles à analyser pour les entreprises.

D'autres questions plus larges se greffent aussi sur cette comparaison des coûts : le maillage énergétique européen, le prix marginal de l'énergie, le marché de l'effacement, le développement des smart-grids, le contexte particulier de la Bretagne avec son Pacte Électrique Breton qui montre que la tension est très forte et qu'il existe un risque réel de pénurie.

Les marges de manœuvre pour les entreprises sont ténues. Par exemple, pour une industrie agro-alimentaire bretonne qui a des marges de l'ordre de 1%, le ratio "coût de l'énergie/chiffre d'affaires" est aussi égal à 1%, donc on comprend, de facto que la comparaison de son résultat net et de sa marge est intimement liée à sa maîtrise de ses coûts énergétiques.

La maîtrise du vecteur énergétique : une nécessité mais aussi une opportunité

Les coûts d'approvisionnement sont stratégiques pour l'entreprise pour son autofinancement, mais également pour son image. En effet, la capacité d'autofinancement, comme suggéré ci-dessus dans l'exemple des industries agro-alimentaires, est limitée donc le financement se fait sur le marché financier ou sur les fonds d'investissements. La cotation des grands groupes se construit également à présent sur une note environnementale et sur une politique d'engagement et, meilleure est la note, plus facile est la levée de fonds.

L'efficacité énergétique ne s'aborde pas que sous l'angle ROI

Le dirigeant impulse le projet et il va confirmer et affirmer les moyens à mettre en œuvre pour réaliser les ambitions de l'entreprise, les objectifs, les moyens et le pilotage de l'analyse de l'efficacité énergétique. Il n'y a pas que des enjeux de gains, il y a aussi des engagements techniques et des choix de solutions techniques

L'audit énergétique pour définir les enjeux et les moyens

Il faut une expertise avant toute décision. Les entreprises ne sont pas "toutes neuves" en France et elles ont élargi leur capacité industrielle au fur et à mesure en faisant évoluer leur outil énergétique mais sans forcément d'objectifs très précis sur les économies d'énergies.

Elles n'ont pas forcément beaucoup de recul sur leurs factures énergétiques.

Le fait de procéder à une analyse macro, une analyse des utilities et des principales utilisations de process,  va permettre une analyse hiérarchisée et une mise en perspective.

Les moyens associés : la mesure et l'ingénierie

Plus que du comptage il faut du mesurage avec des vidéos pour pouvoir voir où sont les écarts, les expliquer, les analyser, les comprendre et les solutionner. L'IPE, l'indicateur de performance énergétique, devient l’indicateur à suivre.

La question est la suivante : quelle technologie choisit-on et comment l'installe-t-on ?

L'audit réalisé ne doit pas être dissocié de l'ingénierie et vice-et-versa. Il faut investir dans les moyens mais avec le matériel adapté à telle ou telle condition ou circonstances.

Le ROI n'est pas la seule et unique réponse à chercher

Il faut optimiser l'existant, récupérer de la capacité avant tout investissement.

L'audit ne doit pas céder à la tentation du "YAKAFAUTQU'ON", il doit permettre de poser  la question : " Je procède comment pour obtenir le bon résultat ?" il y a peut-être des solutions de récupération, et/ou de valorisation. La récupération est souvent un travail plus difficile à organiser. Une usine n'est pas une mine d'or, mais par contre on y trouve souvent des doublons.

L’investissement n'est pas toujours la règle et les comparaisons entre les technologies ou les tarifs ne sont pas toujours aisées.

La comparaison d'une ligne technique, d'un rendement et de la performance d'un projet sont complexes, et les problématiques de non-performance sont liées à des problèmes d'ingénierie.

Les solutions : le schéma directeur énergie et l'amélioration continue grâce aux hommes

Raisonner de façon isolée n'est pas une bonne chose, il faut avoir une vision globale et étalée dans le temps, avec des investissements et des opportunités qui vont être programmés sur la durée et établir un schéma directeur énergie. L'objectif à fixer se positionne plutôt autour de 2020 voire plus.

A force de vouloir un ROI rapide, les propositions commerciales sont  volontairement attirantes mais la réussite n'est pas assurément au bout de l'investissement. Le ROI rapide n'est pas le bon choix et ne doit pas être la priorité pour l'entreprise, que ce soit pour l'offreur, comme pour le client. La vision à court terme peut accentuer le développement de technologies moyennes parfois ou d'importations plus que de production en Europe.

Au fil du temps les pertes s'installent et il faut veiller à pérenniser les économies sur la longueur, travailler le volet managérial pour construire un accompagnement et un processus d'amélioration continue dans l'entreprise, ce que l'on appelle le "Lean manufacturing".

Les thermiciens ou des personnes formées aux techniques de la vapeur, du froid, de l'air comprimé, à la mesure, sont des hommes clés pour suivre la démarche d'amélioration continue et la performance des installations.

Le changement de contrat ?

Il est possible de comparer plusieurs offres énergétiques et le dimensionnement du contrat souscrit.

Cette étude sur le volume de KWh consommé, la puissance souscrite, la tarification bloquée, en sont la clé. Néanmoins, on ne constate pas plus de 10% de gain sur la facture contre 20 à 70% sur les solutions précédemment évoquées.

Investir dans les économies d’énergie est aujourd’hui un des investissements les plus rentables.

 

Crédits

© momius

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