Perceptions et attentes des consommateurs pour une offre alimentaire durable.

Le 07 juillet 2014

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Comment le consommateur définit l’alimentation durable ? Pascale HEBEL, Responsable Département Consommation au CREDOC, rapporte l’évolution de cette notion aux yeux des consommateurs et réalise un point à date, l’impact de la crise venant contrebalancer la montée de la sensibilisation écologique.

 

Depuis une trentaine d’années, le développement durable s’est imposé à la fois au niveau politique et économique. La problématique apparaît en effet en 1987 avec le rapport Brundtland, officiellement intitulé « Notre avenir à tous ». Ce rapport a amorcé la popularisation de  l'expression de « développement durable ».

 

Forte montée de la connaissance du concept de développement durable depuis 2010.

La prise de conscience de la part de la population n’est véritablement effective que depuis 2010, impulsée par le Grenelle de l’environnement : en 2013, plus de la moitié des Français déclare savoir ce qu’est le développement durable (un tiers d’entre eux en 2005), pensant prioritairement au critère protection de l’environnement.

Puis, la notion de consommation durable commence à s’affirmer avec comme représentations dominantes le fait d’éviter le gaspillage et de consommer des produits respectueux de l’environnement. Le côté local progresse également largement, porté à la fois par la préservation de l’environnement et par la crise économique qui renforce le protectionnisme.

Aujourd’hui, les équipes de recherche française, quinze ans après les équipes allemandes et anglaises, se préoccupent particulièrement de l’alimentation et de son impact sur le développement durable en raison du poids que représentent les émissions de gaz à effets de serre qui en sont issues. Ainsi, l’alimentation durable a fait l’objet de travaux menés depuis 2006 par l’INRA et aboutit sur une notion définie selon quatre piliers :

  • La préservation de l’environnement.
  • La performance économique.
  • L’impact social (réduction des inégalités, réponse aux aspirations culturelles, résilience face aux instabilités écologiques et économiques, fragilité de l’emploi, ...).
  • La préservation et l’amélioration de l’état de santé et du bien être.

Les consommateurs associent l’alimentation durable au recyclage, au bio et aux marques, gages de qualité.

Selon l’enquête « Consommation » réalisée en juillet 2009, les consommateurs privilégient l’emballage recyclable et la minimisation des packagings (davantage marquée en 2013). Une façon pour eux de se dédouaner dans leurs achats alimentaires…

Puis sont évoquées les notions d’agriculture biologique ou de fabrication locale. La faible émission de carbone est encore peu citée comme critère de choix des produits.

Cette même étude a permis de comprendre les typologies de consommateurs, au travers d'entretiens réalisés en situation d’achat alimentaire. L'analyse lexicale fait apparaître des termes se rapportant principalement à deux dimensions :

  • Les premières sont d’ordre altruiste, tournées vers les autres et vers le futur :
    • préservation de l’environnement par la limitation des énergies utilisées ou des facteurs de pollution,
    • souci de replacer l’homme au cœur de la problématique du développement durable,
    • conséquences des choix économiques sur l’environnement,
    • souffrance des animaux élevés en batterie.
  • Les secondes sont d’ordre utilitariste :
    • occupations liées aux labels de qualité,
    • recherche d’aliments sains ayant du goût,
    • produits sûrs dans lesquels le consommateur peut avoir confiance.

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2013…  l’impact de la crise change quelque peu la donne.

En période de crise, les consommateurs prennent de la distance face à l’alimentation durable. Après 7 années de pouvoir d’achat en berne, on observe la mise en place d’une frugalité alimentaire, contrainte ou choisie. Le concept de durabilité apparaît aujourd'hui comme très flou pour le consommateur et est mis en place quand il permet de faire des économies :

  • on cherche à limiter les emballages, à réduire de gaspillage : on congèle les restes, les ventes de boites à Bento explosent, on a recours à des applications smartphone pour rationaliser la gestion de son réfrigérateur…
  • on mange moins, le nombre de calories a diminué entre 2010 et 2013,
  • on supprime le superflu : dans les deux prochaines années, 35 % des Français déclarent ainsi envisager de diminuer leur consommation de viande.
  • on réalise des achats engagés, on s’oriente vers de la consommation collaborative (vente directe, AMAP, jardins partagés, repas partagés).

Ces gestes continueront-ils après la crise ? S’oriente-t-on vers une nouvelle philosophie de la consommation ?

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