Big data et voitures connectées : des conséquences multiples sur l’objet automobile et son écosystème

Le 13 juin 2014

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Souvent qualifié de « new oil », le big data, qui traduit l’explosion actuelle des masses de données disponibles en provenance du web et de l’ensemble des capteurs et autres objets connectés, constitue une manne d’informations nouvelle sur laquelle les entreprises peuvent, doivent et ne manqueront pas de capitaliser. Compte tenu de la transversalité des données récoltées, l’ensemble des secteurs sont potentiellement concernés. L’automobile, de plus en plus connectée (1,5 million de véhicules connectés en circulation rien que pour PSA Peugeot Citroën) et bardée de capteurs (une centaine/véhicule), n’échappe évidemment pas à la règle.

Une fois trié et analysé, cet afflux de données en provenance des véhicules, est susceptible d’impacter non seulement le véhicule en lui-même mais plus largement l’écosystème « automobile ». Exemples d’impacts possibles :

La conception des véhicules

Parce qu’il autorise un feedback qualitatif et quantitatif sur l’usage en conditions réelles des véhicules, le véhicule connecté et la masse de données qu’il génère pourraient à terme remettre en cause certains process de conception. Grâce au véhicule connecté, les constructeurs sont ainsi capables de mesurer avec précision la manière dont sont utilisées les principales fonctions des véhicules (le nombre d’ouvertures d’un toit panoramique par exemple). Une sollicitation plus fréquente que prévue, des défauts de conception, sont ainsi identifiables et corrigeables dans une version « upgradée » du véhicule.

La maintenance des véhicules

Plutôt que d’être programmée en fonction du nombre de kilomètres parcourues, la maintenance tend, depuis la multiplication des capteurs à bord, à se caler sur l’usure, non plus théorique, mais réelle des pièces. Grâce au big data et au véhicule connecté, la maintenance peut désormais être anticipée, le carnet de maintenance automatiquement généré et in fine, la panne évitée. L’avènement possible de la maintenance préventive et non plus curative n’est potentiellement pas neutre et pourrait venir bousculer l’écosystème de la réparation automobile compte tenu des enjeux autour de l’accès aux données.

La valeur résiduelle des véhicules

Le fait de disposer des trajets réalisés par le véhicule (typologies de trajet notamment), du comportement du conducteur, des pannes survenues depuis la mise en circulation du véhicule, du degré d’usure objectif à l’instant d’achat peut impacter la valeur résiduelle des véhicules. Le véhicule connecté couplé au big data est ainsi à même de venir remettre en cause l’approche de type « argus » qui consiste à attribuer une valeur résiduelle à un véhicule en fonction de son ancienneté, de son kilométrage et de sa motorisation. La prise en compte de critères plus nombreux et plus objectifs pourrait alors aboutir à des valeurs résiduelles propres par véhicules et non plus par modèles. Après le « sale as you drive », on pourrait alors imaginer parler de « sale how you drive ».

L’assurance

Pour des raisons similaires à celles de la valeur résiduelle, les modalités de calcul des tarifs des contrats et des franchises d’assurance pourraient également être impactées par la progression des données collectées des véhicules en circulation.

Le contrôle technique

Partant de l’hypothèse que le véhicule connecté de demain est susceptible à terme de couvrir l’ensemble des points de contrôle aujourd’hui balayés lors d’un contrôle technique, on peut logiquement se poser la question de sa pertinence pour les véhicules qui seront commercialisés à moyens termes. 

Les services à bord du véhicule

Souvent évoqués lorsque l’on parle de véhicules connectés, les services proposés à bord des véhicules vont également évoluer vers plus d’interactivité, d’instantanéité tout en étant de plus en plus personnalisés et efficients compte tenu des feedbacks qu’il sera possible d’intégrer aux suggestions effectuées à bord. A l’image d’une recherche via le moteur de recherche de Google qui propose des résultats différents pour une même requête en fonction des historiques de navigation.

 

Sans pour autant être exhaustive, la série d'exemples déroulée ci-dessus montre bien la transversalité des impacts possibles du véhicule connecté et du big data. Ces impacts ne se limiteront pas à l'apparareil productif automobile et toucheront à terme l'écosytème automobile de manière globale. Dans cette évolution, un des principaux enjeux pourrait bien être celui de l'accès aux données. A partir du moment où la donnée devient stratégique pour l'ensemble de la chaîne de valeur, la question de sa détention et de sa monétisation l'est encore plus. En tant que concepteurs et fabricants de véhicules, les constructeurs semblent aujourd'hui bien placés pour jouer un rôle majeur dans cette possible redistribution des cartes, à moins que des opérateurs comme Google (qui vient de faire de nouvelles annonces en matière de véhicules autonomes) viennent jouer les trouble-fêtes...

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