L'effacement, une réponse à la "pointe de consommation"

Le 25 juin 2014

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Construit pour accompagner la transition énergétique, l'effacement propose une solution au moment de la pointe de consommation électrique. Les particuliers et les entreprises sont intéressés par ce mécanisme.

Le marché français de l’énergie repose en grande partie sur un secteur électrique compétitif et peu carboné, résultat des choix énergétiques passés, tels que le développement de l’hydroélectricité, du nucléaire, et des transferts d’usage vers l’électricité par le biais du développement du chauffage électrique.

Ces choix ont conduit à l’apparition d’un phénomène de pointe de consommation électrique. Alors que la consommation moyenne d’énergie s’infléchissait, la puissance appelée à la pointe de consommation continuait à augmenter.

Ce phénomène de  pointe de consommation a augmenté de 30% en l’espace de dix ans et risque de ne pas diminuer si l'on pense à d'autres choix politiques, à l'image de l’intégration des véhicules électriques.

Le marché de capacité veut répondre à cette problématique et favoriser la  réserve en puissance et non plus en énergie.

Ce mécanisme envisage des  solutions pour modifier les comportements lors des pointes de consommation et pour susciter des investissements en capacités d’effacement.

Fonctionnement et intérêt de l'effacement

L’effacement de consommation électrique consiste, en cas de déséquilibre offre/demande, à provisoirement réduire la consommation d’un site donné ou d’un groupe d’acteurs. L’effacement étant déclenché par une stimulation extérieure.

L’intérêt est de constituer un substitut économique à l’installation de nouveaux moyens de production, de proposer une réponse à la difficulté de stocker de l’énergie pour l’utiliser plus tard ; notamment afin de contribuer à l’équilibrage du réseau lors d’une baisse de production, d’une hausse de consommation, ou de compenser l’intermittence de la production à partir d’énergies renouvelables (solaire, éolien…), sans sacrifier le confort des ménages et la production des entreprises.

Deux modèles existants :

L’effacement diffus : qui consiste à effacer un grand nombre de petites unités (des logements chauffés à l’électricité par exemple) au même moment. C’est le modèle de voltalis. Il n’y a pas de rémunération du site effacé mais un équipement gratuit et un gain escompté sur la facture in fine. On considère que la consommation effacée l’est pour de bon, et que la connaissance de ses consommations via une interface internet va générer des changements de comportements du consommateur. Il sera possible qu'après l'approbation du rapport remis à la commission de Régulation de l'énergie en avril 2014, de connaître les modalités de rémunération de l'effacement pour les particuliers.

L’effacement contractuel : consiste à effacer des grosses unités (de l’ordre du MW au minimum), soit directement pour les industriels électro-intensifs (directement raccordés au réseau RTE), soit via un agrégateur. Dans ce cas le site effacé est rémunéré pour décaler sa consommation dans le temps.

Energy pool par exemple, équipe des laiteries en Bretagne, qui représentent des volumes de l’ordre de 10 MW. Un contrat permet à l’entreprise  d’être rémunérée lorsqu’elle s’efface. L’entreprise en général décale dans le temps sa consommation. Elle anticipe ce décalage par une réflexion sur les process qui lui donne par exemple la possibilité de stocker l’énergie.

En Bretagne une expérimentation d'effacement dans le cadre du Pacte électrique breton à mobiliser d'autres opérateurs tels que Smart Grid Energy, E.ON France, Dalkia, Actility, afin de mieux gérer les pics de consommation et d'alimenter les réflexions sur ce sujet.

Dans le contexte de fin des tarifs réglementés, les fournisseurs d’électricité devront commencer à proposer des offres d’effacement dans leurs contrats, préparant ainsi la mise en place du marché de capacité. Aujourd’hui, l’objectif du marché de capacité est de gérer la pointe, mais à l’avenir il pourrait servir la nécessité d’ouverture aux énergies intermittentes.

Le marché de capacité :

"Le mécanisme de capacité prévoit que les fournisseurs d’électricité démontrent chaque année qu’ils sont en mesure de couvrir la consommation de leurs clients pendant les heures de pointe. Cet engagement se concrétise par la détention de certificats.  Lesdits certificats seront délivrés par RTE aux producteurs ou aux opérateurs d’effacement attestant de la disponibilité de leurs installations lors de ces périodes. Pour cette disponibilité, producteurs et opérateurs seront rémunérés."

Le dispositif devrait être opérationnel à partir de l’hiver 2016-2017

Depuis 2013, la loi Brottes a instauré la flexibilisation de la courbe de charge et a préparé la transition vers un système énergétique sobre en précisant le statut juridique des opérateurs d’effacement et leur relation avec les fournisseurs d’électricité.

Le mécanisme de capacité prolonge la réflexion en ce sens et vient compléter tous les dispositifs qui favorisent le marché de l’effacement.

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