L’impression 3D : la fin de la logistique ?

Le 04 juin 2014

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
Dans le cadre du Colloque Génial (Groupement d’Etudes et de Novations pour l’Ingénierie Achats et Logistique), quatre étudiants du programme ESLI de l’ESC Rennes ont planché sur le sujet et nous laissent entrevoir l’impact de l’impression 3D sur l’organisation de nos flux.

L’impression 3D est une technologie de plus en plus présente sur le marché, aussi bien pour les professionnels que pour les particuliers. Cette technologie, synonyme de « révolution industrielle » pour plusieurs spécialistes dans le monde, va-t-elle marquer la fin de la logistique telle que nous la connaissons ?

La technologie permet d’imprimer des objets en 3D par l’application de couches successives de différentes matières (polymères, métaux, céramiques, sables, papiers…). Ce process rend possible la fabrication d’objets divers et variés tels que des exosquelettes robotisés, des ours en peluche, des chaussures, des pistolets, des maisons... Tous ces exemples sont une infime partie du panel des possibilités de la 3D. 

Une révolution industrielle ?

Le cabinet d’études américain MarketsandMarkets, selon son rapport "3D Printing Market (2013 – 2020) – By Technology, Materials, Application & Geography", estime que le marché mondial de l’impression 3D sera de 8,4 milliards de dollars en 2020 avec une prédominance sur les marchés de l’aérospatiale et de la santé.

En adoptant une vision prospectiviste, on peut facilement imaginer que l’imprimante 3D va coloniser petit à petit les usines en remplaçant progressivement les machines-outils lorsque cela est possible et surtout améliorer la production. On peut aussi imaginer des machines « hybrides » mêlant l’impression 3D et les technologies actuelles.   

Ce processus de production va entraîner des adaptations dans la Supply Chain globale d’une entreprise. En effet, les approvisionnements en matières premières vont changer au profit de billes en plastique ou de poudre de métal et bouleverser peut-être le marché des commodities.

Des évolutions vont s’exercer aussi au niveau de la production. Nous pouvons par exemple citer les lead time (temps de réalisation d’une opération) qui vont baisser du fait que la machine est programmable informatiquement et ne nécessite donc pas de changement d’outils. Elle facilite aussi le prototypage, la production unitaire et les petites séries industrielles.

Les déchets vont aussi diminuer. Les spécialistes estiment que dans le cadre de l’usinage de métaux, il est possible de réduire de 40 % ses déchets.

Pour finir, on peut aussi citer un impact sur les ressources humaines que soulève l’implantation de cette technologie. Ce point concerne la formation des salariés. En effet, une imprimante 3D est plus facile à utiliser qu’une machine à moulage par injection. Le système productif traditionnel nécessite souvent des compétences spécifiques, alors que l'impression 3D est plus souple et permet de créer une plus grande variété d'objets avec la même technologie et donc les mêmes compétences.

Tout cela permettra à l’entreprise de baisser ses coûts de production.

 

Une révolution dans nos foyers ?

L’impression 3D se démocratise et s’ouvre au grand public par sa facilité d’utilisation et ses possibilités de personnalisation. Le DIY (Do It Yourself) à l'état pur !

Nous voyons pointer ici et là des libres services d’imprimantes 3D avant que ces dernières s’installent dans nos foyers. 

Nous pouvons imaginer un nouveau modèle économique où le client final serait « l’usine », c'est-à-dire qu’il achètera un fichier informatique auprès d’une entreprise industrielle ou d’une plateforme d’échange de fichiers, pour ensuite produire (imprimer) lui-même la pièce chez lui.

Si cette Supply Chain voit le jour, quelques problèmes vont alors se poser. Des problématiques de traçabilité, de sécurité informatique, de normes de fabrication ou encore de fourniture en matériel et matières premières par le client final – producteur devront alors être résolues.

Cependant, cette vision présente quelques freins. En effet, les industries vont-elles se laisser « voler » des parts de marché sans réagir ? Ou vont-elles influencer la classe politique pour légiférer « contre » l’impression 3D ?

La sécurité du consommateur est aussi l’une des limites. La première « victime » de l’impression 3D ne sera-t-elle pas l’usager lui-même ? Ses pièces auront-elles les propriétés de résistance suffisantes ?

Quelle que soit la vision adoptée, on se rend compte que la logistique sera impactée profondément par cette technologie sans pour autant y mettre fin étant donné qu’il faudra toujours créer, coordonner et maitriser les flux physiques et d’informations.

Pour en savoir plus, rendez-vous jeudi 5 juin à l’ESC de Rennes

Auteur(s)

ESC Rennes - Pierre ROSAENZ, Benjamin MONSION, Stéphane NEDELEC, Pierre SAUVEY

A lire également

Sans-gluten et objets connectés : rencontre de deux tendances porteuses.

Le 30/11/2015

L'internet des objets séduit les Français qui envisagent, pour 50 % d'entre eux, d’acheter un objet connecté prochainement (étude IFOP). En parallèle une prise de conscience s'opère quant aux intolérances ou allergies alimentaires. Une opportunité pour des outils qui sauraient se rendre indispensables dans le cadre du "quantified food" ?

L'offre fibre aux entreprises : trois questions à François Jam

Le 25/09/2015

François JAM est responsable de la commercialisation de l'offre fibre auprès des opérateurs Télécom, au sein de Rennes Métropole Télécom. Pour Themavision, il fait un tour d'horizon des enjeux liés à l'adoption de la fibre par les entreprises.

L'usine du futur propulse la supply chain au premier plan

Le 18/09/2015

Dans la smart factory, l’usine 4.0 ou l’usine du futur, les opérateurs, les machines, les produits, les chaînes et les sites de production communiquent et interagissent entre eux. Et le chef d’orchestre de tous ces échanges n’est autre que la supply chain.