Parole aux expérimentateurs : l’usage du vélo à assistance électrique à la CCI Rennes

Le 04 juin 2014

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Dans le cadre du projet BMA, plusieurs démonstrateurs testent actuellement l'utilisation d'un vélo à assistance électrique (VAE) pour les trajets pendulaires domicile-travail. Il s’agit d’expérimentations à petite échelle pour une durée de six à neuf mois.

Afficher en taille réelle Véronique Tramhel et Stéphanie Le Donge

Comme contrepartie au prêt du VAE, les participants s'engagent à essayer d'utiliser leur VAE deux fois par semaine pour leurs déplacements domicile-travail, ils se rendent disponibles pour les réunions de suivi et tiennent un carnet de bord faisant apparaitre la fréquence d’utilisation du VAE et les éventuels freins à son utilisation. Voici les témoignages de 2 collaboratrices de la CCI Rennes.

Véronique Tramhel, Assistante de service à la CCI Rennes

Pour elle, cette expérimentation est comme on peut dire, « tombée à pic ». Effectivement, elle travaillait à la faculté des métiers sur le campus de Ker Lann jusqu’au mois de mai 2013 avant d’être mutée au siège de la CCI, c’est-à-dire beaucoup plus proche de son domicile (environ 4 km). De plus, elle n’a plus de contraintes par rapport à ses enfants qui sont maintenant autonomes pour leurs transports. Pour finir, même si elle apprécie la conduite cela a tendance à l’énerver rapidement.

Ayant bénéficié du test de VAE durant la Semaine Européenne de la Mobilité, elle a été emballée à l’idée de prolonger l’expérience, même si la perspective de l’hiver lui donnait quelques appréhensions. Ces dernières se sont vite envolées et Véronique est devenue une fervente utilisatrice du VAE. Pour le mauvais temps, elle s’est équipée à moindre coût d’une cape, d’un pantalon imperméable et pour les grands froids, ses gants de ski font l'affaire. Aujourd’hui, elle totalise plus de 1500 km au compteur et selon ses propos « l’exception, c’est de prendre la voiture ». Elle utilise le vélo pour ses trajets domicile-travail, mais aussi pour son usage personnel (rendez-vous, courses de proximité, ballade…). Sa voiture sert uniquement pour les grandes courses et des trajets plus longs le week-end, comme par exemple pour aller à la mer.

Cette expérience l’a fortement sensibilisée à la pollution engendrée par la voiture. La pratique du vélo fait désormais partie de son équilibre et lui procure un bol d’air à chaque trajet. Le côté pratique, pas de problèmes de stationnement et « gratuité » de ce mode de déplacement, est aussi un de ses arguments pour défendre l’usage du vélo. Par contre, elle souligne les problèmes d’aménagement : pas de continuité, absence ou mauvais état des pistes cyclables, itinéraires mal sécurisés... Elle note également les difficultés de partage de la voirie entre les différents usagers. Malgré ces critiques, Véronique appréhende la fin de l’expérience car les avantages qu’elle retire de la pratique du vélo les dépassent largement.

Stéphanie Le Donge, Chargée de mission chaîne alimentaire à la CCI de Rennes

Déjà convaincue par l’avantage du vélo, Stéphanie effectuait ses trajets domicile-travail environ 3 fois par semaine avec ce moyen de transport. Elle voit dans cette pratique une façon de se détendre et de faire du sport pour un meilleur confort de vie alors que la voiture représente une source d’énervement et de perte de temps avec la congestion. De plus, son logement est situé en face de l’école de ses enfants et elle dispose de commerces de proximité pour ses courses.   

La proposition d’expérimenter le VAE dans le cadre du projet BMA a éveillé sa curiosité et l'a conduite à se porter volontaire. Par rapport à sa situation antérieure, elle utilise désormais le VAE 4 fois par semaine pour ses trajets domicile-travail et ne prend plus la voiture que le mercredi pour conduire ses enfants au centre de loisirs. Elle s’en sert également pour ses courses de proximité, ses déplacements en ville et ses loisirs. Comme elle le dit : « avec le vélo, on se faufile partout, on se gare partout, tout est facile, tout est rapide ». Elle explique qu’en cas de fatigue, le recours à l’électrique lève les freins à l’usage du vélo car il nécessite peu d’efforts. Elle constate néanmoins que cette pratique quotidienne suffit à garder la forme physique.

Un seul bémol, elle note comme Véronique, un problème de partage de la voirie entre les cyclistes, les piétons et les voitures, et un manque d’acculturation à la pratique du vélo en France. Il est nécessaire que les pouvoirs publics s’emparent de la question du vélo et que sa part modale augmente pour que les choses changent.

Elle constate déjà un impact positif dans son entourage ; certains se sont mis au vélo et pour d’autres la réflexion est en cours. Lors de ses déplacements en ville, elle rencontre également des personnes qui s’interrogent sur la pratique du VAE et veulent en savoir plus.

Et si l'expérimentation à petite échelle était la clef pour initier un changement plus important vers des mobilités moins coûteuses et plus durables ?

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