L’UE garde le cap des réductions des émissions de CO2

Le 18 mars 2014

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Un nouveau barème tenant désormais compte de la masse

L'imposition d'un nouveau barème de limitation des émissions de CO2 pour les véhicules en 2020 a été l'objet d'âpres négociations, notamment avec l'Allemagne qui avait mis en place une forte stratégie de lobbying destinée à protéger ses constructeurs. En découle, dès 2015, des objectifs de réduction d'émissions qui tiennent compte de la masse des véhicules, à savoir 113 g/km pour un véhicule de 1 tonne, 136 g/km pour 1,5 tonnes, de 159 g/km pour 2 tonnes. Pour y parvenir, la Commission impose ces critères à 75 % des modèles les moins émetteurs de CO2 de chaque constructeur en 2013, 80 % en 2014, 100 % en 2015.

Ensuite pour le prochain jalon, fixé par la Commission Européenne en 2020, un premier objectif global de 95g de CO2/km, correspondant à des consommations de 4,0 l/100 km d'essence, 3,6 l/100 km de gazole, est fixé sur 95% des ventes de véhicules neufs de chaque constructeur et sur 100% des ventes en 2021. Les barèmes intègrent également une modularité de la masse des véhicules dans de calcul des émissions de CO2. Ainsi, une voiture de 1 tonne ne devra émettre que 82 g/km, 99 g/km pour un modèle de 1,5 t et 116 g/km pour une limousine de 2 tonnes.

Un bonus pour les véhicules électriques et faiblement émetteurs

Les véhicules émettant moins de 50g de CO2/km viendront pondérer la moyenne des émissions à hauteur de 2 en 2020, 1,63 en 2021 et à 1,33 en 2022. Concrètement, cela signifie que dans le calcul de la moyenne des émissions de CO2, si un véhicule thermique compte pour 1, un véhicule électrique comptera pour 2 en 2020. Toutefois, les bonifications liées à ces véhicules « propres » ne pourront pas excéder les 7,5g de CO2/km. Une manière de stimuler la mise sur le marché de véhicules électrique ou hybride.

Un dispositif contraignant

Ces barèmes n’auraient pas d’impact s’ils n’étaient pas associés à des contraintes financières. Si celles-ci sont actuellement de 5 euros par véhicule vendu pour le premier gramme de dépassement, de 15 euros pour le deuxième, de 25 euros pour le troisième et de 95 euros pour tout gramme supplémentaire jusqu'en 2018, en 2019, il en coûtera 95 euros dès le premier gramme de dépassement ! De quoi inciter les constructeurs à développer et intégrer des technologies d'allègement et de réduction des consommation dans leurs véhicules. Ramenées au volume de ventes de véhicules et sans progrès d'ici 2020, les amendes s’élèveraient pour chaque constructeur à plus de 2 milliards d’euros pour Daimler, jusqu’à 10,5 milliards pour Volkwagen. Pour Renault, l’amende serait de 3 milliards, et pour PSA 3,6 milliards d’euros. L'enjeu est donc de taille pour les constructeurs, d'autant que les progrès réalisés pour atteindre le seuil de 2015 ont bénéficié d'un effet non négligeable de descente en gamme des achats. Le graphique ci-dessous permet de visualiser le positionnement des constructeurs et les efforts à fournir d'ici 2020 : 

Objectifs 2015-2020 de réduction des émissions de CO2 - copyright : Themavision

Alléger, développer les ventes des véhicules électriques, introduire des petits véhicules très faiblement émetteurs, systématiser l'introduction de technologies d'hybridation sur les plus gros modèles, poursuivre le travail de downsizing sont autant de leviers que les constructeurs vont devoir activer simultanément pour tenir ces objectifs. Un vrai challenge pour la filière, même si la modularité à la masse introduit une forme de distorsion dans la compétition.

Lire aussi : véhicule 2L/km lancé par la PFA

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