Sécurité routière : l’UE donne le tempo des véhicules communicants

Le 06 mars 2014

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

Depuis juillet 2010, une directive européenne dicte le  plan de déploiement des STI (Systèmes de Transports Intelligents ou ITS dans sa version anglophone) sur tout son territoire. Ce déploiement s’appuie notamment sur les nouvelles technologies de l’information et de communication pour sécuriser, favoriser, fluidifier, personnaliser et dématérialiser nos déplacements et usages liés. Les applications des STI se trouvent dans les capteurs de trafic ou météo, les étiquettes intelligentes, les puces, et marqueurs électroniques qui permettent par exemple de combiner plusieurs transports en commun etc. Ces exemples sont développés dans les champs suivants, définis par une norme : 

  • L’Information aux voyageurs ;
  • La Gestion et exploitation du trafic ;
  • Les Services embarqués (aides aux conducteurs et contrôle de véhicules) ;
  • Le Transport de marchandises et exploitation de véhicules commerciaux ;
  • L’Exploitation des transports en commun ;
  • Les Services d’urgences ;
  • Le Paiement électronique ;
  • La Sûreté personnelle ;
  • La Surveillance des conditions météorologiques et environnementales ;
  • La Gestion et coordination des interventions en cas de catastrophe ;
  • La Sécurité nationale.

Le programme d’action de sécurité routière de la Commission Européenne pour la période 2011-2020, où est fixé l’objectif de réduire de moitié le nombre de morts d'ici 2020 (zéro mort sur les routes d’ici 2050), reconnait les STI comme pouvant « jouer un rôle non négligeable dans l’amélioration de la sécurité du trafic, par exemple grâce à l’adoption de systèmes de détection des incidents et de surveillance du trafic capables de fournir aux usagers des informations en temps réel ». Ce programme, complété par un règlement publié en septembre 2013, ouvre la voie aux échanges de données et d’informations entre véhicules (VtoV), entre infrastructures (ItoI), et entre véhicules et infrastructures (VtoI), par exemple pour permettre le fonctionnement de systèmes d’information en temps réel sur les limitations de vitesse, les flux de circulation, la congestion, ainsi qu’en matière de reconnaissance des piétons.

C’est dans ce cadre qu’ont émergé plusieurs projets français, dont le projet Score@f. Le projet SCORE@F doit préparer le « déploiement des « systèmes coopératifs routiers » sur autoroute et autres environnements routiers au travers de la réalisation de tests opérationnels en milieu ouvert. » Autour de ce projet, le constructeur PSA associé à des opérateurs télécoms, des opérateurs routiers, des équipementiers de la route etc. Des expérimentations ont été notamment réalisées :

  • dans des conditions autoroutières afin de tester les situations d’approche d’un véhicule arrêté en pleine voie ou d’un embouteillage.
  • dans des conditions recréées de circulation entre routes départementales et nationales pour tester toutes les situations possibles rencontrées, avec la gestion de limitation de vitesses statiques et dynamiques.
  • dans des conditions de circulation rurale pour tester les systèmes de communication en situation limite : par exemple avec un paysage en relief pour reproduire des situations où la communication peut être limitée/coupée, la présence de végétation qui pourrait dégrader la réception des signaux GPS ou absorber les signaux émis par les systèmes V2V etc...

 projet Score@F

 

Sa déclinaison régionale SCOOP, qui signifie ‘Système Coopératif Pilote’ a pour objet le pré-déploiement en Bretagne d’un dispositif innovant impliquant des voitures communicantes. Plus précisément, il s’agit d’équiper « en deuxième monte », c’est-à-dire non équipés en sortie d’usine, des véhicules tests (environ 300), et d’installer des unités de bord de route et ainsi préparer le déploiement des systèmes coopératifs. PSA, Renault, l’association ITS Bretagne, des PME régionales sont mobilisées sur ce projet, qui s’inscrit dans l’expérimentation SCOOP@F encadrée par le gouvernement en 2016 sur 3000 véhicules. Le calendrier de ce test prévoit en premier en 2014, le développement des applications, en 2015, l’installation des équipements dans les véhicules et le long des routes, et premiers tests en situation. En 2016, les tests prendront de l’ampleur et seront déployés sur 3 000 véhicules. Enfin, en 2017, si les tests sont concluants, on pourrait voir ces solutions déployées au niveau national.

Si ce test voit le jour, ce sera le plus important jamais réalisé sur le territoire européen. Une façon de démontrer les compétences et ambitions nationales dans le domaine des STI.

A lire également

L'électrique gagnerait haut la main l'analyse en cycle de vie face au thermique

Le 14/11/2017

Les prises de positions dans plusieurs régions du monde contre le thermique et pour l'électrique ravivent les interrogations sur la pertinence d'un choix électrique et notamment sur la réalité de son avantage environnemental. La revue des études de cycle de vie réalisées par un universitaire belge apporte un éclairage à considérer.

Quel cerveau pour la voiture du futur ? [par l'Atelier]

Le 29/09/2017

[Extrait de l'article initialement paru sur l'Atelier] La voiture de demain sera non polluante, ultra-communicante et autonome. Mais pour libérer le conducteur de toute tâche de conduite, celle-ci devra disposer d'une puissance de calcul conséquente. Une rupture technologique pour les constructeurs automobiles et leurs équipementiers.

La technologie diesel est-t-elle encore un avenir pour l'automobile ?

Le 22/09/2017

Depuis la déclaration de l'OMS en 2012 sur la nature cancérigène des polluants du diesel, les constructeurs ont accéléré le développement du "diesel propre" sans pouvoir inverser la tendance forte de baisse des ventes et dans un discours devenu bien difficile à entendre dans le contexte du dieselgate.