Optimiser son BFR grâce à une logistique performante

Le 30 janvier 2014

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L’un des enjeux majeurs des entreprises, particulièrement des PME, est la compréhension et la maîtrise du Besoin en Fonds de Roulement (BFR), signe d’une bonne gestion. Afin d’optimiser le financement de son cycle d’exploitation et donc de préserver sa trésorerie, l’entreprise doit piloter au mieux ses flux relatifs aux créances clients, aux stocks et aux dettes fournisseurs, composantes principales du BFR. Et lorsque l’on parle de flux, de stocks, de clients et de fournisseurs, la notion de logistique globale ou de Supply Chain n’est pas loin.

 

On peut ainsi envisager deux approches complémentaires pour optimiser son BFR :

L’approche financière

Elle vise à accélérer les flux financiers. Plusieurs leviers sont possibles, notamment :

  • La négociation des délais de paiement avec ses clients et ses fournisseurs, et le suivi rigoureux du processus de facturation et de recouvrement,

  • Le recours à des sociétés d’affacturage pour financer ses créances.

L’approche financière a tendance à évoluer, avec l’émergence du concept de Supply Chain Finance, présenté dans la littérature anglo-saxonne comme le financement du BFR. L'entreprise et ses partenaires, ayant déjà optimisé les flux physiques, cherchent à présent à optimiser ensemble les flux financiers associés.

Le donneur d’ordre - conscient des enjeux pour la performance de sa Supply Chain en termes de fiabilité des approvisionnements, de flexibilité, de délai ou de qualité -  aide son fournisseur à financer son cycle d’exploitation.

  • Cela peut être par le biais de paiements anticipés,  avec en général des escomptes à la charge du fournisseur,

  • ou par le principe du Reverse Factoring  qui permet à un client de faire bénéficier à son fournisseur de ses conditions de crédits. Des plateformes collaboratives regroupant financeur, fournisseur et acheteur sont ainsi créées. Dans un contexte de coût élevé et de raréfaction du crédit bancaire court-terme, ce type de solution peut être très intéressant pour le fournisseur.

On l’aura compris, la Supply Chain Finance, comme la Supply Chain physique, n’est pleinement efficace que dans le cadre d’une logique de filière et une vision étendue de l’entreprise. C'est un cercle vertueux: les entreprises ayant bénéficié du Reverse Factoring ont tendance elles-mêmes à en faire profiter leurs propres fournisseurs.

Une limite cependant : ces solutions ne sont possibles  que pour des produits livrés et facturés, elles ne permettent donc pas de financer l’ensemble du cycle d’exploitation.

 

L’approche Supply Chain

L’autre approche est de travailler sur la performance de la Supply Chain.
Là encore, la démarche sera d’autant plus efficace si l’on est dans un schéma d’entreprise étendue, où les actions sont coordonnées entre l’ensemble des acteurs de la chaîne de valeur.

Les pistes sont multiples :

  • Travailler sur ses prévisions de vente et la planification de son activité.
    Cela permet de réduire les stocks, de commander au plus juste, ce qui a un impact direct sur le BFR par la diminution de la trésorerie utilisée ; mais aussi d’anticiper les variations d’activité et ainsi d’organiser ses approvisionnements et son outil de production pour être plus flexible et capable de répondre à la demande. L’échange d’informations entre les différents acteurs est primordial pour y arriver : le client et le fournisseur ont chacun à gagner dans cette démarche collaborative.

  • Entrer dans une culture de Lean Management, afin de réduire la non valeur ajoutée pour le client et ainsi réduire la durée d’un cycle d’exploitation, ce qui contribue à réduire les délais qui pèsent sur le BFR. Cette démarche peut être menée en parallèle dans les services administratifs, notamment au niveau de la facturation et du recouvrement des créances, ou dans le processus de prise de commande et de lancement de la fabrication.

  • Organiser sa Supply Chain pour travailler en flux tirés et à la commande, plutôt que de produire sur stock.

  • Diminuer le temps dédié à la livraison afin d’être payé plus rapidement. Les entreprises ont de nombreux leviers pour optimiser leur logistique de distribution, par exemple en collaborant avec des prestataires spécialisés (3PL, 4PL), ou en coopérant entre elles. A l’international, elles peuvent également devenir Opérateur Economique Agréé (OEA), et réduire ainsi le temps administratif de l’export.

Ces deux approches complémentaires mettent en évidence l’importance pour les entreprises, quelle que soit leur taille, de s’intéresser à l’ensemble de leurs flux.

 

Pour en savoir plus :

Supply Chain Magazine, n° 80 de décembre 2013.
Opérateur Economique Agréé : http://www.douane.gouv.fr/page.asp?id=3421#1

Atelier Logistique et Finance organisé par les CCI du Morbihan et de Rennes le 27 février 2014

Crédits

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