Echanges internationaux : Achat & Supply Chain, vecteurs de performance

Le 14 janvier 2014

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn

Acheter et vendre à l’international offrent des opportunités d’affaires à ne pas négliger dans un contexte économique difficile.  

 

Acheter moins cher et mieux en 2014

Acheter à moindre coût et ailleurs seront à nouveau les priorités pour cette nouvelle année. La rationalité économique pèsera malheureusement sur la solidarité patriotique.


Objectif coût, première priorité des acheteurs

La réduction des coûts reste en effet l’objectif phare en 2014 pour 77% des acheteurs professionnels (selon l’étude AgileBuyer – HEC). La crise étant toujours là, l’entreprise est contrainte à acheter encore moins cher pour pouvoir améliorer sa marge tout en maintenant le prix de vente de ses produits.

Mais la réduction des coûts ne se résume pas qu’à la baisse du prix d’achat du produit. Il faut y ajouter tous les autres coûts internes et externes liés. C’est le TCO (Total Cost of Ownership), le coût complet de possession d’un bien : coût achat, coût d’acquisition, coût de stockage, coût de mise en œuvre, coût d’usage, coût du management du fournisseur, coût lié à la fin de vie du produit.

Il devient alors indispensable de décloisonner les achats pour appréhender de façon globale le coût d’un produit et analyser l’ensemble des flux et des coûts induits (transport, stock, douane) ou subis (rupture, non qualité, variation des devises).

La collaboration achat et supply chain devra donc primer pour garantir une bonne maîtrise des coûts globaux et ce, dès la conception du produit acheté jusqu’à sa destruction ou son recyclage.


Un marché qui s’ouvre toujours plus...

Et c’est d’autant plus vrai lorsque les achats se font à l’étranger. Seules 13% des entreprises déclarent avoir des objectifs « Made in France » en 2014, soit 6 points de moins qu'en 2013, les achats se feront donc ailleurs.

Pourtant, 67% des acheteurs professionnels estiment qu’ils ne rencontrent aucune contrainte à acheter en France et les 23% restants considèrent ne pas vouloir acheter en France soit pour une question de prix (pour 12% des sondés), soit pour une question de disponibilité des marchandises (pour 14%).


...Qu’il faut maîtriser face à l’incertitude

Acheter loin multiplie les aléas et les coûts logistiques sans compter sur le risque de défaillance des différents acteurs économiques tout au long de la chaîne d’approvisionnement.

D’autre part, il faut tenir compte également des conjonctures économiques et politiques divergentes d’un pays à l’autre (inflation, fluctuation des monnaies, protectionnisme, libre-échange) comme dans les pays low cost, qui connaissent chaque année une croissance à deux chiffres qui engendre une inflation forte et une augmentation de leur devise.

A cela, il faut ajouter l’éventualité d’instauration de taxes anti-dumping de part et d’autre qui peuvent créer un surcoût non négligeable. La Commission Européenne a par exemple mis en place ces taxes sur les importations chinoises de papier, de panneaux photovoltaïques ou de porcelaine.

La gestion des risques est donc primordiale pour pérenniser les relations commerciales et nécessite une veille et une sécurisation permanente des approvisionnements.

Ici encore, une collaboration étroite entre achat et supply chain est essentielle.

 

Vendre plus, vendre ailleurs en 2014

Face à une demande intérieure atone : un pouvoir des ménages stable, un investissement faible des entreprises, une restriction budgétaire de l’état, il est indispensable de se développer à l’international.

Avec une balance économique déficitaire depuis 2003, La France a pourtant bien du mal à exporter. Positionnée en milieu de gamme, elle ne trouve pas sa place face à une concurrence internationale.

Comment apporter à nos produits une valeur ajoutée pour nos acheteurs étrangers ?


Objectif Qualité

Pour répondre à la montée en puissance des normes règlementaires et environnementales, nous avons tout intérêt à adopter une politique de normalisation comme nos confrères germaniques.  Les acheteurs étrangers sont en effet contraints par leur propre réglementation à acheter des produits certifiés.

Cette labellisation sur des standards internationaux apporte un gage de qualité, de fiabilité et de sécurité, rassurant pour les acteurs étrangers.


Renforcer sa chaine de valeur

Au-delà de la logique de coût, il serait plus utile d’établir une stratégie de différenciation commerciale. Migrer du milieu de gamme vers le haut de gamme pour être moins concurrencé et mieux se démarquer sur le marché.

Il faut privilégier la collaboration entre les différents acteurs de sa supply chain pour valoriser ses atouts par rapport à la concurrence étrangère en développement et maîtrisant son entreprise étendue ; peut être avec moins d’acteurs mais avec une relation plus qualitative, plus partenariale.

Proposer une offre soignée avec une réactivité et une agilité optimales (taille de séries, délai de livraison, différenciation retardée, personnalisation, services associés) serait un atout indéniable.


Et innover

Rappelez-vous de ce slogan face à la crise pétrolière de 1973 : « En France, on n’a pas de pétrole, mais on a des idées ». Les pays étrangers ne l’ont pas oublié et sont toujours à l’affût de nos idées qui ont fait notre succès planétaire.

Innover dans ses produits, ses services, son organisation, son management est créateur de valeur.

Privilégier une compétitivité « hors prix » sur la qualité, l’image de marque, l’innovation est un levier de performance indéniable à l’export.

Il faut néanmoins conserver en ligne de mire que les achats et ventes responsables restent une priorité car l’air du temps est quand même à une sécurisation d’un écosystème qualitatif et créatif.

A lire également

Logistique, transport, supply chain : la blockchain va changer votre métier !

Le 28/11/2016

La 1ère Conférence Nationale Blockchain et Supply Chain a eu lieu le 23 novembre : point de vue sur la manière dont cette nouvelle technologie va bouleverser en profondeur la performance et les métiers de la logistique, du transport et de la supply chain.

Laurent Vigouroux

DDMRP : quand la supply chain crée de la valeur pour l’entreprise

Le 15/04/2016

Pour tout savoir sur le Demand Driven Material Requirements Planning, BSC a interviewé Laurent Vigouroux, consultant indépendant et expert en DDMRP.

Le transport de marchandises « s’uberise », le marché se déstabilise

Le 18/02/2016

Quand le collaboratif devient marchand, c’est l’uberisation. Et cette vague de transformation numérique (BlablaCar, Air B&B, etc.) atteint aussi le secteur du transport de marchandises : comment ? Pourquoi ? Que faire ?