Le rôle déterminant des offreurs dans le processus de mise en place des nouvelles solutions de mobilité

Le 21 janvier 2014

Partager sur Facebook Partager sur Twitter Partager sur Viadeo Partager sur LinkedIn
La méthodologie BMA nécessite une co-construction soutenue avec de nombreux acteurs : personnes ressources, expérimentateurs volontaires et offreurs de nouvelles solutions de mobilité. Le défi consiste à réinventer ensemble une offre sur-mesure pour s’adapter aux besoins des usagers testeurs pour envisager d'élargir cette offre à long terme.

Une expérimentation innovante pour favoriser la multi-modalité

Certains enseignants de l’Université Rennes 2 basés sur les campus de Rennes dispensent des cours sur le Campus Mazier situé à Saint-Brieuc. Cette situation concerne une centaine de personnes qui utilisent pour la grande majorité leur voiture personnelle pour effectuer ce déplacement. Le trajet aller-retour représente une distance d’environ 200 km, ce qui pose une problématique environnementale et économique.

Ces deux enjeux ont permis à l’équipe BMA d’identifier la mobilité inter-sites comme un périmètre prioritaire afin de proposer de nouvelles solutions de mobilité pour les enseignants concernés.

A l’issue du travail de co-construction avec une quinzaine d’enseignants, une solution multi-modale a été retenue. Celle-ci combine une offre train complétée par le taxi ou le vélo à assistance électrique pour aller de la gare de St Brieuc au campus Mazier. 7 enseignants volontaires se sont engagés dans cette expérimentation pour leurs déplacements du second semestre. 

2 offreurs impliqués pour une adaptation aux plus près des besoins des usagers

Les équipes ont travaillé en étroite collaboration avec 2 offreurs. D’une part, la SNCF qui possède déjà une offre « porte-à-porte ». Celle-ci consiste à proposer à ses clients un service de taxi en gare à prix fixe pour effectuer des trajets de quelques kilomètres en effectuant la réservation du train et du taxi en même temps. Pour que cette offre « porte à porte » puisse être mise en œuvre à Saint-Brieuc, il a fallu au préalable, s’assurer que les horaires de train correspondent bien au début des cours de tous les enseignants.

D’autre part, l’entreprise Culture Vélo a proposé à un prix avantageux un premier vélo à assistance électrique avec les accessoires adaptés.

Associés dès le départ au processus de co-construction, les offreurs se sont investis pour répondre aux différentes problématiques. La SNCF s’engageait, par exemple, à adapter ses horaires s’ils ne correspondaient pas à ceux des cours des enseignants. Finalement, les horaires sont adéquats. De plus, 3 espaces de co-working possibles (pour faciliter l’attente du train) ont été proposés : les bureaux du campus, la Matrice, un espace de co-working associatif à 7 min à pied de la gare et un espace dédié en gare. Les enseignants ont finalement choisi d’utiliser les bureaux du campus comme espace privilégié d’attente du train et un espace en gare en cas de retard. La SNCF a su s’adapter aux besoins du public visé et mettre à disposition un espace convivial le temps de l’expérimentation. Elle a aussi autorisé l’utilisation d’un local pour entreposer le vélo électrique.

Pour rendre cette solution possible, les offreurs en collaboration avec l’équipe BMA et l’université, ont été amenés à résoudre de nombreuses questions pour assurer la faisabilité juridique, économique et technique du dispositif. Culture Vélo, par exemple, dont l’activité initiale était la vente de vélo, a du réfléchir à une diversification de ses activités et proposer une offre de location. L’université a dû se renseigner auprès de son assureur par rapport à la couverture de ses personnels.

Cette démarche exige un engagement de chacune des parties et celui-ci n’est possible que par une bonne compréhension des enjeux par l’offreur (diversification des activités, développement de marché, diversification de la clientèle) et un partage des valeurs du projet BMA basé sur une méthodologie d’analyse des besoins et de co-construction.

L’expérimentation a débuté le 20 janvier et se poursuivra jusqu’en avril. Comme pour tout processus de co-construction, la phase qui suivra sera celle de l’évaluation du dispositif pour relever les éléments positifs et les pistes d’amélioration du service en vue de le déployer à plus grande échelle à partir du mois de septembre.

Auteur(s)

Gwennael CHARTIER, Laureps - CRPCC, Université Rennes 2, Julie CLEMENT, Université Rennes 2, Manon LANGLOIS, CCI Rennes

A lire également

Construisons ensemble la ville de demain

Le 05/02/2016

C’est la proposition du jeu collaboratif réalisé par l’Académie des Technologies, Ingénieurs et Scientifiques de France, BMA et ses partenaires. Plus largement, ce support aide à questionner les activités qui organisent les modes de vie sur un territoire et propose d’identifier leurs devenirs possibles au travers du numérique.

autopartage coop de construction koolicar

Penser la mobilité quotidienne autrement avec l'autopartage entre voisins

Le 30/11/2015

Dans le cadre de BMA, le démonstrateur Coop de Construction a expérimenté une solution d’autopartage afin de penser autrement la mobilité quotidienne à partir du logement. Les résultats sont encourageants et confortent la Coop dans son engagement en tant que promoteur immobilier.

Les nudges : des coups de pouce suffisants pour initier des comportements vertueux ?

Le 13/11/2015

Le changement d’habitude dans les manières de faire est souvent long et parfois complexe à mettre en œuvre. Pour le faciliter, il est nécessaire de recourir à des petits coups de pouce pour initier le changement : des nudges.