Le marché des véhicules électriques et hybrides en 2013, bilan et perspectives

Le 29 janvier 2014

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Un marché des véhicules électriques et hybrides qui confirme sa progression en France en 2013

Par rapport à 2012, les ventes des véhicules électriques (VP et VUL) ont augmenté de 50% et les ventes de véhicules hybrides de 60%. Il représente désormais 3,1% du marché global des véhicules particuliers en France (source Avere). En 2013, la totalité du parc roulant électrique et hybride chargeable et non rechargeable (VP et VUL) en France est estimée à 200 000 véhicules.

En 2013, il s’est vendu près de 14 000 voitures électriques (5.175 utilitaires et 8.751 voitures électriques).

ve 2013 

 

Au total, 46 785 véhicules hybrides (VP), dont 32 799 hybrides essence et 13 986 hybrides diesel, ont été immatriculés en France sur l’année 2013.

 

Hybride 2013

 

Pour les véhicules électriques particuliers, les leaders sur ce segment de marché sont en 2013 :

  • la Renault Zoé qui cumule au total sur l’année 5 511 immatriculations ;
  • la Nissan Leaf avec 1 438 immatriculations ;
  • la Bolloré Bluecar avec 658 immatriculations.

 

marche 2013 ve



Sur un marché de l’utilitaire électrique en hausse de 42 %, le Renault Kangoo ZE conserve sa première place et a vu ses ventes bondir de 45 % l’an dernier avec un total de 4.174 immatriculations, soit 81 % de parts de marché.
Les concurrents peinent à rivaliser avec le modèle à succès du constructeur au losange. Seul Goupil parvient à s’en sortir honorablement avec son petit utilitaire électrique G3 qui a cumulé 582 immatriculations en 2013…

 

VU 2013

 

Avec près de 10.000 immatriculations toutes catégories confondues, Renault s’accapare la majeure partie des ventes avec une part de marché de près de 70 %.

Pour les véhicules hybrides, Toyota enregistre avec la Toyota Yaris, la Toyota Auris et la Toyota Prius le plus grand nombre de ventes et cumule au total 27 536 immatriculations. Il est suivi par le groupe PSA qui enregistre 13 400 immatriculations sur l’année avec les Peugeot 3008, Peugeot 508 et Citroën DS5.

 

La France en tête des ventes en Europe…avec une belle percée de la Norvège


La France reste leader des ventes de véhicules électriques et hybrides en Europe. Sur un marché total européen estimé à 32000 véhicules, la part de marché de l’électrique en Allemagne n'était en effet que de 0,2 % sur les dix premiers mois de l'année 2013, selon les données recueillies par l'Association Européenne du Véhicule Electrique (Avere). Elle ne dépasse pas 0,1 % au Royaume-Uni, en Espagne et en Italie. Sur dix mois, les ventes cumulées de véhicules électriques de ces quatre pays sont inférieures aux ventes françaises.


Sur 2013 on peut noter la belle percée des véhicules électriques en Norvège soutenue par un véritable effort gouvernemental. À l'achat d'abord: les acheteurs ne paient pas la TVA de 25 %. Les villes d’Oslo et de Bergen sont également complètement équipées en bornes de recharge. Mais, l'intérêt se révèle également à l'usage. Ainsi, le conducteur d'une voiture électrique peut utiliser les couloirs de bus et accéder gratuitement aux parkings municipaux comme aux autoroutes. Un exemple à suivre ? Ainsi, en 2013, les ventes de voitures électriques en Norvège ont représenté 5.5 % du marché des voitures particulières, soit 7.882 immatriculations. La Nissan Leaf a été la voiture électrique la plus vendue en 2013 sur le sol norvégien avec 4604 immatriculations.

La France est en volume le premier marché européen pour les véhicules électriques et le troisième mondial, derrière les Etats-Unis et le Japon.

 

Le pari du véhicule tout électrique ne fonctionne pas encore, on assiste à un "mix technologique" selon les marchés, avec un fort intérêt pour l’hybride en Allemagne

 

Une inflexion stratégique chez Renault-Nissan

 

Alliance Renault Nissan

 

L'objectif que s'était fixé le groupe Renault-Nissan de vendre 1,5 million de voitures électriques d'ici à la fin de 2016 est trop ambitieux, a admis le patron du groupe Carlos Ghosn le 11 novembre dernier. "Nous devons admettre que c'est plus lent que nous ne le prévoyions. Mais cela est dû au fait que nous pensions que la construction d'infrastructures irait plus vite. Or ce n'est pas le cas", a argué M. Ghosn.
Le constructeur français commercialise déjà quatre modèles de véhicules électriques en Europe, et Nissan, qui en a présenté deux pour l'instant, doit prochainement atteindre le même nombre. Le premier véhicule 100 % électrique de Nissan, la Leaf, ne s'est vendu qu'à un peu plus de 80 000 exemplaires dans le monde depuis son lancement, à la fin de 2010. Les deux partenaires ont déjà investi quelques 4 milliards d'euros dans les voitures électriques. Carlos Ghosn a longtemps prédit que l'électrique devrait représenter 10 % du marché mondial en 2020, mais le marché est pour l'instant loin d'être en phase avec cet objectif. L’arrêt du partenariat avec Better Place, suivi de la faillite de l’Israélien, et la confirmation que Nissan n’installerait pas d’usine de batteries à Flins (Yvelines) au printemps ont confirmé les hésitations formulées par Carlos Ghosn.

Aussi les alliances avec Bolloré puis avec Mitsubishi marquent un changement de stratégie chez le constructeur français. Renault travaille aujourd'hui sur le lancement progressif de motorisations hybrides d'ici à 2020 : le "mild-hybrid", une hybridation plus légère de la voiture où le moteur électrique, de 10kW, a pour fonction de réduire la consommation globale de 10 à 20%. Le second projet, qui réduirait bien plus l'impact environnemental du véhicule, équipe la voiture d'un moteur électrique rechargeable de 40kW.

 

PSA reste le seul constructeur à proposer des voitures hybrides diesel, avec Volvo

 

L'hybride diesel est une technologie plus efficace pour traquer les rejets de C02, mais plus onéreuse et réservée à l'Europe, les autres continents n'étant pas favorables aux mécaniques à gazole. PSA a été le pionnier de l'hybride diesel. Le suédois Volvo, lui, commercialise depuis le printemps des hybrides diesel rechargeables. Il est le seul à ce stade.

 

Les marques germaniques croient d’ailleurs davantage à l’hybride.

 

Alors que le créneau des électriques commence tout juste à décoller, surtout grâce aux commandes publiques ou parapubliques, les constructeurs allemands, en plein lancement de leur offensive « zéro émission », clament leur prudence et misent ainsi sur l'hybride pour atteindre des volumes de ventes importants à moyen terme


Christian Klingler, membre du directoire de Volkswagen chargé des ventes et du marketing nous le confirme  :
 "Il y a trois ou quatre ans, il y avait un gros enthousiasme pour le véhicule électrique. Mais nous, nous voulons faire des voitures pour les clients. Et nous ne prévoyons pas de grand boom pour la voiture électrique. La voiture électrique, c'est pour les villes avec une autonomie réduite, et encore plus en hiver."

bmw i3


S'ils se mettent sur le segment des électriques avec une offre établie (l’e-up et l’e-golf, la Smart électrique, les sorties de la performante Bmw i3 et de la Mercedes Classe B Electric Drive), les groupes allemands misent en fait plutôt sur l'hybride. Une technologie onéreuse, qui combine motorisations thermique et électrique, avec une possibilité de recharge pour bénéficier d'une cinquantaine de kilomètres d'autonomie en mode électrique pur. Et ce, sans obérer la praticité de véhicules qui s'utilisent dès lors comme des voitures classiques.
La i8, deuxième modèle de la gamme écologique "i" de BMW prévu pour le deuxième trimestre 2014, sera ainsi un coupé hautes performances… hybride rechargeable. Et Volkswagen va mettre sur le marché à la mi-2014 une Golf également "Plug-in Hybrid". Une Audi A3 suivra.

Audi A3 e-tron

 

Des facteurs de soutien du marché

 

Un réseau encore insuffisant mais de nouvelles initiatives

On relève forcément la faiblesse du réseau de bornes électriques de rechargement en France. Alors que le véhicule électrique est enfin disponible sur le marché, que le coût d'un "plein" est dérisoire, le réseau suit trop lentement. Seulement 8 000 bornes de rechargement rapide (environ 1 heure) sont disponibles sur les 400 000 qui sont prévues pour la France en 2020, alors que 8 à 9 millions de véhicules électriques pourraient circuler en Europe selon une communication de la Commission Européenne.

Mais un nombre grandissant de collectivités commencent à s’équiper, notamment via le service d'autpartage de Bolloré, stimulées par  l’appel à manifestation d’intérêt de l’Ademe, et s'appuyant de plus en plus sur les syndicats d'électrification et de gestion de l'énergie. On peut noter une réelle dynamique à ce sujet. Suite à une nouvelle directive européenne qui impose aux pays membres de présenter un plan de couverture du territoire, le projet de créer un réseau de recharge national pour les véhicules électriques fait également son chemin au niveau de l'Etat qui pourrait bientôt valider la création d’un opérateur dans les bornes de recharge pour couvrir le territoire français, avec un déploiement des infrastructures de 2015 à 2017.

On peut noter l’intérêt des GMS pour l’installation de bornes de recharge, après l’annonce de E.Leclerc fin 2012 venant confirmer son intention d’équiper d’ici 2015 ses 500 hypermarchés de bornes de recharge, plusieurs éléments laissent penser que la GMS est susceptible de jouer un rôle significatif dans la mise en place du réseau d’infrastructures de recharge nécessaire à la démocratisation du véhicule électrique.  IKEA, Le leader mondial de l'ameublement a annoncé qu’il souhaite couvrir à terme 100% des magasins avec des bornes de recharge (11 sont équipées) accessibles gratuitement à l’ensemble des véhicules électriques et hybrides rechargeables.

 

 borne de recharge leclerc

L'autopartage pour tester l'électrique


Bolloré est devenu en 2013 « opérateur mondial de mobilité électrique ». A Paris, la flotte de véhicules électriques du service Autolib’ a atteint le seuil symbolique des 3 millions de locations, deux ans seulement après son lancement. Avec une moyenne de 10.000 locations par jour, les Bluecar enregistrent au total 27,3 millions de kilomètres au compteur.
En outre, le groupe Bolloré a remporté en 2013 trois nouveaux contrats pour son système d’autopartage de voitures 100 % électriques : deux contrats en France à Bordeaux et Lyon et un premier contrat aux USA, à Indianapolis.  Début 2014, Bolloré remporte également la gestion des bornes de recharge de Londres (1400 bornes de recharge).
Bolloré commercialise avant un tout un service efficace d’autopartage de véhicules électriques, fructifiant ainsi ses expériences dans l’intelligence de gestion d’un réseau de bornes électriques et dans la mise en œuvre d’un modèle commercial de location. Ce service permet ainsi aux usagers de tester à moindre frais les avantages de l'électrique et de s'acculturer à cette nouvelle technologie; aussi ce test grandeur nature peut tirer le marché de l'électrique auprès des particuliers.

Bluecar Autolib' Paris

Le bonus écologique : l’accélérateur des ventes

 

En France, le bonus écologique pour l’acquisition des véhicules électriques et hybrides est maintenu depuis le 1er novembre 2013. Cette prime à l’achat d’un véhicule électrique, valable pour la première immatriculation, est passée à cette date de 7 000 € à 6 300 € (dans la limite de 30 % du prix d’achat incluant la batterie). Elle se monte par ailleurs à 4 000 € pour les véhicules hybrides rechargeables à 3 300 € pour les hybrides (l’aide ne peut excéder 8,25 % du coût d’acquisition, sans pouvoir être inférieure à la somme de 1 650 euros)


 

Des perspectives intéressantes pour l’électrique

 

Il faut tout d'abord relativiser ces chiffres: aujourd'hui, la part de marché des véhicules électriques particuliers représente moins de 0,5 % du marché global des ventes de véhicules particuliers, contre 0,01% en 2011. Les professionnels du secteur espèrent représenter 1% du marché global début 2014 grâce notamment à l'arrivée de nouvelles offres constructeurs alors que la tendance du marché automobile reste toujours à la baisse.

S’il reste encore du chemin à parcourir pour imposer l’électro-mobilité pour tous, les 14.000 véhicules électriques immatriculés dans l’hexagone en 2013 représentent toutefois un véritable progrès sur un marché automobile en crise.


En effet le véhicule électrique peut répondre aujourd'hui à la demande de la grande majorité des automobilistes français puisque 87% des trajets quotidiens font moins de 60 km. Une solution évidente pour diminuer la pollution atmosphérique insupportable dans les grandes agglomérations. Selon une étude menée par GfK, "61% des Français interrogés ont une opinion positive à l'égard des voitures électriques et plus d'un tiers (35%) pourraient en envisager l'achat", malgré le manque d'information des automobilistes sur l'intérêt et les performances des véhicules électriques.

Le maintien du bonus écologique, le lancement de nouveaux modèles constructeurs, l’implication des mairies et collectivités dans l’électromobilité et le déploiement du réseau d’infrastructures de recharge sur le territoire vont permettre de maintenir la progression de cet innovant segment de marché automobile.

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