Retour d’expérience d’espaces de télétravail en gare pour les salariés de la SNCF

Le 09 janvier 2014

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La bilocalisation expérimentée par la SNCF vise à résoudre la problématique du trajet domicile-travail et combine alors 3 avantages : économique (réduction des coûts de transport), environnemental (rapprochement du domicile et du lieu de travail) et un avantage par rapport à la qualité de vie au travail.

Qu’est-ce que la bilocalisation ?

La bilocalisation est la mise à disposition, par une entreprise, d’espaces de télétravail dans un lieu qui n’est pas le domicile des salariés. Ce tiers lieu peut être une agence ou un établissement situé à distance du lieu de travail habituel du salarié et dans lequel il peut se rendre un ou plusieurs jours par semaine. Ce mode de fonctionnement peut donc être désigné comme étant du travail à distance plutôt que du télétravail au sens légal du terme.

L’expérience menée sur le réseau Transilien

Mr Robert Piana, Directeur de la valorisation des logements de gare en Ile-de-France, a mis en place une expérience de bilocalisation sur une ligne du réseau Transilien, entre Paris et Rambouillet.

La demande initiale est venue de salariés qui ont exprimé le souhait de pouvoir travailler occasionnellement dans un lieu plus proche de chez eux afin d’écourter leurs temps de trajet. Constatant que de nombreux logements en gare restaient vacants, et qu’il y avait par conséquent des espaces disponibles, la bilocalisation a été proposée, sous la forme suivante :

  • 1 à 2 jours par semaine,
  • dans une gare périurbaine proche du domicile,
  • en échange, être « volontaire de l’information » lors des situations de crise.

La première expérimentation a été lancée auprès de salariés cadres, sur la base du volontariat. Des appartements vides ont été transformés en bureaux et un système de réservation a été mis en place afin de connaître les disponibilités et les occupants des bureaux. Un travail avec les organismes paritaires a été mené pour approuver le projet et, d’un point de vue réglementaire, un avenant au contrat de travail a été élaboré.

Les agents volontaires ont été formés à l’activité « terrain », à la gestion de conflits ainsi qu’au risque ferroviaire, et peuvent ainsi aider à couvrir les heures de pointe (6h-8h le matin et 17h-19h le soir). Le fonctionnement en 2x8 permet également d’avoir 2 personnes par jour sur un même bureau, donnant ainsi lieu à une meilleure gestion de l’espace.

Les 1ers résultats sont très encourageants.Tout d’abord, des gains en termes d’efficience et de qualité du travail ont été observés et mesurés. Individuellement, les bilocalisés travaillent plus sereinement, ils sont moins sollicités par leurs collègues, ce qui facilite la conduite de travaux complexes. Collectivement, la bilocalisation a été l’occasion pour les agents, leurs équipes et leurs managers de repenser l’organisation des collaborations et la précision des objectifs journaliers et globaux. Il y a également eu la création d’une « communauté de ligne » par l’intégration des cadres bilocalisés à la vie de la gare. Enfin, ce contact avec la réalité du terrain a permis une appropriation plus forte par chacun des valeurs de la SNCF.

La poursuite de l’expérience sur Transilien en 2014 devrait permettre de passer de 16 salariés bilocalisés actuellement à près de 200.

Prolongement de l’expérience en Bretagne

En Bretagne, dans le cadre de BMA, ce système sera expérimenté dès le 1er semestre 2014 par des agents de la Direction Régionale, située à Rennes. Les gares accueillant ces cadres en bilocalisation seront : Redon, Saint-Brieuc et Lamballe. Par ailleurs, les bureaux rennais « libérés » par cette expérience permettront de proposer à des cadres bretons travaillant à Paris de bilocaliser à Rennes.

Des gains en terme de bien-être au travail, de performance mais surtout de réduction des temps de trajets domicile-travail, sont fortement attendus. Du point de vue des territoires, cette expérience sera l’occasion de remettre de la vie en gare dans des communes où la présence des agents de la SNCF a pu diminuer au fil des années.

Auteur(s)

Natacha MEVEL, LAUREPS-CRPCC

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