Le vrac comme solution anti-gaspi ?

Le 31 octobre 2013

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A l’heure où le gouvernement et les acteurs de la chaîne alimentaire partent en croisade contre le gaspillage alimentaire, les distributeurs testent des concepts en vue d’un éventuel déploiement. Une piste : adapter la quantité aux besoins. Une réponse : le vrac ?

 

 

Dans le cadre du Pacte national de lutte contre le gaspillage alimentaire lancé en juin, industriels et distributeurs se sont engagés à prendre des mesures anti-gaspi : offre de fruits et légumes « hors normes esthétiques », remplacement de la mention DLUO par l’indication « À consommer de préférence avant », promotions différées et …vente en vrac.

 


 

La GMS développe le vrac.

Jusqu’au milieu du 20ème siècle les épiceries vendaient tout en vrac. Puis l’avènement du supermarché et son libre-service a fait reculer voire disparaître ce mode de distribution.

En écho aux préoccupations actuelles (économique, pratique et écologique), le vrac refait surface au 21ème siècle…

vente vrac2Aux Etats-Unis, la logique du vrac va assez loin. La chaine d’hypermarchés Whole Foods Market, née dans le Texas au début des années 80, se révèle être un modèle en la matière. Tout ou presque est proposé en version vrac. vente vrac1Le client peut composer sa salade de fruits frais, remplir sa bonbonne d’eau purifiée ou recharger son bidon de gel douche. Quant aux céréales, les rotations sont telles que ces produits sont présentés en silos métalliques.

La France n'en est pas encore à ce stade mais la vente en vrac commence à s’étendre, au-delà des produits alimentaires (secs, liquides ou frais), aux produits cosmétiques, aux détergents ou encore au bricolage (peintures, outillage)… Et les consommateurs en sont friands puisque, selon une enquête Harris Interactive, dans le palmarès des innovations commerciales préférées des consommateurs, l’offre de produits en vrac arrive en 5ème position avec 27 % des suffrages.

 

Le gaspillage alimentaire : des enjeux environnementaux, éthiques et économiques.

Certains bénéfices sont évidents :

  • Le vrac s'avère moins cher. Le bilan des relevés de prix réalisés par l'UFC Que Choisir est globalement positif, avec quelques réserves cependant. Un produit vendu en vrac serait 5 à 40 % moins cher que son équivalent préemballé.
  • Le vrac génère moins d’emballages, qui gonflent le volume de nos poubelles. La vente en vrac pourrait ainsi constituer une piste de réduction des 7 kilos de produits encore sous emballage jetés par Français chaque année.

Des points de vigilence sont à prendre en compte pour favoriser l'essor de ce mode de distibution :

  • Si la vente en vrac diminue le poids des déchets d’emballage primaire, peu d’études ont été conduites sur son impact environnemental global (CO2, transport, etc.) tout au long du cycle de vie des produits. Sont à prendre en compte les contenants mis à disposition, les pertes éventuellement générées en magasin ou chez le consommateur.
  • Au niveau sanitaire, l’emballage a une fonction de protection. Sa suppression peut donc poser problème, les risques étant variables en fonction du type de produit.
  • Au niveau communication, la vente en vrac fait disparaître les marques -auxquelles les consommateurs sont plutôt attachés- ainsi que de nombreuses informations relatives au produit. Resteront les QR codes, à positionner sur les meubles distributeurs, mais les Français ont tendance à les bouder comme le révèle l’enquête Harris Interactive…

La quête de simplicité, l’engouement pour la désindustrialisation et l’attrait pour la juste dose vont-ils convaincre un nombre suffisant de consommateurs et inciter ainsi davantage de distributeurs à franchir le pas ?

En complément…

Une étude, publiée avec le soutien de l'ADEME en décembre 2012, recense les initiatives et analyse les retours d’expérience. L’objectif est de faire le point sur les impacts notamment environnementaux et économiques de la vente en vrac, et plus généralement, de comprendre comment déployer cette tendance.

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