Le GNV, carburant du futur

Le 28 octobre 2013

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Alors que l’électromobilité concentre tous les regards, le GNV, Gaz Naturel Véhicule, et sa version renouvelable le BioGNV sont une alternative très sérieuse aux carburants fossiles. Le colloque BioGNV organisé par LIGER en septembre 2013 a permis de faire le point sur cette technologie qui connait depuis 10 ans une croissance forte.

Le marché du GNV en Europe concentré sur 3 pays

Le marché est très contrasté en Europe avec un leader, l’Italie qui dispose d’un parc de 750 000 véhicules en circulation et 850 stations publiques. L’Italie met en œuvre depuis les années 30 une politique de soutien au GNV. Vient ensuite l’Allemagne avec 94 000 véhicules et 850 stations puis la Suède avec 40 000 véhicules et 139 stations. Ces 3 pays représentent l’essentiel du parc européen. La France dispose d’un parc de 10 000 véhicules, essentiellement des véhicules utilitaires légers en flotte captive.

 

Un marché et des prévisions en forte croissance

Depuis les années 2000 le marché mondial croit de de 18% par an et représentait 17 millions de véhicules en 2012. L’association NGVA Europe prévoit 65 millions de véhicules GNV en 2020, 104 millions en 2030. Le scénario énergétique de l’ADEME prévoit qu’en 2050 45% de l’énergie consommée dans les transports sera du gaz. Le scénario de GRDF élaboré dans le cadre du débat sur la transition énergétique projette 42% de GNV et bio GNV en 2050.

 

Les avantages indiscutables du GNV en termes d’émissions

Le GNV est constitué de méthane, CH4, une molécule chimiquement assez simple dont la combustion produit beaucoup moins d’éléments toxiques que la combustion des hydrocarbures classiques. La combustion du GNV produit ainsi 25% de CO2 de moins que la combustion d’essence, mais surtout 80% de monoxyde de carbone en moins (que la combustion essence), 90% d’oxyde d’azote en moins (que la combustion diesel) et ne produit quasiment aucune particule fine. Le GNV est ainsi un carburant alternatif permettant une amélioration très importante de l’impact du transport sur la qualité de l’air en réduisant considérablement les polluants issus de la combustion moteur considérés cancérogènes par l’OMS. En outre les moteurs GNV réduisent de moitié la pollution sonore des engins.

 

Une offre de véhicules complète

Nécessitant au départ une adaptation d’un véhicule essence, plusieurs constructeurs proposent désormais une offre de véhicule GNV à leur catalogue. Ainsi Fiat, leader mondial du véhicule particulier GNV avec 70 % du marché propose une gamme complète de véhicule. Le GNV est un axe stratégique pour le constructeur qui a été récompensé en 2013 du « Best Green Engine of the Year 2013 » (récompense internationale) pour son moteur bicylindre twinair de 900 cm3 GNV. Le salon de Francfort de septembre 2013 a par ailleurs révélé une présence importante de nouveaux véhicules GNV sur les stands des constructeurs notamment allemands et coréens. Coté véhicule utilitaire, IVECO propose une gamme complète de poids lourds au GNV pour le transport de marchandises et de passagers.

 

Plus cher à l’achat, moins cher en carburant

Les véhicules GNV sont plus chers à l’achat : des moteurs fabriqués en plus petite série et un système de stockage sous pression plus onéreux qu’un réservoir essence. Ce surcoût est de l’ordre de 2500 € pour un véhicule GNV Fiat par rapport à un véhicule essence. Son entretien est aussi plus onéreux, mais le prix du carburant au kilomètre parcouru est jusque 2 fois moins cher en fonction de la fiscalité. Le bilan d’exploitation en fonction des usages et des volumes de carburants consommés peut selon l’Association Française du GNV aujourd’hui trouver un équilibre économique. Selon IVECO présent lors du colloque bioGNV de Locminé, pour des usages de transport intensif, le GNV peut s’avérer économiquement plus intéressant.

 

Des usages en croissance pour les flottes captives

En France, la moitié des villes de plus de 150 000 habitants ont d’ores et déjà intégré des véhicules GNV. Quimper communauté a décidé de passer 100% de sa flotte au GNV. Outre leurs avantages en termes de pollution, la collectivité considère aujourd’hui cette technologie plus économique que le diesel. L’atteinte d’une masse critique permet de réduire le coût d’achat du carburant, de sa distribution et de l’entretien des bus par les services techniques de la ville. Pour Point P qui vise à Paris sur une flotte 100% propre, la décision a été prise de renouveler chaque poids lourd par un véhicule GNV.

 

Du GNV au bioGNV

Le GNV dispose déjà de son alternative renouvelable puisque les procédés de méthanisation de biomasse produisent un biogaz essentiellement composé de méthane. Les procédés d’épuration permettent d’isoler un bio-méthane suffisamment pur pour l’intégrer comme carburant dans des véhicules roulant au GNV. Le bureau d’étude ASTRADE spécialisé dans l’ingénierie des process de production de bio-méthane indique ainsi un prix de vente du bio-méthane comparable au prix de diesel, avec les technologies actuelles et pour des installations de taille moyenne comme celles qui se construisent aujourd’hui. Le développement du GNV permet ainsi un débouché intéressant pour la valorisation des déchets par la méthanisation. Ces débouchés pour le biogaz jusqu’à présent très centré sur la cogénération, évolue aujourd'hui vers une injection dans les réseaux (autorisée depuis 2012) et évoluera vers son utilisation en carburant bioGNV durant les prochaine années.La BioGNV a l’avantage de devoir respecter une norme moins contraignante que celle imposée pour l’injection dans le réseau. Par ailleurs, il adresse le marché du carburant non réglementé qui sera à terme sans doute plus intéressant que celui de l’injection dont le tarif est réglementé.

 

 

Pourquoi le GNV et le bioGNV vont devenir de plus en plus attractif ?

3 éléments au moins vont soutenir le développement du GNV :

Les réglementations Euro concernant les émissions de polluants des moteurs vont dans les années prochaines renchérir le coût des motorisations diesel du fait des systèmes de dépollution. Cela va contribuer à réduire l’écart de prix d'achat entre moteurs diesel et GNV. Les moteurs GNV répondent déjà à la norme Euro 6 de 2014 ce qui n’est pas le cas du diesel.

Par ailleurs, comme l’IFP le prévoit, l’écart de prix entre les carburants issus du pétrole et le gaz devrait s’accroitre de manière importante renforçant l’attractivité du gaz pour les transports. Plusieurs scénarios prévoient ainsi que plus de 40 % des transports seront au gaz en 2050.

Enfin, la prise en compte des enjeux de santé publique liée à la qualité de l’air vont renforcer les contraintes pour les véhicules polluants et inciter les achats de véhicules moins polluants (Directive Européenne 2009 imposant aux collectivités l’achat de véhicules propres), comme les véhicules GNV.

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