Comment les activités de tourisme et de loisirs intègrent-elles la biodiversité dans leur stratégie ?

Le 17 octobre 2013

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Le projet IDDIL est né de cette préoccupation d'intégration de la biodiversité dans la stratégie des entreprises et le golf de la Freslionnière nous montre comment il a pensé cette intégration dans son fonctionnement au quotidien.
Témoignages à suivre

le projet Breton IDDIL


Le tourisme, les loisirs et la culture sont des secteurs d’activités  particulièrement sensibles à ce lien de dépendance avec la nature et aux services que celle-ci lui rend.
Sans les services rendus par la nature, « point de salut » pour les campings, les hôtels de tourisme, les acteurs du tourisme et les territoires c’est une évidence. De là est né le  projet breton IDDIL (innovation & Design Durable dans l’industrie et les loisirs)


Ce dispositif  vise à réunir toutes les parties prenantes autour d’un projet d’innovation dans le domaine du tourisme ou des loisirs, lesquelles vont d’ailleurs signer une charte de l’adhérent par laquelle elles se conforment à une vision durable du tourisme et des loisirs en Bretagne.


L’enjeu dans chacune des propositions qui sont soumises à IDDIL est de pouvoir proposer une offre différenciante, qui intègre des critères durables. Cette proposition est étudiée avec des scénarisations diverses,  c’est-à-dire pour lesquelles on réfléchit à toutes les possibilités  touristiques liées au projet sur ce site et tous les moyens de les relier entre elles. Toutes les solutions logistiques sont également examinées pour rendre la nouvelle offre la plus attrayante possible et lui donner un rayonnement plus grand. Le séjour packagé à l’issu de ce travail, présente dans le meilleur des cas une offre de mobilité durable comme c’est le cas du Parc de Branféré qui est un site expérimental de BMA (Bretagne mobilité augmentée).


Les projets sont analysés par un cabinet en écoconception, ce qui présente un double intérêt car de cet examen pointu émerge des projets innovants qui ont recours à de nouveaux matériaux ou de nouveaux concepts et pour cela, ce sont les parties prenantes locales qui sont sollicitées pour réaliser ces nouveaux équipements et promouvoir une diversification industrielle aux entreprises du tissu local.


Ainsi dans le cas des projets  AQUASHELL et YFFIPLAST


L’entreprise ROTOTEC, entreprise de rotomoulage de pièces techniques en polyéthylène a intégré le projet IDDIL et créé la société AQUASHELL pour proposer une gamme de maisons flottantes et la marque « Bliss » pour designer, et fabriquer du mobilier outdoor à partir de déchets de pièces usinées.


Et YFFIPLAST spécialisée dans la conception et la réalisation d’outillages et de pièces techniques en matière composite s’apprête à commercialiser une nouvelle embarcation de loisir  « Le Naga ».


Ce qui est important de noter dans ce projet IDDIL ce sont les concepts environnementaux qui sont retenus dans le cadre de tous les projets, à savoir :


•    La dématérialisation : utilisation minimale de matériaux pour la fabrication et la phase d’usage
•    La multifonctionnalité : intégration d’un maximum de fonctions
•    La sensibilisation : potentiel de sensibilisation environnementale des usagers porté par le produit
•    La réutilisation : capacité à être réutilisable en entier ou en partie en fin de vie. A défaut, la recyclabilité du produit sera prise en compte.
•    L’efficacité durant l’usage : réduction des consommations d’eau, d’énergie et consommables durant usage.


Ces nouvelles offres de tourisme durable s’intègrent de façon plus harmonieuse dans le territoire, sont plus attractives et correspondent aux attentes des clients. Un  camping, comme celui de  Jugon les lacs, suite à l’utilisation de ce dispositif propose aujourd’hui des structures d’hébergement en bois : l’une perchée sur pilotis sur les berges du  lac, l’autre flottante amarrée à la berge. Un vrai regard sur un hébergement qui allie agrément et harmonie avec les écosystèmes.



Les loisirs sportifs, le golf en général et celui de la Freslonnière en particulier :


Le golf est souvent taxé d’être un mauvais élève et pourtant nombreux sont ceux qui ont entamé une réflexion sur leur activité, voire sont dans une démarche de certification.


Aux portes de Rennes, le golf de la Freslonnière a déjà réfléchi à son interdépendance avec l’environnement. Il suit les préconisations de la Fédération Française du Golf sur la gestion de l’eau et des pesticides.  Le golf a mis au point la récolte des eaux pluviales et son stockage sur 3 réserves différentes munies de pompes de relevage. En fonction des besoins, l’eau est pompée pour arroser le golf en étant à présent complètement autonome.


Une charte sur la qualité de l’eau a été signée et les alertes sont données et suivies par le golf en cas de restriction d’arrosage, en échange de quoi, le site a le droit d’arroser son « green » qui est la zone la plus sensible et la plus onéreuse à entretenir et restaurer, à tout moment.


Le golf a  fait appel à un consultant pour renforcer la vitalité de son gazon et donc utiliser  moins de produits et moins d’eau. L’infrastructure dispose également d’une chaudière à bois automatisée qui remplace les chaudières à fioul et accepte les plaquettes et granulés générés par les coupes de bois du site propre.


Le bois présent sur le golf est donc recyclé et utilisé à la fois pour la chaudière ou pour réaliser du paillage des plantations et réduire les besoins d’arrosage. Plusieurs opérations qui s’emboitent les unes dans les autres pour le bénéfice du golf et de ses exploitants.



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