Quelle proportion de personnes âgées dépendantes dans les années à venir ?

Le 24 octobre 2013

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La notion de dépendance est définie, en France, par la grille Aggir qui évalue la capacité de la personne âgée à effectuer certaines tâches. Parmi les personnes de 60 ans et plus, seules les plus dépendantes (GIR 1 à 4) peuvent bénéficier de l'allocation personnalisée d'autonomie (APA). En référence à cette classification, la France métropolitaine comptait au début de l'année 2012 1,2 million de personnes dépendantes.

Les chercheurs de la Drees et de l'Insee ont travaillé sur plusieurs hypothèses pour estimer la proportion de personnes âgées dépendantes dans les prochaines décennies. Les résultats de leurs projections laissent apparaître de nombreuses incertitudes.

Ces recherches ont été menées dans le cadre du groupe de travail "Perspectives démographiques et financières de la dépendance" chargé d'évaluer les besoins futurs en matière de dépendance.

Selon les experts de la Drees, les facteurs qui déterminent la dépendance et leur évolution dans le temps sont mal connus : peu de données sont disponibles sur le lien entre pathologies et dépendance, et l'influence des facteurs sociaux, comportementaux ou sanitaires sur la dépendance est peu étudiée.

Dans ces conditions, la Drees estime que les hypothèses sur l’évolution à long terme du nombre de personnes dépendantes doivent être considérées avec précaution.

Des hypothèses à considérer avec prudence

Trois hypothèses d'évolution de la dépendance ont été retenues. Selon ces trois hypothèses, le nombre de personnes lourdement dépendantes (GIR 1 et 2) évoluerait de la même façon, en revanche la dépendance modérée (GIR 3 et 4) pourrait évoluer selon un scénario optimiste, pessimiste ou médian. Les écarts entre les différentes hypothèses restent modérés jusqu’en 2030, puis s’accentuent jusqu’en 2060.

  • Dans le scénario optimiste, les gains d'espérance de vie au-delà de 65 ans se traduisent intégralement en gains d'espérance de vie sans incapacité.
  • Dans le scénario pessimiste, l'espérance de vie sans incapacité au-delà de 65 ans diminue.
  • Enfin dans le scénario intermédiaire la part d'espérance de vie sans incapacité au-delà de 65 ans reste stable. Dans cette hypothèse médiane, le nombre de personnes âgées dépendantes est multiplié par 1,4 entre 2010 et 2030, et par 2 entre 2010 et 2060. A l'horizon 2060 on compte alors 2,3 millions de personnes dépendantes contre 1,1 million en 2010. Toujours selon ce scénario le nombre de bénéficiaires de l'APA croît en moyenne de 1,4% par an entre 2010 et 2060.

Le rôle de l'entourage et du cadre de vie

Pour compléter cette approche reposant sur les perspectives d'évolution de la population âgée et de l'espérance de vie sans incapacité, l'Insee propose un modèle statistique qui intègre l'entourage familial et le cadre de vie des personnes âgées dépendantes : parmi celles-ci, combien compteront un conjoint valide, combien vivront à domicile ou en établissement ?

Aujourd'hui 80% des personnes de plus de 60 ans vivant chez elles bénéficient de l'aide d'un proche. Selon le modèle Destinie de l'Insee, l'augmentation de l'espérance de vie aura pour conséquence une augmentation de la proportion de personnes dépendantes vivant avec leur conjoint. Parallèlement, le nombre de personnes âgées dépendantes vivant en institution continuera d'augmenter : à partir de 2025, la hausse sera plus forte pour les personnes les plus dépendantes (GIR 1 et 2).

Que retenir de ces différentes hypothèses et projections ? En dépit des incertitudes soulignées par les statisticiens, le principal élément à retenir est l’arrivée des générations du baby-boom à l'âge de la dépendance. Ces générations auront une forte incidence sur la composition de la population des personnes âgées dépendantes :

  • la part des 65-74 ans parmi les personnes âgées dépendantes va croître jusqu'en 2020
  • puis c'est la proportion des 75-84 ans au sein de la population des personnes âgées dépendantes, qui augmentera jusqu’en 2030
  • enfin à l’horizon 2040 on observera des proportions proches de celles que l’on connaît actuellement.

Autre élément apporté par cette étude : la durée moyenne de perception de l’Allocation Personnalisée d'Autonomie passerait de 4 ans en 2010 à 5 ans en 2020 et 6 ans en 2040. La proportion de personnes ayant connu un état de dépendance avant leur décès passerait de 25% aujourd’hui à 32% en 2020 puis 36% en 2040.

Quant au nombre de personnes dépendantes vivant en institution, leur proportion dépend de plusieurs facteurs : leur niveau de dépendance, leur statut marital et leur niveau de revenu. En 2011 on comptait 84% des personnes percevant l'APA et évaluée en GIR 1 vivant en établissement; 60% pour les personnes en GIR 2, 34% parmi les GIR 3 et 21% parmi les GIR 4, selon la DREES. Pour une personne dépendante, un faible niveau de revenu et le statut de personne seule accroît la probabilité d'entrée en établissement.

A l'horizon 2040, la croissance moyenne du nombre de personnes résidant en EHPAD serait de 2,2% par an, contre 1,9% par an pour les personnes âgées dépendantes vivant à domicile. L'augmentation porterait d'abord sur le nombre de personnes légèrement dépendantes vivant en institution. A partir de 2025, les effectifs des personnes fortement dépendantes (GIR 1 et 2) en établissement connaîtraient à leur tour une forte hausse.

En conséquence, la part des personnes vivant en EHPAD dans la population de personnes âgées dépendantes passerait de 35% en 2010 à 37% en 2040. La structure de la population en établissement selon le GIR varierait peu.

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