Un constructeur chinois au salon de Francfort

Le 10 octobre 2013

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Cette année, il n’y avait qu’un seul constructeur chinois au salon IAA de Francfort. La société Chang’an est peu connue en dehors de ses frontières et encore moins comme constructeur de voitures. A l’origine fabriquant d’engins militaires roulants, Chang’An est surtout un spécialiste chinois des mini-fourgonnettes.

Assembleur, Chang’An travaille dans son pays avec des nombreux constructeurs comme Suzuki, Ford, PSA pour la ligne DS en Chine, mais aussi des équipementiers comme Faurecia avec lequel une JV portant sur les équipements intérieurs comme les planches de bord, les panneaux de portes ou encore les consoles centrales. Mais pour ce qui est de sa présence au salon de Francfort, on peut s’interroger car le constructeur ne semble pas avoir de velléités de développement en Europe occidentale à moyen terme.

Pour autant, selon certaines sources, Chang’An aurait pour objectif de vendre 400 000 véhicules en dehors de ses frontières en 2020, principalement dans les pays émergents.

Si l’on se penche en détail sur le profil de Chang’An, cela ne serait pas si surprenant. En effet, avec 15 usines pour véhicules et moteurs réparties dans plusieurs provinces chinoises, une production globale qui a dépassé en 2012 les 2,7 millions d’unités, et surtout grâce à des JV avec des constructeurs d’envergure internationale, Chang’An a bénéficié depuis plusieurs années d’un apprentissage de la production à la cadence industrielle, mais surtout du transfert de compétences de ses partenaires. Martin Joyce, ingénieur au sein du centre de R&D de Chang’An au Royaume-Uni, aurait déclaré que le label chinois "commençait à rattraper son retard technologique par rapport aux constructeurs européens". Et s’il y a encore quelques années, ce retard était estimé à 10 ans, il en serait désormais réduit à 2.

La présence à Francfort et surtout, la présentation de plusieurs modèles dont l’imposant SUV CS95, montre bien que Chang’An sait concevoir des véhicules qui attirent l’œil et surtout qu’il n’a pas peur de se frotter aux constructeurs internationaux en surfant sur la tendance des SUV. On peut donc y percevoir un double message : le premier, destiné aux Chinois eux-mêmes, pour montrer qu’un constructeur national est capable de produire des modèles qui n’ont rien à envier aux grandes marques internationales, et le second, destiné aux constructeurs internationaux, pour leur signifier qu’ils devront compter sur un nouvel entrant, bien décidé à se faire une place dans le marché des pays émergents… donc sur les relais de croissance des constructeurs européens.

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