10 ans de mutation du marché automobile

Le 23 septembre 2013

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2003-2013, 10 ans soit le temps qu’il a fallu à Tesla pour passer d’une idée nouvelle de l’automobile en 2003 à un constructeur coté au Nasdaq 100 en 2013, capitalisé autant que Suzuki et 4 fois plus que PSA. Tesla ne vend que quelques milliers de véhicules mais touche ses premiers bénéfices en 2013. L’arrivée d’un nouvel entrant dans le monde automobile semblait à tous les experts impossible tant le ticket d’entrée pour atteindre le niveau de technologie nécessaire à la construction automobile est important. Tesla a développé des savoir-faire spécifiques sur les batteries et la chaine de traction électrique au point d’avoir déjà noué des collaborations avec Toyota et Daimler. La Tesla S a été conçue électrique et connectée. Sur la planche de bord, deux écrans dont un tactile géant intégrant les fonctions habituelles ainsi que les services connectés, dont ceux issus de Google Maps voisin de Tesla en Californie. Le logiciel de bord Tesla est mis à jour automatiquement comme un IOS d’Apple.

10 ans de boulversements

La fulgurante histoire de Tesla est une illustration de la vitesse des changements depuis 10 ans, bousculant radicalement les fondements du marché automobile qui semblaient pourtant solides. En 2003, le véhicule électrique n’apparaissait dans aucun plan produit ; une visite en 2013 du salon de Francfort rend compte de la présence d’une offre commerciale tout électrique chez tous les constructeurs. En 2003, Toyota préparait son modèle hybride ; en 2013 toujours au salon de Francfort, le stand de Toyota est 100 % hybride, la technologie ayant été diffusée sur la totalité de la gamme. En 2003, Renault préparait Logan, 1er modèle du succès de l’actuelle gamme Entry de Renault qui représente un tiers de ses ventes. En 2003, la Chine représentait moins de 1 millions de vente d’automobiles dans un marché automobile essentiellement occidental et va représenter 18 millions en 2013. C’est le premier marché mondial. En 2003 l’autopartage existait grâces à quelques particuliers convaincus. En 2013, Zipcar, le leader américain est racheté par AVIS ; Autolib’ de Bolloré, après le succès Parisien la solution, s’exporte jusqu’au Etats-Unis ; la SNCF rachète GreenCove, acteur du covoiturage. L’idée de la mutualisation n’est plus le fait de quelques partisans écolo ou consommateurs malins mais se structure autour d’acteurs du service.

Et dans 10 ans ?

En 2003, avions-nous en termes de prospective imaginé cette accélération des mutations du marché automobile ? Certainement non, et cela doit nous enjoindre à mieux voir et croire dans les évolutions des 10 prochaines années. La mobilité sera plus électrique : les efforts de R&D et les effets d’apprentissage vont abaisser le prix des batteries par 2 ou 3 et accroitre l’attractivité des véhicules électriques. La technologie hydrogène aura fait son apparition sur les routes, avec une offre commerciale dès 2015 selon certains constructeurs. Le véhicule autonome sera une réalité, selon certains constructeurs également avant 10 ans. Des véhicules électriques, connectés, autonomes vers des véhicules serviciels. Les grandes villes auront massivement développé des services de mobilité multimodaux intégrant l’automobile et l’opendata. La route n’est pas tracée mais soyons sûr que la vitesse de la mutation en cours ne prendra pas de pause ans les 10 prochaines années, que cela exige de la filière une énorme faculté d’adaptation et une capacité à explorer toutes les voies possibles.

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