Les « foodtrucks » boostent le marché des camions-magasins

Le 19 septembre 2013

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Le phénomène des "foodtrucks" se développe en France après un premier lancement réussi à Paris il y a deux ans. Par leur variété de choix et la montée en gamme de leur cuisine, ils permettent le renouvellement de l'offre de restauration rapide et de proximité, entraînant un engouement nouveau et certain pour l'activité de "camion-magasin".

Le concept venu des Etats-Unis s'est implanté en France

En 2011, le succès du mouvement des camions restaurants ambulants aux Etats-Unis ainsi que la tendance de la nouvelle cuisine en France avaient suscité de réels espoirs sur le lancement des « foodtrucks » dans l’hexagone, afin de renouveler une cuisine ambulante peu innovante et moribonde (cf article themavision 2011).
Deux ans plus tard, après l’arrivée du 1er « Foodtruck » à Paris, les « foodtrucks » ont trouvé leur place dans notre pays. On dénombre désormais une centaine de ces camions restaurants en France (majoritairement à Paris et de plus en plus en province) en plus des traditionnels camions à pizzas, friteries et autres kebabs ambulants. De nouvelles affaires se lancent régulièrement et les nouveaux projets se développent auprès des communes et des carrossiers spécialisés.
Le mouvement « streetfood » prend de l’ampleur et tend à se structurer notamment par l’intermédiaire de l’association « Street Food en Mouvement » - portée par le célèbre chef Thierry Marx - qui œuvre pour une pérennisation de cette cuisine innovante, saine et abordable.

Une offre qui surfe sur des tendances de fond

On estime que ce phénomène de restauration de rue et de qualité va encore se développer en Province car il s’appuie sur plusieurs tendances de fond. Ainsi, au-delà de l’attraction première suscitée par ces "camions-restau" au design attractif et à la cuisine multiple, l’offre proposée comble des besoins pérennes :

  • tout d’abord ceux liés aux exigences du « snacking » (autrement dit les modes de restauration liés à la diminution du temps de déjeuner  ; on dénombre ainsi en France 165.000 points de vente snacking dont 20.000 sont ambulants),
  • mais aussi celui de manger différent et sain, au-delà du simple sandwich américain ;
  • et enfin ceux liés à la baisse du pouvoir d’achat.

De plus, complètement ancrés dans la culture des réseaux sociaux par leur côté nomade (vous pouvez localiser et suivre votre « foodtruck » préféré sur twitter et facebook), les foodtrucks sont en phase avec les nouveaux modes de consommation.

Un développement encore freiné

Bien que le lancement d’une affaire de « foodtruck » soit moins onéreuse et moins complexe qu’un restaurant traditionnel, les difficultés restent importantes pour pérenniser l’entreprise. Le principal problème reste la délivrance des autorisations d’emplacement de vente par les communes, qui voient souvent en ces camions des concurrents à la restauration traditionnelle ou bien une gêne sur la voie publique.
Et la vente illicite sur un bout de bitume en France peut coûter 15 000 euros d’amende. A titre d’exemple, la mairie de Paris ne délivre pas d’autorisations pour le moment. Pourtant ils croulent sous les camions, plus de soixante demandes sont en attente.
La principale ficelle consiste alors à trouver des accords avec des entreprises pour se garer sur un parking privé et de proposer leurs plats aux salariés. Certains trouvent le moyen de louer des emplacements privés, et assurent également un volume d'affaires grâce à des événements spécifiques.

Le carrossier voit son marché renouvelé par la mode des camions-restaurants

En pleine crise de l'automobile, le carrossier constructeur du Nord-Pas-de-Calais BCC a le sourire. Installé à Nieppe, près d'Armentières, BCC a déjà vendu cette année 30 « food trucks » (à juillet), contre 5 l'année dernière. Ce chiffre est en constante évolution et l’entreprise a chaque jour de nouvelles demandes. La PME estime d’ailleurs être un des gros fabricants sur cette niche en France. BCC a notamment fabriqué le premier food-truck français, le fameux « Camion Qui Fume », qui a fait le buzz à Paris en 2011 avec ses burgers.
La PME nordiste, créée en 1980, vend en moyenne 250 camions-magasins par an, des véhicules qu'elle conçoit et fabrique elle-même - sauf la mécanique. Elle fait l'aménagement intérieur en matériaux composites, pour gagner en légèreté. BCC a d'abord fait des camions pour les commerçants nomades qui font les marchés, et ceux qui font les tournées dans les villages, puis ça a été la mode des friteries, des camions à pizzas et aujourd'hui celle des "food trucks". L’aménagement de véhicules magasins et snacks est ainsi devenu une spécialité de fabrication.

En Bretagne, les sociétés Arcillon, Carrosserie ouvrière  et CTID Carrosserie (entre autres) réalisent des camions magasins et foodtrucks.

Ils ont lancé leur « foodtruck » gourmet en Bretagne

Lancé cet été à St Malo par deux jeunes à la recherche de nouvelles tendances et de nouvelles saveurs, le camion-cuisine le « Gourmet Vagabond » a attiré les amateurs de restauration rapide et de qualité, sur les marchés et aux abords des entreprises. Il propose des Burgers Gourmands aux saveurs originales et autres salades de saison et desserts maison. Les deux associés ont opté pour une cuisson des aliments dans un four spécial, à la braise et se déplacent sur des emplacements différents au cours de la semaine, et également pour des évènements privés. Le concept de cet instrument est une cuisson ultra rapide et un goût légèrement fumé des aliments.
Le Gourmet Vagabond arrivera sur l’agglomération rennaise à la rentrée prochaine, avec l’espoir de pouvoir par la suite développer leur concept dans d’autres endroits.
Ce projet a été lancé en novembre 2012. L’aménagement du camion a nécessité du temps et plusieurs intervenants : les gérants ont acheté le châssis à Renault, puis divers intervenants bretons ont réalisé les aménagements, sur mesure : la caisse, la cuisine, le graphisme.

http://legourmetvagabond.fr/

Liens

Article themavision 2011 sur les foodtrucks
www.bcc-sarl.fr
www.arcillon.com

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