Robotique, "cobotique"… logistique !

Le 17 septembre 2013

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On nous prédit que les entrepôts performants seront à l’avenir complètement automatisés, que des systèmes intelligents gèreront efficacement les flux de l’usine de demain…

On nous prédit que les entrepôts performants seront à l’avenir complètement automatisés, que des systèmes intelligents gèreront efficacement les flux de l’usine de demain… Mais le futur nous rattrape déjà : les nouvelles rames de métro ou de tram sont en fait des navettes automatisées qui se déplacent sans conducteur sur un réseau connecté !

Le robot, partenaire de l’efficience industrielle

Les robots nous assistent aujourd’hui, sans même que nous y pensions : direction assistée, vélo électrique, systèmes de levage, etc. Ils permettent de réduire les efforts et d’accroître les capacités, en facilitant les gestes des opérateurs dans l’industrie ou en augmentant la rapidité d’exécution, les poids levés ou la taille des éléments déplacés.

Depuis le début de l’industrialisation, des robots ont été imaginés, développés et améliorés pour accomplir la part répétitive du travail. On est passés, au fil des ans, de la simple maîtrise des procédés via le robot, à la commande et au contrôle par le robot. Certains pays se sont rapidement équipés, et d'autres moins. Ainsi, on ne peut que regretter que l’industrie française est aujourd’hui six fois moins robotisée que l’industrie allemande et trois fois moins que son homologue italienne!

Sur le plan économique, les gains de productivité ont vite été démontrés et l’utilisation des robots a explosé dans l’industrie, puisque de grandes séries pouvaient être produites à haute cadence, garantissant la parfaite reproductibilité des produits. Les robots ont aussi fiabilisé la continuité des flux de production industriels : par exemple, des goulots d’étranglement dans l’industrie automobile ont été limités en augmentant les capacités de contrôle.

L’efficience industrielle passe évidemment aussi par l’Homme, au cœur de l’entreprise. En facilitant les conditions de travail des opérateurs, les robots réduisent les impacts sur la santé. Les troubles musculo-squelettiques (TMS) représentent encore aujourd’hui plus d’un milliard d’euros de dépenses par an (somme couverte par les cotisations des entreprises) et se traduisent par 8,2 millions de journées de travail perdues pour les actifs du régime général (chiffres = Caisse nationale d’assurance maladie, 2010). Et nous ne parlons ici que de l’aspect économique de ces maladies…

La valeur ajoutée de l’Homme

Diagnostic matière, planification de trajectoire, variabilité dimensionnelle, hétérogénéité des composants, expertise gestuelle ou métier, perception du procédé et du résultat… le rôle de l’Homme dans les processus industriels reste prépondérant. Véritable chef d’orchestre et pilote des flux, l’industrie fait appel à lui pour sa flexibilité, son adaptabilité, sa capacité à prendre des décisions ou à effectuer des gestes complexes.

Vers une interaction croissante entre l’Homme et le robot

Au fil du temps, le robot a jusqu’ici remplacé l’opérateur pour la réalisation de tâches pénibles ou ingrates. Mais une alternative est apparue il y a une quinzaine d’année et bouleverse le rôle du robot et celui de l’opérateur : de plus en plus, les robots interagissent avec les opérateurs, assistant ces derniers.

Tout a commencé au tournant du XXIème siècle, quand les robots « troisième bras » ont aidé l’opérateur à maîtriser la force et la précision de son geste. Quelques années plus tard, la « cobotique » a vu le jour : cette robotique collaborative assiste l’opérateur dans la réalisation de son geste. Les robots chirurgicaux qui assistent les médecins lors des interventions appartiennent par exemple à la cobotique médicale.

La tendance actuelle est à la mobilité : l’autonomie du robot dans son déplacement est un enjeu désormais clé dans le secteur de la robotique industrielle. L’utilisation des AGV (Véhicules à guidage automatique) se démocratise dans les usines et les entrepôts pour déplacer en toute autonomie les marchandises. Des projets de recherche développent des robots d’assistance mobile, capables de porter une charge de 100 kg (explication et démonstration en vidéo en suivant ce lien : http://www.defense.gouv.fr/actualites/economie-et-technologie/l-exosquelette-hercule-le-futur-a-nos-portes

Demain, des humanoïdes en Bretagne ?

L’Histoire nous montre que l’acceptation des robots dans le milieu industriel a souvent été difficile (dès 1811, le "luddisme") et il semblerait que des robots humanoïdes la rendraient encore plus impossible en Europe. Les robots humanoïdes se sont développés au Japon, jusqu’à intégrer les foyers japonais. Mais la société occidentale, qui n’est pas animiste, ne devrait pas laisser de place aux humanoïdes dans les prochaines années !

 

Auteur(s)

Elodie Le Provost, Bretagne Supply Chain

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